Espace d’échanges du site IDRES sur la systémique

Bilan de la troisième journée de travail - Groupe 2ème théorie

PV de la réunion du 5 mai 2006 - groupe 2ème théorie

mercredi 10 mai 2006 par Neirynck Isabelle

 Bilan du groupe « Individu »

Un texte La différenciation sur le thème de la différenciation est disponible sur le site. Ce texte reprend les éléments essentiels de ce concept tel que M. Bowen le propose.

  • Une deuxième réflexion est menée sur l’impact du processus de différenciation sur la dynamique du système. Un individu engagé dans un processus qui vise à sa différenciation va commencer par se heurter au système familial et développer des symptômes. Il court d’ailleurs le risque de n’être plus considéré que comme un symptôme. Le symptôme est le signe pour les autres membres du système du droit de se différencier ; la différenciation est certes autorisée, mais seulement si elle est réussie...
    Par exemple, dans une thérapie de couple, Monsieur se présente comme le membre sain du couple, « expliquant » au thérapeute la dépression de sa femme, proposée comme le membre malade du couple. Monsieur reste ainsi en-dehors de ce qui se passe, se sentant probablement ainsi protégé ; Madame s’implique, « est » le symptôme du système, alors que l’on peut aussi redéfinir ce qui se passe en termes de processus de différenciation de Madame.
  • Une troisième réflexion s’articule autour du processus de transmission multigénérationnelle (voir à ce sujet l’article de Prieur « Héritages, dons et contre-dons »). Comment peut-on penser, expliquer que des traumas d’anciennes générations sont liés aux questions de différenciation d’un individu ? La position générale consiste en la prévision d’une fatalité négative. Ainsi, par exemple, l’assertion « la schizophrénie est génétique » a une portée transgénérationnelle.
    Ce concept de transmission est à manipuler avec prudence ; le caractère de non-évolution d’un système peut entraîner un traumatisme non résolu à partir duquel il se jouera de la révolte, de la résignation, de la dépression. La question devient : comment ce traumatisme pourrait-il entacher la génération suivante ? Le concept de délégation de Stierlin éclaire ce point : l’individu peut être chargé de résoudre la question non résolue à la génération précédente.
    Tous les concepts doivent être remis en question, sinon il y a danger de construire des « bouteilles à encre ». Ainsi en est-il par exemple du concept de « maturité », utilisé par les psychologues scolaires pour faire doubler un enfant : le redoublement ne soutiendrait-il pas davantage l’immaturité que la maturation ? La question reste non résolue... Si l’on reprend l’exemple du couple (voir supra), quelles peuvent être les délégations ? la dépression de Madame n’est-elle pas une délégation de ses parents ?
    Les termes transmission et délégation ne sont pas équivalents. « Transmission » a un sens plus génétique que « délégation », que l’on doit comprendre comme l’octroi à la génération suivante d’une charge ou d’une mission que l’on a pas résolue. Pour exemples : 1) un enfant qui « doit » réussir, compensant ainsi la non-réussite sociale de ses parents ; 2) un enfant incompréhensiblement révolté, délégation inconsciente des parents qui n’ont pas réussi à se révolter en leur temps contre leurs propres parents....

 Bilan du groupe « Modélisation »

Le constat des membres du groupe repris dans leur texte Modélisation au sujet du deuil à effectuer par les candidats quant à l’apprentissage pur et simple de théories et techniques à utiliser pour devenir « de bons thérapeutes familiaux », de la conjonction de sentiments de déception (plus on avance, plus on est perdu devant la multiplicité) et de sentiments de curiosité (qui permettent d’arriver à créer son propre modèle de thérapie, à travers un retour sur les modèles existants et le travail sur les familles d’origine par exemple) pourraient servir de point de départ à une réflexion plus approfondie qu’il serait utile de développer pour la prochaine rencontre. A cet effet, lire Susan a souri. A propos de l’explication en thérapie familiale..

 Bilan du groupe « Contexte »

Les membres du groupe trouvent nécessaire de se revoir afin de rassembler un peu leurs idées par trop éparses.

Une piste de réflexion leur est proposée, à savoir tenter d’associer les concepts ISOMORPHISME (voir les textes Le concept isomorphisme, article 67) et AFFILIATION. L’isomorphisme permet de pouvoir s’affilier à l’homéostase du système ; chaque fois que l’on est trop peu isomorphique des gens que nous recevons, on manque l’affiliation....L’isomorphisme comporte un aspect positif, en ce sens qu’il est le moyen par lequel les protagonistes se reconnaissent. L’affiliation au sens de l’adhésion ne doit cependant pas être confondue avec l’incorporation. Lire à ce sujet « L’autre demande » de Neuberger.

Un lien avec le concept de différenciation peut également être discuté, par exemple dans le contexte professionnel et la place qu’on occupe dans l’institution (cf histoire de l’infirmière très surprise lors d’un passage dans un village par l’invitation à boire un café que lui fait une personne qu’elle n’avait jamais pensée que comme « schizophrène » à l’hôpital, et non comme une personne ayant sa propre vie, dans une maison, avec des relations de voisinage etc....). La coupure des institutions des réalités est forte : que peut-on en penser ? pourquoi les institutions sont-elles aussi défensives, fermées sur elles-même ? Ces institutions peuvent se montrer absolument disqualifiantes pour tout ce qui leur est extérieur (cf exemple du pilote d’avion qui demande avant le décollage si « le bétail est bien assis »). Comment redonner du sens humain dans ces cas-là ? Mettre en lien avec le lieu évolutif qu’est la rencontre thérapeutique.

Pour le 23 juin :

  • le groupe « Individu » se propose de revenir à leur question de départ, soit la pratique de la thérapie systémique individuelle
  • le groupe « Modélisation » doit encore travailler deux des modèles et surtout revenir également à leur question de départ : qu’est-ce que modéliser ?
  • le groupe « Contexte » rassemblera ses idées....

Pour rappel, les objectifs ne consistent pas à effectuer un travail de type strictement « académique » mais à améliorer les connaissances et les questions qui intéressent les membres du groupe, pour ensuite pouvoir échanger entre membres de la plate-forme collaborative. Il est utile de penser les textes déposés sur le site dans cette optique d’échange (par exemple en facilitant le repérage (mots-clés), les connexions entre écrits (via des liens hypertextes),...


enregistrer pdf
Accueil | Contact | Plan du site | | Statistiques du site | Visiteurs : 358 / 897937

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site SAVOIR THÉORIQUE  Suivre la vie du site Documents pédagogiques : conférences,videos,notes de (...)  Suivre la vie du site Notes prises lors de cours : échanges à partir (...)  Suivre la vie du site Deuxième Théorie : Réseau d’échanges   ?

Site réalisé avec SPIP 3.1.1 + AHUNTSIC

Creative Commons License