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L’enfant roi, l’enfant tyran et sa famille

par Schrod Hannelore, Renier Janine

mercredi 27 février 2008 par Schrod Hannelore , Renier

L’enfant- roi comme l’enfant-tyran n’est jamais le fait exclusif d’une situation ou d’un contexte en particulier. Il est le résultat d’un processus où plusieurs éléments interagissent.

La notion de l’enfant-roi ne désigne pas seulement une figure d’enfant, mais une forme de relation entre enfants et adultes qui semble modifiée dans nos sociétés contemporaines.

Nous essayons de faire la distinction entre enfant-roi et enfant-tyran et les fonctionnements familiaux respectifs ainsi que leur inscription dans notre contexte socioculturel.

L’interrogation autour du travail clinique et les modalités thérapeutiques ont été discutées.

Le travail présenté lors de cette journée est le résultat du travail mené pendant deux ans par toute une équipe d’environ 15 personnes, qui a dans le cadre même de son travail, recueilli suffisamment de cas cliniques et, par constructions, déconstructions et co-constructions successives, travaillé à l’élaboration de concepts pour réfléchir à cette thématique de l’enfant-tyran.

La pratique clinique nous confronte à de multiples situations, qui sont source d’interrogation sur les changements sociétaux. Certains repères deviennent obsolètes et nous devons revoir nos positions cliniques. De même, tant les concepts systémiques qu’analytiques doivent être revus devant les nouvelles constellations familiales.

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Chaque contexte culturel produit des psychopathologies spécifiques. Actuellement, nous assistons à l’émergence du concept d’état-limite et de pères ayant perdu leurs certitudes. L’enfant-roi est le résultat d’un processus, est une forme de relation entre enfant et adulte insérés dans notre société, une société où il y a une tendance à l’effacement - voire à l’éradication - des différences entre les sexes et entre les générations. Or, pour l’enfant, c’est différent, car il est dépendant des adultes. Que devient l’autorité parentale ? le concept d’altérité ? la différence c’est la séparation et le renoncement, qu’en est-il si on efface les différences ? Il existe des dépendances réciproques et puissantes entre parents et enfants actuellement ; quid des mythes familiaux ? des mythes sociaux ? Comment aider ces familles ?

Les concepts d’enfant-roi et d’enfant-tyran, souvent indifférenciés (à tort), nous confronte à nos valeurs et au risque de stigmatisation (à proscrire !).

La journée se déroule en deux temps :

  • présentation de ces concepts via les approches théoriques bio-médicale, analytique et systémique ;
  • travail interactif avec les participants à partir d’un jeu de rôle, issu d’une situation rencontrée par l’équipe de Herstal.

 Première partie : présentation des concepts d’enfant-tyran et enfant-roi selon les différentes angles théoriques

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power-point et textes des intervenants

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 Deuxième partie : jeu de rôle et discussion

Situation clinique présentée : premier entretien clinique avec Julien (14 ans ?) , son père, sa mère et son petit frère Maxime (trois ans). Une thérapeute. Julien est sous la menace d’être renvoyé de son école, entre autres pour des bagarres.

Extraits du jeu de rôle :

  • La maman : « on est désespérés ! Regardez, Julien peut être charmant, regardez comme il s’occupe bien de son frère ! »
  • Julien "je m’appelle p’tit mec, comme ma Mamy m’appelait. J’étais son Dieu à ma Mamy. Si Mamy était vivante, je serais mieux dans ma peau.
  • la mère : Si Mamy était vivante, il n’y aurait pas de deuxième enfant car elle voulait un petit-enfant et tout lui donner
  • Julien : c’était moi son Dieu, je pouvais tout faire, Mamy elle vivait pour moi, c’est elle qui me donnait tout

La maman souligne le conflit existant entre la mamy et les parents en matière de principes éducatifs ; Julien a menacé sa mère avec un couteau

  • Maxime : « peur moi »
  • la thérapeute : tu te bagarres à l’école ?
  • Julien : « Tous des cons » !

C’est l’institutrice qui s’inquiète de ce qu’il est peut-être déprimé depuis le décès de sa grand-mère (il y a 6 ans !).

  • les parents : non, on ne le sent pas déprimé,
  • la mère : il est juste infernal
  • le père : c’est un gamin, ils sont tous comme cela dans le village
  • la mère : je ne peux plus le supporter, il n’écoute rien ! On essaie de dialoger avec lui, de le raisonner, mais cela ne marcche pas

La première fois qu’il y a eu grosse bagarre, ce sont les parents qui l’ont empêcher de se dénoncer, car ils trouvaient que le groupe de jeunes « allait trop loin ».

  • la thérapeute à Julien : que penses-tu de cette question de déprime ?
  • Julien : non je suis pas déprimé ; je voudrais juste que Mamy soit encore là. Je fais mes études jusqu’à 18 ans puis je me suicide pour rejoindre Mamy.
  • la thérapeute : cela fait peur !
  • le père : c’est de la provocation, faut pas le prendre au sérieux
  • la mère : il peut être charmant et détestable !
  • le père : comme tous les gosses de son âge
  • la thérapeute : c’est quoi qui vous inquiète le plus ?
  • le père : la dépression je n’y crois pas trop. C’est les troubles du comportement qui m’inquiète ; l’école ne fait pas ce qu’il faut !
  • la mère : il n’est jamais content de rien ! On peut tout lui offrir, il n’est jamais content !
  • Julien : quand je veux sortir, tu ne veux jamais !
  • la mère : je n’y arrive plus, j’en peux plus, travail, maison, j’aime que tout soit impeccable !

Madame est laborantine, appréciée et appréciant son travail. Elle est « au four et au moulin » et les parents de Julien ne sont pas soutenus par la famille de Madame. Bobonne, mère de Mamy, vit encore. La mère « Je ne sais plus quoi faire avec ce gamin ! ».

Monsieur s’est élevé tout seul : « j’avais des parents qui buvaient, j’ai bien dû apprendre à vivre ! J’ai été seul, j’ai dû me réaliser même si je n’avais pas de parents qui me choyaient ».
Monsieur travaille dans l’Horeca (ses parents étaient contre, mais il fait ce qu’il veut faire) et n’est donc pas souvent là. Il est souvent fatigué et Julien « on ne peut pas lui faire confiance ».

Julien peut être violent avec son petit frère

  • la thérapeute : cela a été dur pour toi, l’arrivée d’un petit frère...

La thérapeute proposera à la famille de se revoir, avec la question de savoir si Julien va ou pas recommencer dans la même école ? que se passerait-il alors ?

  • la mère c’est un enfant intelligent, Madame Denis le pense aussi (= l’institutrice) mais ses résultats sont catastrophiques, il va être renvoyé

Maxime a bougé librement pendant tout l’entretien, allant de sa mère à Julien. A la fin de la séance, Julien repousse brutalement son petit frère.

Travail en sous-groupes :


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