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Jacques Pluymaekers et Chantal Nève.

Travail sur les familles d’origine et génogramme paysager.

Résumé par Stéphanie Merkelbach

dimanche 15 avril 2007 par stephanie merkelbach

Travail sur les familles d’origine et génogramme paysager.
Jacques Pluymaekers et Chantal Nève.

Résumé :

Travail sur les familles d’origine et génogramme paysager.
Jacques Pluymaekers et Chantal Nève.

Résumé :

1) Cadre historique :

Les thérapeutes américains qui avaient commencé à rencontrer des patients avec leur famille se sont vite rendus compte des répétitions au niveau transgénérationnel. Szondi, avant 1940, parlait de « destin pulsionnel ». Pour lui, chacun d’entre nous « choisissait » d’une certaine façon son conjoint, sa profession, ses formes de maladie, de mort, de délinquance… Il fut un des premiers, dans le champ de la thérapie, à utiliser la généalogie. Selon lui, la généalogie de notre conjoint est aussi significative que la généalogie de notre famille d’origine. En effet, dans nos choix amoureux se joue quelque chose des mythes liés à notre propre famille. Szondi postulera un inconscient familial dans lequel les aspirations pulsionnelles de la famille, latentes ou opprimées, continuent leur action dynamique, génératrices d’un danger.

C’est à Murray Bowen que l’on doit les premiers génogrammes. Il insistera sur l’importance de travailler sur les familles d’origines des futurs thérapeutes. Sa préoccupation première était l’individuation et la différenciation dans les familles. Il utilisait cependant le génogramme plus de façon diagnostique ou comme technique de recueil d’information que comme outil thérapeutique.

Il y a donc deux courants dans l’utilisation du génogramme. Un poursuit l’objectif de recueil d’information et d’évaluation. L’autre se développe à partir de la prise de conscience des effets thérapeutiques provoqués dans l’élaboration d’un génogramme par une personne que ce soit en formation ou en thérapie.

Chantal Nève et Jacques Pluymaekers s’interrogeaient sur l’émergence du changement en thérapie. Celui-ci apparaissait de plus en plus dépendant des liens se tissant entre ce qui se jouait en thérapie et les règles dans les familles d’origines des intervenants (concept de résonance de Mony Elkaïm).

Ces deux auteurs accordent alors de l’importance à :

  • créer un génogramme plus souple, moins scolaire, où chacun peut librement « reconstruire sa famille et son histoire »
  • utiliser une technique pour exploiter ce que le génogramme dévoilait ou avait suscité comme résonance entre le thérapeute ou le formateur et la personne : le psychodrame.

Le génogramme est donc une manière de représenter graphiquement son histoire familiale, à travers les générations.

Le psychodrame met en scène une représentation de situations passées, présentes ou futures qu’un sujet ressent comme importantes.

De leur réflexion est né le « génogramme paysager ».

2) Contexte de leur pratique et description du modèle :

Ce modèle a été expérimenté lors de séminaire de formation pour étudiants en formation de thérapie familiale, dans des familles en thérapies et en supervision.

Lors des ateliers proposés aux étudiants, la première étape consiste à représenter de façon graphique ce qu’ils souhaitent dire de l’histoire de leur famille. Chaque participant est invité à se décrire ainsi que sa famille sur une grande feuille de papier. L’invitation sera : « Laisser libre cours à votre créativité : qu’avez-vous à nous dire aujourd’hui sur vous et votre famille ? » Une vingtaine de minutes est accordée pour cette réalisation.

Ceci permet à chacun de se confronter à sa famille et la représentation graphique permet la spontanéité. Les réalisations forment en quelque sorte un paysage foisonnant de l’histoire personnelle reprise dans l’histoire familiale ou inversement. Chacun exprime quelque chose de son vécu. Cela apporte un matériel très varié où ressortent des singularités, des similitudes. Il en ressort également à travers les relations mises en avant des habitudes, des règles familiales, des mythes où des secrets.

Lorsque les vingt minutes se sont écoulées, chacun est amené à présenter brièvement son « paysage ». Ensuite, les thérapeutes et les participants réagissent, on clarifie, on amplifie les différentes évocations. La représentation graphique et ses commentaires suggèrent des analogies, des métaphores qui alimenteront la suite du travail.

Le génogramme paysager permet la confrontation émotionnelle et métaphorique à telle histoire familiale et à sa propre histoire à l’intérieur de cette histoire familiale et pas seulement d’indiquer les différentes générations de la famille.

Dans le génogramme paysager, l’espace de liberté est plus importante que dans le génogramme de type généalogique (où les gens n’oublient personne pour répondre à la consigne) de telle manière que ce sont les gens eux-mêmes qui décident des frontières de leur système familiale. Souvent, les frontières, les manques, les absences de certains membres seront évoqués. Les règles, les mythes et les secrets sont également parfois abordés.

Les objectifs du génogramme paysager sont :

  • relire une histoire familiale sous un jour nouveau
  • permettre que s’éclairent les reconstructions que nous faisons de notre histoire
  • favoriser le fait que le contexte créé ouvre des possibles nouveaux de relecture et de redéfinition relationnelle.

En thérapie, le génogramme paysager permet que les membres de la famille échangent et découvrent mutuellement leur histoire familiale, qu’ils se la réapproprient pour la transmettre autrement qu’à travers des secrets. En formation, il est important de permettrent aux futurs thérapeutes de faire les liens entre les règles de leur famille d’origine et celles des familles suivies.

Dans le même temps que la proposition du jeu psychodramatique, les première ébauches d’hypothèse sur la problématique sous-jacente se construisent.

3) En guise de synthèse :

Le génogramme paysager assorti du jeu psychodramatique est un excellent outil de changement en thérapie familiale comme dans la formation des thérapeutes et/ou intervenants en systémique.

Il crée le contexte où le système est mis à l’écart de l’équilibre et il devient ainsi l’espace-temps où peut émerger l’un ou l’autre élément inattendu. Cet élément va connaître une amplification due aux résonances des thérapeutes et autres participants donnant consistance eu contexte. Celui-ci devient alors l’espace de redéfinition où ceux qui sont en travail reconstruisent leur histoire.

L’utilisation de l’espace par les membres d’un système traduit quelque chose des règles de fonctionnement du système thérapeutique ou de formation qui se crée. A travers la prise en compte de l’espace se dessine une réelle topographie relationnelle. Celui qui fait sont génogramme paysager ne peut pas ne pas décider des frontières spatiales qu’il donnera à son histoire familiale. Ici, l’espace coïncide avec une feuille de papier et son utilisation nous dira quelque chose de sa vision du monde. Espace le plus souvent quadrangulaire à symbolique de maison, de sol … Espace vide qui remue en nous le dynamisme de la vie, de la mort. La feuille de papier émerge à la fois comme lieu extérieur (ce qui est noté y reste), à la fois comme frontières à l’intérieur desquels on peut s’assurer qu’il n’arrive pas n’importe quoi. La personne maîtrise ce qu’elle veut transmettre tout en donnant à lire à travers les espaces et les distances, les détails a-signifiants, ce que sont ses interrelations avec son entourage.

Lorsque l’on passe au psychodrame, l’espace devient un espace de jeu. Il se crée d’emblée avec le groupe. Le protagoniste pourra y revivre un « nœud » personnel. Réel dans sa géographie mais imaginaire dans ses frontières. Le corps peut s’y mouvoir à sa guise. C’est le temps qui en définira plutôt l’existence et les limites.


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