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Ces modèles que nous créons...et qui nous créent

DVD de Philippe Caillé

dimanche 22 avril 2007

Ces modèles que nous créons...et qui nous créent

Dvd de Philippe Caillé

Vous pouvez acheter ce DVD en vous rendant à l’adresse suivante :
http://www.systemique.org/Idres/institutions.htm

Vous trouverez ici des vidéos à lire avec un lecteur de fichier flash. Il s’agit d’extraits de qualité très moyenne. La durée du DVD est de 2h17.

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Plan de la conférence
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Extrait de conférence

Philippe Caillé propose lors de cette conférence de se pencher sur la question des modèles que nous créons et qui nous créent. Il ne prétend pas offrir un nouveau modèle mais tente de réfléchir aux modèles en général.
En utilisant une métaphore, il propose deux histoires de modèles : l’histoire de la planète alpha et l’histoire de la planète béta

Sur la planète alpha, les individus qui naissent sont dotés d’un engin électronique qui s’appelle « normalité psychique ». Lorsqu’un problème survient, les personnes appuient sur un bouton et retrouvent ainsi une normalité, un équilibre psychique. Il arrive malgré tout que cet appareil se détraque. C’est là qu’interviennent les REPARATEURS. Ils sont là pour gérer les problèmes des appareils défectueux.

La planète béta est constituée de montagnes, de fleuves, de lacs, de cours d’eau... En raison de cette abondance d’eau, les habitants de cette planète sont obligés dès leur naissance de se construire une embarcation, une esquif au moyen de tronc d’arbre, de peau de bête, de roseau... Il arrive parfois qu’ils soient confrontés à des péripéties inattendues et qu’ils tombent à l’eau.

La tâche des QUESTIONNEURS, se baladant sur les rives, est alors de leur venir en aide. Le questionneur sait que la personne qui tombe à l’eau est celle qui connaît le mieux son embarcation. Il va dès lors demander à cette personne comment elle a construit son embarcation, quelle sont les circonstances de l’incident, dans quelles conditions cette embarcation fonctionne-t-elle bien, quels sont les incidents que la personne a traversés auparavant et qu’elle a réussi à surmonter, comment elle a pu se débrouiller dans des circonstances analogues, quelle était la différence entre les circonstances actuelles et les circonstances passées...

Avant d’intervenir, le questionneur doit donc faire apparaître la mise en place du problème, l’expérience de la personne, ses choix, ses attitudes, ses habilités à s’adapter aux différentes situations, les circonstances qui ont fait que cette situation a été plus difficile pendant que d’autres analogues ne l’ont pas été... Au bout de ce questionnement, la personne découvre l’élément nouveau qui l’a fait chavirer et est alors capable de reprendre son embarcation, d’être sans doute plus adaptée, de se sentir mieux préparé à faire face à de nouveaux incidents de parcours.
Ce qui est sous-entendu dans ce modèle béta, c’est que la personne qui apporte un problème a les solutions en elle, qu’elle est plus compétente que le questionneur (thérapeute) dans sa capacité à s’aider.

Caillé précise que le modèle que nous utilisons est une chose qui organise notre propre regard, qui nous met dans l’état même de structurer notre rencontre.

Il se pose la question de savoir si lorsque nous rencontrons une personne, nous sommes conscients que nous créons un modèle. Sommes-nous conscient lors de la rencontre que l’attitude que nous adoptons nous place dans un type de relation plutôt qu’un autre ? Selon Caillé, toute personne qui entre en contact avec un professionnel, va se placer dans une attitude qui exclut son propre modèle. Elle pense qu’elle a perdu cette capacité de s’auto-réparer. Dans ce contexte, elle devient très influencée par les circonstances de l’entretien. L’attitude du thérapeute va déterminer ce qu’il peut se passer.

Les modèles sont multiples, organisent nos relations et sont inconscients pour la plupart. Ils ont été appris précocement et peuvent se transformer.
Nous entrons en contact avec le monde en le modélisant. Tout système ne peut exister sans modèle. Les modèles peuvent être en conflit les uns avec les autres.

Ph. Caillé pense qu’il est possible de faire de la systémique en individuel. L’objectif est de faire apparaître en séance les différents modèles de la personne. Le thérapeute ne doit pas être le maître des modèles, il n’y a pas de bons ou mauvais modèles.

Parmi les nombreux modèles possibles, le thérapeute systémicien adoptera le modèle de la métaphore du questionneur. Il y a dans celui-ci, l’idée qu’il n’y a pas d’autre réalité que celle de modéliser. Cela suggère que le patient en demande ainsi que le thérapeute modélisent la réalité. Dans le travail thérapeutique, il ne s’agit pas d’échanger du réel contre du réel, mais il s’agit de mettre en interaction deux modèles (celui du patient et du psy). Il y aura une transformation tant chez le patient que chez le thérapeute. Cela fait référence au phénomène de co-évolution, de co-développement qui implique une personne ou système qui demande de l’aide et une personne ou système qui donne de l’aide.

Selon Caillé, toute routine dans un travail thérapeutique, le fait d’être trop attaché à une solution représente un facteur de risque. Risque de nier l’originalité et de ne pas voir que toute thérapie est un nouveau défi, de nouvelles circonstances. Le contenu d’une thérapie doit toujours être surprenant et changeant. Pour Caillé, il est important que le thérapeute soit conscient qu’il utilise un modèle. Il doit également avoir une idée générale des différents modèles dans la mesure où si on essaye de reconnaître le modèle de l’autre, il faut savoir à quoi il ressemble.

Pour Caillé, il existe un niveau mythique du modèle c’est à dire certaines choses que nous prenons pour justes (croyances) et un niveau rituel du modèle c’est à dire un certain nombre de façons d’agir. Si le thérapeute ne prend pas la peine de connaître le niveau mythique du modèle, il va décrire le système de manière erronée car il n’aura que la moitié du modèle et donc va proposer des solutions inappropriées. Il peut amener des solutions de changements que le patient accepte et si ça ne va toujours pas en proposer d’autres. Le problème est que le modèle est toujours exclu donc il ne peut rien se produire.

Lorsque Caillé reçoit une famille, un couple, il tente rapidement de faire apparaître une place vide (chaise par exemple) qui représente le modèle exclu. Il interroge la chaise vide. Certaines familles comprennent vite et d’autres restent défensives. Lorsque le système accepte et inclut le modèle exclu, le travail consiste à faire émerger le modèle par différentes possibilités dont la sculpturation. Il intervient au niveau de la structure du modèle. Il existe une récursivité et une cohérence entre les croyances et les rituels. Pour Caillé, il est important que le thérapeute et le patient soient dans un processus de perpétuelles interactions.

En résumé, dans le travail thérapeutique systémique :

  • il faut accepter le caractère paradoxal de la demande qui est un modèle exclu
  • il faut essayer de faire apparaître le modèle car il n’y a pas de système sans modélisation
  • il faut travailler au niveau des rituels, faire apparaître la circularité entre modèle et famille. La famille doit se réapproprié son modèle et se trouver ses solutions.

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