Espace d’échanges du site IDRES sur la systémique

Constellations fraternelles et structures familiales : leurs effets sur la personnalité et le comportement

Toman Walter

mercredi 6 février 2008 par Humpers Larissa

Constellations fraternelles et structures familiales : leurs effets sur la personnalité et le comportement

Walter Toman

Résumé pa Humpers Larissa

 [1]

Introduction

Au sein de l’introduction, l’auteur nous parle des différents auteurs qui ont pu contribuer à l’étude des constellations fraternelles. Adler est, par exemple, le premier à avoir étudié cette thématique sans pour autant décrire l’impact des rôles joués par les différents membres de la famille sur le développement psychologique.

L’auteur nous présente les résultats d’une étude menée dans les années 60 à partir de données empiriques (+/- 1000 cas, principalement d’origine viennoise et bostonienne). Le but de la recherche est « de décrire les effets les plus importants et les plus faciles à identifier des différents environnements sociaux et familiaux ». L’auteur attire notre attention sur le fait que notre comportement est influencé également par d’autres dimensions que celles de la fratrie. Donc, bien que les constellations fraternelles puissent avoir des influences sur notre développement, il ne faut pas vouloir changer tout dans notre vie à la lumière de la théorie des fratries.

Des données démographiques de l’époque clôturent l’introduction. L’auteur se centre par la suite sur ce qu’il appelle la « morphologie des fratries ».

Morphologie des fratries

Chaque famille a une structure propre qui est déterminée notamment par la séquence des âges et la répartition des sexes des enfants au sein de la fratrie. Ainsi, il existe déjà différentes possibilités dans une famille où il y a deux enfants : « pour n enfant, il y a 2n combinaisons possibles. ».

Il va de soi que plus le nombre d’enfants augmente, plus le nombre de combinaisons possibles se multiplie. Par exemple, un enfant issu d’une fratrie de 3 enfants peut occuper une des trois positions fraternelles en fonction de son âge et une des 4 positions en fonction de son genre. Il y a donc 12 combinaisons possibles dans une famille où il y a 3 enfants. L’auteur nous propose la formule suivante : « une personne dans une fratrie de n enfants occupe l’une des 2n-1 positions possibles. ».

L’auteur nous présente le rôle, le vécu « possible » de chaque enfant au sein d’une fratrie de deux enfants ainsi que les incidences de leur expérience « fraternelle » (en fonction de leur position et de leur âge) à l’extérieur du noyau familial :

Deux frères : L’aîné doit apprendre à partager avec son frère. Ce dernier, par contre, a toujours connu la vie avec un frère. L’aîné se rend compte qu’il est le chef de la fratrie sauf si le cadet n’accepte pas cette supériorité. La protection de l’aîné est utile à l’extérieur de la famille. A l’intérieur, l’aîné est poussé à grandir tandis que le cadet essaye de rattraper son frère ou de s’imposer. L’écart d’âge entre eux peut jouer sur leur relation et sur celle qu’ils ont avec leur mère. Plus l’écart est faible, plus le conflit inconscient pour obtenir l’attention de la mère est grand. Les parents peuvent considérer l’aîné comme une idole et, par contre, prendre la défense du cadet. Ces garçons sont davantage préparés à côtoyer des personnes de même sexe. L’aîné a appris à diriger les autres tandis que le cadet essaye de rattraper son frère ou une personne de même sexe voire entre en conflit avec eux.

Frère (aîné) et sœur : l’auteur fait une comparaison avec le couple des parents. Le frère aîné n’a pas de raison pour entrer en compétition avec sa sœur : les services rendus seront récompensés par de l’affection de sa sœur. Le frère est celui qui donne des soins à sa sœur et la protége mais aussi celui qui la prend en charge et la dirige. L’écart d’âge permet d’éviter que le garçon ressente la peur de perdre sa place auprès des parents. La sœur cadette a tendance à devenir plus féminine. Elle sait qu’elle peut compter sur son frère pour la protéger, l’aider, lui éviter des tâches plus lourdes. Elle l’admire. Les relations entre les différents membres de la famille sont plus faciles. Chaque enfant peut jouer un rôle par rapport au parent de sexe opposé et s’identifier au parent de même sexe. Ils sont tous deux plus attirés par des personnes de sexe opposé. Le fils a appris à jouer le « chef » auprès des femmes et la fille, elle, à se laisser protéger et gâter.

Sœur (aîné) et frère : La sœur aînée prend soin de son petit frère comme ses parents. Elle est responsable de lui et lui l’admire. Le frère est le seul garçon de la famille donc elle se rend compte qu’il a une position particulière par rapport aux parents : donner des soins et le protéger lui assure donc une certaine position aussi. Si l’écart d’âge est faible, le frère est vécu comme une menace. Il faudra attendre avant qu’elle adopte ses comportements de sœur aînée. Les fonctions de sœur aînée et le fait que le garçon est valorisé a un impact sur sa vie adulte. Mais elle sait s’occuper des garçons, se rendre utile et indispensable et donc se faire valoriser. Le frère cadet d’une sœur sait mieux que tous les autres que ses parents seront plus cléments à son égard et qu’il pourra vaguer à ses intérêts. Il sait s’y prendre avec sa sœur et les femmes pour qu’elles prennent soin de lui. Ils peuvent tous deux jouer un rôle auprès de leurs parents. Cependant, le frère peut être considéré comme égoïste. Chacun est attiré par des personnes de sexe opposé. Certains parents mettent du temps à accepter que ce soit la fille (et donc la femme) qui dirige le fils. Cela dépend apparemment du propre vécu des parents dans leur fratrie respective. Il se peut que l’identification au couple parentale soit rendue difficile.

Deux soeurs : Comme les autres binômes, la sœur aînée peut avoir peur de perdre l’attention de ses parents à la naissance de sa sœur surtout si l’écart d’âge est de 1 an ou 2. Cette peur du changement de relation aux parents perdure autrement au-delà de cet âge. Par exemple, vers 5 ans, elle perçoit qu’elle doit partager l’amour du père non seulement avec sa mère mais aussi avec sa sœur. En fonction de l’âge, elle est plus à même de percevoir les conflits mais en même temps de pouvoir mieux les gérer et de s’occuper de sa sœur. Les parents attendent qu’elle soit un modèle pour sa sœur. La sœur cadette admire et suit les ordres de sa sœur qui se conduit à la fois comme une mère mais aussi comme le père. La sœur aînée observe le comportement de son père par rapport à sa mère et elle-même et peut parfois s’identifier à lui. Elle peut penser que son père privilégie sa sœur car il se montre plus tolérant avec elle. La sœur cadette accepte le rôle de sa sœur aînée par rapport à elle jusqu’au jour où elle tente de la rattraper et s’oppose à elle. Mais elle reste dépendante de l’avis des membres de sa famille et s’inquiète d’abord des désirs de sa sœur. Il apparaît que la sœur cadette devient souvent la préférée de ses parents et souvent du père. L’aînée doit plus se conformer aux idées des parents. Ce binôme est mieux préparé aux relations avec des personnes de même sexe. Seule la cadette a appris, de par sa relation au père, à mieux entrer en relation avec les garçons mais elle peut leur demander beaucoup et entrer en conflit avec eux.

Une personne avec une fratrie composée de personnes de même sexe : Les caractéristiques psychologiques sont les mêmes que dans les fratries où il y a seulement deux enfants. Elles sont cependant plus marquées dans une fratrie multiple. Par exemple : une sœur aînée de sœurs s’identifie davantage aux parents et domine davantage ses sœurs ou la sœur cadette de plusieurs frères est davantage dépendante, féminine et gâtée par ses frères.
Il est clair que le cadet souffre et cherche à garder sa place à l’arrivée d’un nouvel enfant. Ce qui n’est pas le cas de l’aîné qui est habitué, en tout cas à partir de la naissance du troisième. Il semble plus difficile d’accepter le suivant en âge. En fonction de la taille de la famille, des sous-groupes peuvent se former (ex : le cadet est plus attaché à l’aîné,…).

Positions fraternelles multiples : Dans les fratries multiples, il y a également des fratries où une personne peut avoir deux positions fraternelles différentes ce qui implique des caractéristiques fraternelles différentes.
Si l’on se concentre sur les aînés et les cadets de ses fratries (« positions multiples distales »), l’auteur nous apprend que :
Le frère aîné de sœur et frère a appris à être l’aîné de tous.
Le frère cadet de sœur et frère a appris à entrer en relation avec les personnes quelque soit leur sexe.
La sœur aînée de sœur et frère a appris à se montrer maternelle et dominatrice de tous.
La sœur cadette de sœur et frère a appris à se montrer dépendante, soumise, opposante et ambitieuse par rapport aux personnes des deux sexes.

Il y a bien évidemment les positions fraternelles « moyennes » où une personne peut être à la fois cadet et aîné de frères et /ou de sœurs. Cela implique différentes combinaisons possibles et donc des caractéristiques fraternelles différentes. Il n’y a pas vraiment de rôle fraternel précis puisqu’il n’y a pas de position précise. L’auteur suppose que ces personnes ont plus de facilités à entrer en relation, et ce quelque soit le type de relation. Par contre, lorsque ces personnes forment un couple par exemple, elles peuvent s’apercevoir qu’elles ne peuvent plus se réaliser dans tous les types de relations. Par exemple, un homme, frère aîné et cadet de frères et sœurs se marie à une femme, sœur aînée de sœurs. Cet homme ne pourra plus se comporter en frère aîné de sœurs et en frère aîné et cadet de frères. Ces personnes peuvent également se sentir des membres à part de leur propre famille d’origine et donc prendre du recul par rapport à elle (ex : partir tôt de la maison, distance du domicile, carrière professionnel particulière,…).

Dans les familles nombreuses, les positions moyennes sont multiples. En fonction de leur place dans la fratrie, les « moyens » peuvent tout de même jouer un rôle par rapport aux autres. Par exemple, un moyen du milieu peut devenir un modèle pour les plus jeunes.

Enfants uniques : L’enfant unique garde sa place et conserve l’attention des parents. Ce sont ses interlocuteurs privilégiés. Ces enfants n’ont donc pas appris directement à entrer en contact avec des pairs. L’entrée à l’école est donc vécue difficilement mais ils peuvent s’adapter. Ils entrent plus facilement en relation avec les adultes ce qui n’est pas toujours bien vu par les autres enfants. Ils se conduisent comme des petits adultes. Si des enfants viennent chez eux, ils n’ont pas à craindre de perdre l’attention de leurs parents. Ils reçoivent l’attention également des adultes à l’extérieur de chez eux et attirent certains enfants car ils s’identifient aux adultes (joue rôle de père ou de mère) et ne cherchent pas le conflit. Les enfants uniques diffèrent en fonction de la position fraternelle de leurs propres parents et surtout du parent de même sexe. Les parents qui choisissent d’avoir un seul enfant le font en fonction d’éléments médicaux, sociaux, psychologiques et de leur propre vécu (ex : traumatisme).

Jumeaux : Il n’existe pas d’écart d’âge entre les enfants donc ils n’ont pas le même vécu qu’une fratrie où il y a un aîné et un cadet. Ils ne savent pas apprendre l’un de l’autre mais s’entraident, font les choses ensemble, s’opposent et savent s’y prendre avec autrui. Les parents essayent de déterminer une position fraternelle à chaque enfant en se basant sur des caractéristiques diverses. Quand il s’agit de faux jumeaux, cela dépend du propre vécu des parents dans leur fratrie. Les jumeaux s’adaptent donc aux caractéristiques qu’on leur donne s’ils n’ont pas d’autres frère et sœur. Ils ont plus de difficultés à se quitter et recherchent des pairs frère et sœur ou jumeaux. Dans le cas où les jumeaux ont des frère et sœur, ils vont adopter tous deux le même comportement lié à leur position fraternelle. Ils sont souvent à l’écart du reste de la fratrie. L’auteur signale que les jumeaux doivent encore faire l’objet de recherches.

Après avoir envisagé la morphologie des fratries, l’auteur attire notre attention sur certains changements auxquels les familles peuvent être confrontées.

Taille des familles : Il semble que dans les familles nombreuses, les enfants « moyens » (ou du « milieu ») peuvent être négligé par rapport aux autres. Il peut aussi arriver, comme déjà dit ci-dessus, que les enfants se regroupent en sous-groupes en fonction de plusieurs critères (ressemblance, intelligence,…) mais aussi en fonction de l’écart d’âge et/ou de l’influence des parents. La fratrie peut encore subir d’autres influences si la famille compte encore s’agrandir. L’auteur signale que les familles ayant un garçon comme aîné ont tendance à fonder de plus grande famille que les autres. Aucune explication n’est apportée sur cette constatation.

Ecart d’âge : l’auteur présente les différents enjeux qui se jouent en fonction de la différence d’âge (1 ou 2 ans, 3 à 4 ans, 4 à 5 ans, 6 ans et plus). Les petits écarts d’âge vont de pair avec davantage de conflits conscients ou inconscients mais aussi avec une relation plus proche (lien plus fort) dans la fratrie. Dans une fratrie de 3 enfants, celui du milieu sera davantage influencé dans son rôle par celui qui a le plus petit écart d’âge. Les grands écarts d’âge font que les enfants ont moins tendance à s’influencer et qu’ils savent mieux gérer les conflits et les régler. Cela donne l’impression que les conflits sont plus importants. Dans les familles nombreuses, ce sont les aînés qui décident implicitement comment le nouveau-né est inséré dans la famille, etc. Le cadet n’aura d’influence sur la famille que grâce à l’aide de ses parents et si il est le seul enfant d’un sexe différent ou s’il se démarque des autres. Il existe des « sauts d’influence » et de proximité entre deux personnes adjacentes pour le suivant (ex : le second s’intéresse au quatrième plutôt qu’au troisième). Cette influence est d’autant plus grande si le nombre d’enfants qui les sépare est faible et que l’écart d’âge est faible. D’autres conditions peuvent entrer en ligne de compte.
L’écart d’âge entre les parents et les enfants et entre les parents a également une influence sur les fratries. Les parents plus âgés ont tendance à être soit trop permissif soit trop stricts. Les parents très jeunes sont souvent remplacés par leurs parents qui adoptent des comportements de grands-parents. Pour ce qui est de l’écart d’âge entre parent, un homme plus âgé que sa femme joue le rôle de père pour sa femme et ses enfants. Une femme plus âgée que son mari, elle joue un rôle de mère auprès de son partenaire et est reconnue comme celle qui détient l’autorité dans la famille.

Perte d’un membre de la famille : Les séparations dans une famille sont de différents ordres : décès, séparation, hospitalisation, abandon,… et peuvent arriver à différentes périodes et à différentes personnes. Elles ont un impact sur le vécu de chaque membre du noyau familial. L’auteur suppose que dans des familles similaires ayant perdu le même membre, certaines expériences sont les mêmes (ex : deux filles aînées âgés de 5 ans et ayant perdu leur père respectif). Cela ne veut pas dire que ce qui se passe entre les différents membres de la fratrie est identique dans deux fratries identiques. L’auteur nous présente également les différentes pertes possibles (partielles, temporaires et permanentes). Le décès est d’autant plus mal vécu dans une fratrie s’il s’agit d’un aîné : il est plus difficile de supporter l’absence de quelqu’un que l’on est habitué à côtoyer depuis des années. D’autres facteurs entrent en ligne de compte comme par exemple l’intensité du lien. Ces pertes créent de l’insécurité émotionnelle, les personnes entrent dès lors en relation avec des personnes ayant elles-mêmes vécus des deuils ou des personnes qui ne resteront pas. Une manière de soulager la perte est de remplacer la personne par une personne qui lui ressemble le plus rapidement possible. Les parents mettent beaucoup de temps à faire leur deuil d’un enfant. Ils sont sujets à des sentiments de culpabilité. Leur douleur peut diminuer s’il y a une nouvelle naissance ou alors s’ils s’occupent davantage de leurs autres enfants et les aident à mieux surmonter leur propre tristesse.

Belles et demi-fratries : Quand une famille se recompose, les enfants doivent s’adapter à de nouvelles positions fraternelles. Ceci est d’autant plus vrai que les enfants des deux fratries sont jeunes. Les conflits sont moindres si les parents acceptent chacun les enfants de l’autre. Les difficultés s’accentuent en fonction du vécu des enfants par rapport aux choix de vie de leurs parents et des nouvelles réalités de vie. Dans le cas où un parent arrive sans enfant et que le couple décide d’avoir des enfants, les vécus peuvent être différents selon que les parents font en sorte que chacun trouve sa place. Dans le cas contraire, l’aîné des nouveaux enfants est souvent le favori des parents et protége les autres enfants de la demi-fratrie. L’auteur aborde différentes réalités de vie et leurs conséquences (la perte d’un parent aimé ou pas et son remplacement, une séparation difficile ou pas et la création de nouvelles configurations familiales,…).

Enfants adoptés : Dans le cas où un couple ne peut avoir d’enfants, certains décident de se tourner vers l’adoption. Si elle est précoce, l’enfant ne sait pas qu’il a été adopté si on ne lui dit pas.

L’auteur attire notre attention sur d’autres facteurs comme la résidence, le changement de résidence, le parcours professionnel,… Il y a les facteurs génétiques, biologiques, physiologiques qui déterminent également comment un membre d’une fratrie va se comporter par rapport aux autres. Il arrive qu’un parent reconnaisse un membre de sa famille dans le visage d’un des ses enfants et se comporte avec lui comme avec ce parent. Des différences de tempérament sont également décrites en fonction de si l’enfant est l’aîné ou le cadet. Même si cela semble logique, il souligne combien il est important qu’un enfant soit désiré par ses parents et que ces derniers prennent soin de lui.

Nos relations actuelles sont teintées de nos relations passées. De plus, c’est souvent le groupe qui choisit la place qu’aura un nouveau membre (il en va de même dans le noyau familial). Quand un couple se forme, chacun vient avec ses expériences passées. L’auteur étudie la relation conjugale selon trois critères (temps, réussite, ressemblance entre différents types de relation), il s’agit du « théorème de duplication ». Si l’on s’intéresse au dernier critère, on peut dire qu’il y a des relations complémentaires ou partiellement complémentaires ou encore non complémentaires (entièrement ou intermédiaires entre les complémentaires).
Si l’on prend l’exemple des relations complémentaires, chacun des conjoints reproduit le rôle qu’il a tenu dans sa propre famille : la mari était l’aîné de sœurs et la femme la cadette de frères, chacun adopte le comportement qu’il avait dans sa fratrie.
On entend par « partiellement complémentaire », quand l’un des conjoints (ou les deux) a tenu deux rôles dans sa famille et qu’il y a au moins une des positions qui est identique à celle que l’autre a tenu dans sa famille.
Exemple de relation non complémentaire : un frère aîné de frères et une sœur aînée de sœurs. Chacun veut être le chef et chacun n’a pas appris à entrer en relation avec une personne de sexe opposé. L’auteur parle de conflits de rang et de sexe.

Les enfants uniques ont tout intérêt à trouver un partenaire ayant eu une fratrie de sexe opposé. Dans le cas des couples d’enfants uniques, la position fraternelle de leur propre parent de même sexe peut les aider ainsi que, malheureusement, les événements difficiles de la vie qui leur ont fait prendre parfois un autre rôle.

Cela ne veut pas dire qu’une relation est mieux qu’une autre. Cependant, l’auteur nous parle de « relations d’identification » et de « relations interactive ». Le premier type de relation permet aux partenaires de prendre plus d’indépendance puisque les partenaires se reconnaissent en l’autre.

L’auteur aborde ensuite le thème de l’amitié. Il est clair qu’une personne peut avoir en même temps plusieurs relations d’amitié contrairement à la plupart des relations amoureuses. La question des conflits de rang et de sexe et du type de relation (complémentaire,…) entre en ligne de compte dans les relations amicales. Certaines personnes ont besoin d’un cercle d’amis d’autant plus s’ils rencontrent dans leur couple et dans leur famille d’origine des conflits de rang et de sexe.

Les parents ont une expérience d’enfant au sein de leur propre famille qui va être utilisée plus ou moins dans leur rôle de parent. Les enfants peuvent s’identifier à leurs parents et peuvent connaître les souhaits de ces derniers. Comme on l’a déjà dit, l’enfant fait aussi l’expérience d’une fratrie dans la majorité des cas. Les comportements entre chacun des membres de la famille vont être déterminés par le comportement des parents et l’expérience liée à la fratrie. Chacun connaît mieux l’expérience de sa propre position fraternelle que celle des autres. Les enfants en grandissant savent ce qu’est un parent (ex : donne à manger) et vont utiliser certaines de ces attitudes. Mais il arrive que des enfants ne sachent pas comment leurs parents veulent qu’ils se conduisent : l’auteur dit qu’il faut alors s’intéresser à la comptabilité des positions fraternelles de chaque parent. Une fois que la famille est stabilisée (plus de naissance) chacun grandit et s’adapte à son rôle fraternel, les parents font appel à leur propre expérience dans leur famille d’origine. Un parent aura tendance à mieux pouvoir comprendre l’enfant qui tient la même position que celle qu’il a tenu dans sa famille (d’autant plus si la répartition des sexes dans la fratrie est la même que la sienne). Un parent aura tendance à s’identifier à l’enfant de même sexe et le plus proche en âge par rapport à sa position dans sa propre fratrie. L’auteur rappelle que des positions identiques ne veulent pas dire complémentarité. Si cette dernière est faible, la relation d’identification entre partenaires est d’autant plus probable (peuvent se substituer l’un à l’autre mais ne se complètent pas). Une combinaison favorable est des parents complémentaires et les enfants aussi : un père frère aîné de soeurs et une mère cadette d’un frère ont un fils puis une fille. L’identification et l’interaction réciproque sont possibles.

Des parents provenant de fratrie vont éprouver des difficultés s’ils n’ont qu’un seul enfant sauf s’ils ont pu être les aînés dans leur fratrie et que les écarts d’âge avec leurs frères et/ou sœurs étaient au moins de 4 ans. Inversement, les parents ayant été enfant unique éprouvent des difficultés à s’identifier à plusieurs enfants. Cette constatation est la même pour les parents provenant d’une fratrie de sexe opposé qui ont des enfants de même sexe, des parents aînés par rapport à leur enfant cadet, etc…

Enfin, l’auteur attire notre attention sur la parenté au sens large : grands-parents, oncle, tante, cousins. Ces personnes peuvent participer à la vie familiale d’une famille plus ou moins intensément. (Par exemple : Les parents qui ont été enfant unique ou cadet ont tendance à garder beaucoup de contact avec les grands-parents de leurs enfants ce qui leur permet d’avoir de l’aide et de conserver la relation parent-enfant. / Les parents qui ont été les aînés ont tendance à aider leurs frères et sœurs quand ils ont eux-mêmes des enfants.). L’auteur montre à nouveau par des exemples que les mariages et les naissances au sein des couples des oncles, des tantes et des cousins sont des indicateurs de l’atmosphère familiale des grands-parents. Il rappelle que le succès d’un couple « se manifeste en définitive par la capacité des enfants à contracter mariage et avoir eux-mêmes des enfants ». Il parle du calcul qui peut être fait du nombre de naissances dans un couple et le comparer à celui de chaque membre de chaque fratrie du couple. Pour ensuite calculer « le nombre moyen d’enfants pour tous les membres de la fratrie de chaque parent  » et montrer celui qui s’est le plus rapproché en nombre d’enfants de la moyenne d’enfants dans la fratrie respective de chaque parent.

Dans une deuxième partie du livre, l’auteur envisage différents portraits de fratrie et décrit le vécu de la personne, ses relations aux autres,… Il indique avec quel partenaire (et donc il décrit la fratrie de ce dernier) cela peut le mieux marcher, quel emploi semble le mieux adapté et quel type de relation la personne aurait avec ses enfants (envisage les différents types de fratries possibles chez les enfants). Cela se complique lorsqu’une personne a une position moyenne car elle doit faire la synthèse de deux portraits. L’auteur de préciser qu’une personne en position « moyenne » peut choisir entre ses deux rôles en fonction de 6 règles. Ensuite, il présente le portrait de différents couples, pour enfin terminer sur des vignettes cliniques.

Conclusion

Ce livre présente une théorie très intéressante, parfois complexe. Chaque portrait est décrit en profondeur et réfléchit de manière transgénérationnelle. La théorie peut donner des pistes de réflexion et éclairer la construction d’un génogramme. Mais il ne faut pas oublier qu’une personne fait partie de plusieurs systèmes, qu’elle a sa personnalité,…, et que donc il ne faut pas chercher à appliquer les portraits décrits au sein de ce livre coûte que coûte.

[1J’ai choisi de m’intéresser à cette thématique pour deux raisons principalement. Je pense qu’il important lorsque l’on suit un enfant ou un adolescent de pouvoir travailler avec les parents. Mais la famille ne se limite pas à ce trio. Les frères et sœurs, s’il y en a, sont des personnes qui font partie du système, qui ont des rôles, des compétences,…, et qui participent à la vie familiale. On peut parfois oublier, par exemple, qu’elles peuvent être des personnes ressources. J’ai pu notamment en faire l’expérience au sein de ma propre famille.

Les thématiques familiales (et psychologiques) sont tellement diversifiées que c’est la première fois, je pense, que je peux envisager la question des fratries de manière plus approfondies.


enregistrer pdf
Accueil | Contact | Plan du site | | Statistiques du site | Visiteurs : 8380 / 896010

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site SAVOIR THÉORIQUE  Suivre la vie du site Documents pédagogiques : conférences,videos,notes de (...)  Suivre la vie du site Notes prises lors de cours : échanges à partir (...)  Suivre la vie du site Deuxième Théorie : Réseau d’échanges  Suivre la vie du site 2007-2008   ?

Site réalisé avec SPIP 3.1.1 + AHUNTSIC

Creative Commons License