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Réfléchir à la demande en considérant le contexte et le cadre de travail

samedi 17 février 2007 par Froidecoeur Christelle , Renglet Geneviève , Balaes Lorraine , Vanbellinghen Melanie , Coomans Anne-Catherine , Borsetto Vanessa

Nous avons choisi de réfléchir sur les concepts de demande et de cadre dans le travail systémique. Ceux-ci nous apparaissent comme des bases à partir desquelles le thérapeute construit la relation au système et s’intègre dans ce système de relations qu’est la famille.

Comme fil conducteur, nous partons d’une réflexion sur la demande avant de nous intéresser au cadre de travail systémique. Les difficultés concernant la demande peuvent être nombreuses : non-demande, demandes multiples, demande cachée, contrainte, etc.

Mais, avant cela, il peut être intéressant de considérer le contexte de travail dans lequel s’inscrit le travailleur.

  Sommaire  

 1/ Le contexte

Parler du contexte, c’est parler de la relation entre l’intervenant et le client. C’est aussi s’intéresser au client en relation avec son milieu, avec un système - envoyeur parfois (la justice, un service social,...), ainsi qu’aux relations de l’intervenant avec l’institution, avec une équipe, avec un système - envoyeur.

En tant qu’intervenants et du point de vue systémique, nous ne pouvons pas ignorer que nous participons à ce qui se joue avec les systèmes qui font appel à nous (couples, familles, institutions...). Ainsi : « L’intervenant, loin d’être neutre, rien que par sa présence, influence le comportements des participants, et qui plus est, sélectionnera inconsciemment le ‘matériel’ observé, en fonction de ce qu’il est » (M. Meynckens-Fourez , 1993, p. 3).

Le client nous formule une ‘demande’ à partir d’une certaine définition de la situation ou est amené à nous interpeller par un système-envoyeur qui définit lui-même le problème.

Qui formule la demande, pour qui et à qui ?

En effet, la personne qui nous contacte est probablement celle qui porte la demande mais pas nécessairement celle qui porte le problème ni la souffrance liée à ce problème. Il est donc important de s’interroger sur comment la demande nous arrive, comment elle s’est décidée, comment les personnes qui sont concernées se sont mises d’accord ou non sur la demande,... Ceci nous permettra d’avoir une 1ière idée de la manière dont les relations s’organisent au sein de la famille ou plus globalement du système.

Enfin, il est important que l’intervenant s’interroge sur sa fonction et son mandat, sur sa propre relation avec l’institution, sur la relation qu’il entretient avec le système-envoyeur afin de définir clairement la relation qui va s’établir avec le client.

Définition théorique et différents points de vue systémiques.

« le contexte nomme l’ensemble des circonstances et des relations qui accompagnent un événement. Le contexte est ce qui donne sens au texte, qui indique comment il convient de se comporter et de donner un sens à ce qui se passe. » Nagi ?

De plus, l’attention au contexte permet de dés-isoler l’individu, de le situer en relation avec un entourage, de l’inscrire dans une histoire une relationnelle plutôt que de le figer dans une problématique. Le contexte donne sens à la commande ou au mandat qui est confié au travailleur social, situe la commande dans une histoire, tant pour le client que pour le travailleur social.

La notion de contexte sert à :

- justifier la présentation de l’institution dans laquelle la personne travaille

-évoquer le climat dans lequel se déroule la rencontre

-expliciter le sens de la rencontre

-évoquer les frontière du système concerné

-évoquer la trame intergénérationnelle.

Le contexte donne sens.

En effet, un événement n’est compréhensible que s’il est situé dans l’environnement dans lequel il se produit. Le même comportement situé dans des contextes différent prendra un sens parfois opposé. De plus, le même événement ne sera pas rapporté dans les mêmes termes selon le destinataire du récit. Il est donc nécessaire, pour comprendre un événement ou un message, de le situer dans un contexte, un environnement qui lui donne sens.

« Un phénomène demeure incompréhensible tant que le champ d’observation n’est pas suffisamment large pour qu’y soit inclus le contexte dans lequel le dit phénomène se produit. »(Watzlawick)

Bateson souligne que « la construction du contexte n’appartient pas à une personne seule. Si l’émetteur d’un message situe ce qu’il dit ou fait dans un contexte le destinataire, lui, va le décoder en le situant dans le contexte qui lui parait pertinent, sans qu’il soit conforme à celui que sous-entendait l’émetteur ».

C’est donc toujours suite aux expériences antérieures que l’émetteur d’un message aussi bien que son récepteur vont lui donner un sens et le classer dans leur construction du monde. C’est ce que l’on nomme contexte d’émission et contexte de réception.

Pour Bateson il y a également une pluralité de contextes simultanément ainsi qu’une hiérarchisation de ses contextes : « ... toute communication nécessite un contexte ; sans contexte il n’y a pas de sens, et les contextes confèrent le sens parce qu’il y a une classification des contextes ».

« C’est la capacité à hiérarchiser les contextes qui permet la clarification de la situation ».

Pour Selvini « un contexte se constitue à l’intérieur d’une situation précise qui implique une finalité déterminée et une certaine distribution des rôles. »

La caractéristique de chaque contexte est de donner, implicitement ou explicitement, une règle (ou des règles) à la relation ; par voie de conséquence, si le contexte change, les règles qui le caractérise changent également ». Le contexte en tant que clé de lecture d’une situation permet de savoir comment se comporter.

Ce que Selvini appelle marqueurs de contexte, ce sont les indices qui permettent de savoir dans quelle histoire nous sommes inscrits : le lieu dans lequel se passe la rencontre, la disposition du bureau, le vouvoiement,... Lorsque les marques de contexte ne sont pas suffisamment compréhensibles ou qu’elles donnent des indications trompeuses, les règles de comportement deviennent du même coup inadéquates.

La confusion de contexte, c’est le fait de croire que l’on se situe dans un contexte de relation amicale , par exemple, ou de soutien , alors que l’on se trouve dans une autre définition, par exemple de contrôle ou d’enquête. D’après Selvini rester dans la confusion des contextes, équivaut à rester dans la confusion des significations.

Enfin, Selvini nomme glissement de contexte le fait de passer de manière clandestine d’une définition de contexte à une autre. Ex : débat télévisé, ou colloques d’équipes de travail social. Selvini propose, par rapport à ces risques de confusion ou de glissement de contexte, la notion de métacontexte, qui signifie « connaître et faire connaître explicitement le contexte ». Il s’agit en fait d’une métacommunication sur le contexte qui permet l’ajustement des partenaires, afin que chacun soit engagé dans la même histoire.

Concept d’isomorphisme :

Le concept d’isomorphisme est inévitablement lié au contexte. En effet, nous pouvons envisager ce concept tant à partir du client et des jeux relationnels dans lesquels il se trouve que du point de vue de l’intervenant avec sa propre histoire personnelle et travaillant dans un contexte professionnel particulier, une institution ayant son fonctionnement spécifique...

Le contexte, donneur de sens

Le contexte est donneur de sens et c’est ce qui en a fait une donnée de base et un point de travail fondamental de l’approche systémique. Le sens n’est pas contenu dans l’objet (le mot, le comportement, le problème...), mais il est produit par la relation perçue par un observateur donné entre cet objet et ses contextes. Le sens n’est plus ainsi considéré comme inhérent à un objet particulier ( une de ses propriétés ou une caractéristique personnelles), mais comme lié aux relations que cet objet entretient avec d’autres éléments. Le sens est donc le fruit d’un processus (de contextualisation), le plus souvent implicite de la part de la personne qui l’attribue. Ex. : quelqu’un n’est pas « fou », « mauvais » ou « passif » en soi, mais il manifeste ces propriétés aux yeux d’un « observateur » dans le cadre d’une certaine relation, à un certain moment, et dans certaines circonstances précises et limitées.

Le contexte apparaît comme la toile de fond sur laquelle les actions et les vécus de la personne se détachent, prennent leur sens, leur justification et leur valeur. Mais il n’est pas un décor passif. Il est en lien avec l’événement qui mobilise l’attention. Il est un élément essentiel de la pièce qui se joue, puisque c’est lui qui va permettre d’interpréter l’action, de nuancer, de confirmer, de détourner, d’inverser, en un mot de « choisir » (inconsciemment le plus souvent) le sens de l’action. Ce n’est pas l’existence des choses en elles-mêmes qui est en question, mais l’importance qui leur est accordée à travers le sens donné à un moment précis.

Le contexte n’est donc pas (qu’)une chose, pas plus que ne le sont les systèmes (cf. B A BA n°1). Il est considéré ici comme un processus permanent, nécessaire au maintien de notre cohérence, de notre vision du monde. Il peut donc à chaque instant évoluer, selon le nombre et la qualité des éléments. Des perceptions différentes se réfèrent à des contextualisations différentes.

Il n’y a pas de « contexte objectif » à proprement parlé.

Pour bâtir ce contexte une personne donnée utilise :

- une partie (seulement) des éléments disponibles dans l’environnement immédiat

-ses attentes, besoins, et objectifs ( mandat)

- ses connaissances et croyances, fruits de ses expériences passées

-les attentes et pressions des autres membres du système

- les pressions de ses systèmes d’appartenance (institution,...)
etc.

Ces éléments impliquent le Passé, le Présent et le Futur de la personne.

Il existe toujours une multitude de contextes. Le fait qu’un même objet puisse être resitué dans plusieurs contextes différents donne une liberté et une souplesse (et une responsabilité) à l’intervenant.

Un questionnement cherchant à intégrer des éléments supplémentaires ou des aspects négligés des éléments perçus peut ainsi élargir et faire varier le sens donné à tel ou tel événement ou comportement. Ce qui va limiter cette recherche, ce sont les objectifs que l’on a. Ce qui va la guider, ce sont les cartes du monde des interlocuteurs en jeu dans l’échange.

Exemples de contextes utilisables :

On peut appeler contextes les dimensions permettant de penser/classer/percevoir les éléments de la réalité. Ainsi, on peut prendre comme guide les quatre dimensions proposées par Ivan BOSZORMENYI-NAGY (fondateur de l’approche appelée justement « contextuelle ») : dimension des faits, psychologie, système, et éthique relationnelle ( ).

On peut aussi utiliser des catégories plus « psychologiques » : émotions, sentiments, pensées, croyances, intentions, valeurs, comportements... Ou encore, le comportement d’une personne peut être resitué comme lié à des relations avec telle ou telle personne importante, présente, passée, ou même rêvée. Il est aussi possible de recontextualiser en fonction des valeurs du groupe considéré (couple, famille, famille élargie, entreprise, communauté professionnelle, classe sociale, groupe culturel d’appartenance ...) Les diverses théories de la maladie mentale par exemple, ou les catégorisations utilisées par telle ou telle théorie (le Moi, le Ça, le Surmoi ou le Conscient et l’Inconscient, le Réel, le Symbolique et l’Imaginaire, l’individu et le système, par exemple) offrent aussi des descriptions alternatives et contrastées enrichissant la vision d’une situation donnée.

Tous les modes de causalité reconnus peuvent être l’occasion de variations. Si l’intervenant considère que tous les éléments coexistants dans une situation en sont des paramètres (et donc des causes parmi d’autres), il peut « déplacer » l’accent de la causalité sur tel ou tel et assouplir ainsi les attributions et les désignations rigides... Il semble que la complexité de la moindre situation permette une infinité de définitions de contextes.
Il est donc possible, pour changer la signification d’un événement de « travailler », plutôt qu’à en changer l’idée que quelqu’un s’en fait, à modifier la perception de son contexte, c’est-à-dire à opérer un recadrage.

On distingue classiquement deux types de recadrages :

- les recadrages de sens : dans un contexte défini, on suppose à un comportement un sens différent de celui qui lui est donné. Par exemple une attitude silencieuse peut tout aussi bien être interprétée comme « timidité » que comme « mépris ».

-Les recadrages de contexte : remis dans une perspective différente, un comportement donné en acquiert un sens tout différent. Par exemple tel comportement de fuite a été utile dans un contexte de faiblesse, même s’il n’est plus adapté aujourd’hui, dans un contexte de puissance.

Quel que soit le type de recadrage choisi, on pourra, pour le rendre opérant :

-souligner des éléments « dormants », dimensions diverses de la complexité (cf. ci-dessus)

-modifier la nature des relations entre éléments du contexte (redéfinition d’une relation complémentaire en symétrique ou d’une relation symétrique en complémentaire. (ex : ?...)

- inverser l’ordre hiérarchique des éléments apportés spontanément ou mis en évidence par le questionnement (par exemple : « vous dites que votre enfant est désobéissant, et je constate qu’il vous désobéit effectivement. Comment savoir s’il ne le fait pas pour vous obéir, par crainte de ne pas être conforme à ce que vous lui indiquez d’être ? »)

- utiliser l’absence de certains éléments autant que la présence d’autres.

Ainsi, comment expliquer l’absence de certains actes hostiles, pourtant faciles à commettre, de la part de quelqu’un défini comme un ennemi haineux ?
Enfin, un excellent exercice de recadrage, indispensable, c’est celui qui consiste, pour soi-même, à travailler à la transformation d’un point de vue négatif (sur une personne ou une situation) en une vision positive et enrichissante. C’est une des étapes de la « méchante connotation positive » décrite par Guy Ausloos. Il s’agit de transformer ce qui nous a été le plus difficile dans un entretien en une ressource pour la thérapie, ce qui suppose de transformer son point de vue sur la difficulté rencontrée.

 2/ La demande

Une demande en général est un acte de tout individu qui sous entend qu’il s’adresse, qu’il communique à une autre personne. Cette demande n’attend pas spécialement une réponse à un besoin. Il y a dans ce cas là « une interaction occasionnée par quelqu’un qui interpelle. » cfr dictionnaire des thérapies familiales.

Une demande d’aide, par contre, suppose qu’une personne interpelle une autre personne, souvent un professionnel, pour répondre à un besoin qui peut ne pas être bien défini par la personne demandeuse d’aide.
Mais la demande n’est pas la simple expression d’un besoin qu’il suffirait alors d’assouvir. La demande exprime un désir, socle du travail de l’analyste. A travers une demande, s’exprime souvent une demande d’amour sur laquelle il convient d’agir. Le travail de l’analyse se base donc sur la formulation progressive d’une demande individuelle.

Cette demande peut :

-être individuelle ; le sujet dans ce cas là exprime et ressent sa propre souffrance qu’il rapporte à un symptôme.

-provenir d’un tiers ; le sujet n’exprime pas la demande et ne souffre peut être pas du symptôme. Ce tiers peut-être un familier, un ami, un médecin,
-un professionnel de la santé ou du corps social,... mais peut également être

  • une autorité, comme dans le cadre de la justice. Dans ce cas, la personne ou la famille est dite non volontaire.

Selon Neuburger (1980, 1984), il y a trois temps importants dans une demande, trois éléments qu’il convient d’identifier :

-le symptôme

-la souffrance qui en découle

-l’allégation (mettre en avant le problème, la souffrance)

Face à une famille, on est appelé à se demander qui est porteur de la demande. Il est en effet bien possible que ces différents individus devant nous soient porteurs d’intérêts différenciés. Les différents éléments de la demande évoqués par la psychanalyse peuvent se retrouvés dispersés dans le système. Un individu peut être porteur d’un symptôme, et ne pas ni en souffrir, ni exprimer une allégation. Un autre individu peut être porteur d’un symptôme et en souffrir, mais ne pas présenter d’allégation.

A partir du moment où on est confronté à une dissociation des éléments de la demande dans le système familial, il convient de pouvoir juger de son importance. Neuburger propose donc une technique permettant d’explorer les éléments de la demande.

Trois questions sont proposées :

- Pour explorer le symptôme : « Qui pose le plus de problème à la famille actuellement ? »

- Pour explorer la souffrance : « Qui, pensez-vous, souffre le plus de la situation ? »

- Pour explorer l’allégation : « Qui se montre le plus préoccupé par la situation ? »

Bien entendu, ces questions sont à utiliser sans aucune rigidité, en fonction du contexte de l’entretien et de ce que la famille apporte spontanément. Le thérapeute de cette manière peut recevoir un certains nombre de feedback de la famille en réponse à l’information qu’il lance. En respect du principe de circularité (Selvini, 1983), ce sont les différences dans l’expression des membres de la famille à propos de ces questions qui seront exploitées pour pouvoir émettre progressivement des hypothèses quant au fonctionnement familial (relations, rôles, fixité de ces rôles etc.).

Se référer à la reconsidération du symptôme telle que prônée par Neuburger (1980, 1984) permet de resituer la demande dans son contexte. Cette reconsidération contextuelle de la demande présente des avantages en termes cliniques, théoriques mais aussi éthique (Janne, 2000).
La question de l’indication entre thérapie individuelle et thérapie familiale peut trouver une piste de réponse grâce à cette grille de lecture. Celle-ci permet aux professionnels d’offrir aux patients et à leur famille une meilleure adéquation entre ce qui cliniquement souhaitable et ce qui effectivement proposé (Janne, 2000).

Les intérêts théoriques de la décomposition de la demande selon le modèle de Neuburger (1980, 1984) sont nombreux mais l’un des plus importants est peut-être qu’il permet de passer outre les conflits d’école opposant les partisans de l’approche psychodynamique et de l’approche systémique. Le patient sujet reste au centre des préoccupations (Janne, 2000).
La dimension éthique, quant à elle, se retrouve peut-être dans la reconnaissance du degré subjectif d’automaîtrise du sujet. La liberté et l’espace d’individuation sont respectés (Janne, 2000).

Dans le travail social, il arrive généralement que la demande cache d’autres demandes plus implicites, que cette demande n’est pas réellement liée à une souffrance mais plutôt à un mal être dans la société.
Si la demande peut légitimer la rencontre entre l’individu ou le groupe et un thérapeute, nous avons vu que son origine pouvait être diverse. Demande du patient désigné, demande d’un membre de la famille, ou d’un représentant de l’organisation sociale, etc. La demande est définie comme l’étape créatrice du lien thérapeutique (Mugnier , 1990).

Dans le travail avec les familles dites « cas social », la formulation de la demande semble souvent faire obstacle à l’établissement d’une relation d’aide autre que matérielle. Se pose alors la question pour l’intervenant d’envisager cette demande de façon à résoudre cette difficulté (Mugnier, 1990).
Les familles dites « assistées » sont celles qui sollicitent les services sociaux de façon quasi chronique. Ces aides nombreuses et diverses constituent alors le réseau d’appartenance de ces familles et l’établissement de relations d’aide semble remplir la fonction d’un rituel d’appartenance (Mugnier, 1990).

Ph. Caillé (1984) quant à lui remet en cause le principe même de l’analyse de la demande. L’importance accordée à cette dernière lui apparaît comme démesurée. Selon lui, en tant que professionnels il est d’avantage important d’analyser notre réponse à cette demande que d’analyser simplement celle-ci : « Une demande n’est qu’une porte qu’on ouvre sur quelque chose d’autre ». Lorsqu’un individu ou un système fait une demande c’est qu’il ouvre son système à quelqu’un d’autre car il croit, pense, estime que son système ne sait plus trouver la réponse par lui-même et qu’il ne retrouve plus son équilibre seul. « Le système ne fonctionne plus à partir de ses propres normes, il désavoue son autonomie. » (Caillé, 1984).

Cette ouverture, cette recherche vers l’extérieur est souvent une expérience douloureuse, si bien qu’il est important de prendre en compte cette souffrance parallèlement. Revaloriser les prémices de cette demande et de cette souffrance constitue également un moyen d’investigation.
La demande est donc avant tout une façon de rentrer en contact avec le système familial et son fonctionnement. C’est grâce à cette demande que nous pourrons comprendre pourquoi le système ne se croit plus capable de fonctionner seul. Par la suite, en prenant en compte leur décision de demande de l’aide, le pourquoi de leur décision et la souffrance qu’il en découle, nous pourrons également leur renvoyer que leurs raisons de faire appel à quelqu’un d’extérieur sont louables, justifiées. Dans ce cas, le système pourra commencer à retrouver son autonomie.

Tilmans Ostyn (1985) insiste sur l’importance de l’espace intermédiaire. Le thérapeute doit veiller à ne pas se placer comme exécutant du référent, envoyeur. L’enjeu de la demande doit précéder l’analyse de la plainte selon elle.

Bourassa (1989) la demande par delà le mandat émerge souvent comme une non-demande dans un milieu institutionnel pour jeunes en difficultés d’adaptation.

Voir en ligne : Voir aussi

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