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La thérapie avec la famille de Andolfi

la redéfinition en thérapie familiale

mardi 23 janvier 2007 par bataille

  Sommaire  

Commentaires sur le texte « la redéfinition en thérapie familiale » d’Andolfi
Chap2 du Livre : La thérapie avec la famille pp 63-82 Paris ESF

 A. Résumé

Dans ce chapitre, dans un premier temps, Andolfi fait le point sur l’approche thérapeutique basée sur le modèle médical c’est-à-dire que la thérapie est centrée sur un individu et la délégation des responsabilités à un expert. Celui-ci (avec ou sans sa famille) s’attend à recevoir la solution à ses problèmes de la part d’un expert. Cet expert résout les problèmes à la place de l’individu.

Il propose de prendre l’intervention thérapeutique dans un cadre systémique et de la redéfinir comme « un acte de participation et de croissance dans un groupe qui a une histoire ».
Selon lui, la première tâche du thérapeute consiste à changer les attentes stéréotypées que la famille apporte en thérapie et l’amener à assumer la responsabilité de résoudre ses problèmes interactionnels à mesure qu’ils se clarifient avec son aide.

Il faut que le thérapeute se libère des méthodes et terminologies dérivées du modèle médical pour devenir une partie active et réactive du système thérapeutique. L’utilisation qu’il fait de lui-même transforme l’espace thérapeutique en un champ d’interactions dynamiques.

Une chose importante pour Andolfi est de redéfinir le contexte de la thérapie. « Il doit permettre à la famille de redécouvrir des domaines et des relations informulées afin que le patient identifié puisse abandonner ce rôle et que la famille puisse devenir son propre thérapeute ».
Dans cet optique, il présente différents types de contexte dans lesquels le patient et sa famille peuvent arriver :

  • Le contexte d’attente : toute l’attitude de la famille s’appuie sur l’attente d’une solution apportée par le thérapeute.
  • Le contexte judiciaire : la famille a une attitude fortement critique envers le patient identifié, dont le comportement « répréhensible » menace de saper la réputation sociale de la famille.
  • Le contexte protecteur : l’atmosphère est surtout celle d’une compréhension et d’une protection du comportement du patient désigné. Il est plus « fragile ».
  • Le contexte de folie : la famille se présente avec un sentiment d’impuissance et d’imprévisibilité par rapport au patient désigné. Ils vont essayer de transmettre un message implicite au thérapeute du genre : « vous voyez, il est vraiment fou, vous n’y pouvez rien ». Le patient identifié confirmera ce jugement par sa manière de se comporter.

Tous ces contextes apportés par la famille demandent à être redéfinis afin que le thérapeute puisse aborder un système thérapeutique où la famille devient le protagoniste de son propre changement.Pour certains auteurs, l’objectif thérapeutique n’est pas de rétablir l’ordre ou de réadapter le patient identifié à un modèle de normalité mais plutôt d’accroître la complexité de la situation.

L’auteur propose plusieurs types de redéfinition du problème :

  • Le recadrage. Il s’agit de « changer le cadre ou le point de vue conceptuel et/ou émotionnel en rapport avec lequel on fait l’expérience d’une situation et la replacer dans un autre cadre qui s’ajuste aussi bien voire mieux, aux « faits », à la même situation concrète, et de cette façon changer complètement son sens ».
  • Une redéfinition positive du problème élimine les aspects réductionnistes et péjoratifs de la vision familiale des troubles. Cette redéfinition aide à transformer la façon dont la famille vit les événements. Il s’agit de donner une connotation positive au réseau interactionnel qui lie les membres du système les uns aux autres et au thérapeute et non au comportement individuel.
  • L’amplification du problème c’est-à-dire « d’en aiguiser la perception par la famille durant les séances. L’espace thérapeutique peut être utilisé comme une sorte de tremplin pour les conflits, les espoirs et les tensions interpersonnelles qui n’ont pas été reconnus avant ou qui sont restés camouflés derrière une façade pathologique chez l’un des membres de la familles ». Par exemple, les dramatiser pendant les séances c’est-à-dire qu’on stimule les règles relationnelles qui ont immobilisé la famille dans des difficultés irréversibles.

 B. Commentaires

Ce texte m’a parlé car j’y ai retrouvé une difficulté que j’ai rencontré dans ma pratique.Je me suis laissé englobée par le contexte judiciaire et je me suis trouvée juge de l’adolescent et des parents. Ça m’a fait réfléchir sur le travail du contexte thérapeutique.

Le contexte d’attente est peut être celui auquel on est le plus attentif mais pas nécessairement aux autres décrits ci-dessus et j’ai trouvé intéressant d’avoir un description des autres contextes auxquels on peut être confronté.

L’auteur donne aussi quelques pistes pour une redéfinition du problème sans nécessairement donner des « trucs et astuces » avec un étalage de réussites de cas. Ça permet d’avoir une idée mais de ne pas être bloqué dans une créativité personnelle par celle des autres.


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