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Psychologie Évolutioniste

Résumé du livre Workman et Reader

lundi 25 février 2008 par Rulot Géraldine

Psychologie évolutionniste : une introduction.
Workman & Reader

  Préface.

Il y a toujours eu des relations entre la psychologie et la théorie de l’évolution par la sélection naturelle. Skinner a d’ailleurs construit sa théorie du conditionnement en s’appuyant sur une analogie de la sélection naturelle dans le champ psychologique (de même que la sélection naturelle accumule par un tri à posteriori des variations héréditaires, de même les « contingences de renforcement » stabilisent les schémas de comportements spontanément explorés par l’individu).

Lorenz a parlé le premier des structures innées du comportement.
Ghiselin (1973) a parlé de psychologie évolutionniste en tant que "conception psychologique de la théorie de Darwin.

La psychologie évolutionniste consiste en trois hypothèses (3 postulats)

1. les adaptations psychologiques caractéristiques de l’espèce humaine sont des traits complexes, qui ont demandé des centaines de milliers d’années de sélections cumulatives (formés entre –1,8 millions d’années et –10 000 ans). C’est dans un tel environnement que se seraient construits des schémas comportementaux répondant à des problèmes adaptatifs tels que « éviter l’inceste, identifier les plantes comestibles, capturer des animaux, détecter quand les enfants ont besoin d’aide, être motivé à leur fournir une assistance, sélectionner des partenaires de haute valeur reproductive, détecter l’agression, … »

2. l’esprit a une structure modulaire (composé d’organes mentaux variés) préstructurant l’expérience selon des dimensions adaptatives variées. Chaque module mental constitue lui-même un trait adaptatif complexe, reposant sur l’action conjuguée de nombreux gènes, ayant de ce fait requis un processus sélectif de longue durée.

3. les modules qui ont évolué dans l’environnement écologique et social du Pléistocène reflètent une évolution achevée et forment des « universaux psychologiques qui constituent la nature humaine » (cela relativise l’importance de la diversité culturelle, qui masquerait en réalité, une uniformité sous-jacente).

On considère donc que l’esprit est équipé d’instincts caractéristiques de l’espèce qui ont permis à nos ancêtres de survivre et de se reproduire et ont donné naissance à une nature humaine universelle. C’est très différent de la conception qui voit dans l’esprit à l’origine une page blanche sur laquelle un processus d’apprentissage et de sociabilisation vient inscrire ses empruntes.

La psychologie évolutionniste repose donc sur des postulats audacieux et risqués qui l’exposent à la réfutation : en effet, nous avons peu d’informations sur ce qui se passait au Pléistocène, et cette conception serait essentiellement innéiste.

  Introduction.

La psychologie évolutionniste a l’ambition de produire aussi bien des explications ultimes que des explications prochaines du comportement humain. Les explications prochaines ciblent directement un comportement particulier (par exemple nous avons des relations sexuelles parce que nous aimons cela) alors que les causes ultimes sont à chercher au niveau de la construction du comportement par la sélection naturelle (nous avons des relations sexuelles parce que cela nous donne une progéniture).

Darwin a formulé l’idée d’une évolution par la sélection naturelle, mais l’idée d’évolution elle-même est ancienne. Ce qui manquait aux anciennes conceptions de l’évolution, c’était une hypothèse sur les mécanismes du changement. Darwin l’a énoncé avec sa théorie de la sélection naturelle. Celle-ci aurait deux composantes : les variations héritables (différences transmises à la descendance) et la reproduction différentielle (progéniture + ou – nombreuse dans l’espèce).

Les applications de la pensée darwinienne au comportement humain expliquaient le plus souvent les différences culturelles en terme de différences biologiques entre les groupes. Certaines des théories de ce type ont mené à des programmes sociaux comme l’eugénisme qui avait l’ambition de contrôler la reproduction pour le bénéfice de l’espèce. Il faudrait encourager à se reproduire plus les individus dont les caractères sont bénéfiques pour la société et décourager ceux dont les caractères sont moins avantageux pour le groupe (Galton, 1865) . Beaucoup d’eugénistes étaient persuadés d’œuvrer pour le bien de l’humanité. Cette conception a été ensuite sévèrement décriée suite aux dérives (stérilisation massive d’individu dans la première moitié du 20ème siècle, puis holocauste). Cependant, la technologie actuelle nous confronte de nouveau à ce type de questionnement (recherche d’anomalies du fœtus, remplacement de gènes défectueux, thérapie génique … cela relance les questions d’éthique et la notion d’eugénisme.

Le modèle standard en sciences sociales (MSSS) a alors pris le contre pied des théories de Darwin : il se base sur 5 postulats. Les êtres humains naissent à l’état de page blanche ; le comportement humain est totalement malléable ; la culture est une force autonome qui existe indépendamment des individus ; le comportement humain est déterminé par les processus d’apprentissage, la socialisation ; les processus d’apprentissage sont généraux.

A la suite de la publication du livre de Wilson (1975), le mouvement sociologique a essayé de formuler des explications évolutionnistes du comportement humain (études systématiques des bases biologiques de tout comportement social). Si le comportement influence le succès reproductif de manière prévisible et si des comportements particuliers sont influencés par les gènes, alors, on peut dire que la sélection naturelle a modelé, jusqu’à un certain point, le comportement humain. Ces tentatives d’explications ont déclenché beaucoup de controverses scientifiques et politiques.

Les opinions divergent quant à savoir si la psychologie évolutionniste est réellement nouvelle ou si c’est une nouvelle version de la sociobiologie. La différence, c’est que la psychologie évolutionniste inclut les explications du niveau cognitif, comme la modularité (esprit doit être considéré comme composé de modules mentaux (innés et peu modifiables), chacun étant responsable d’un aspect du comportement humain).

Reproches faits à la psychologie évolutionniste :
1. pour elle, tout est adaptation, or il existe des comportements non adaptatifs
2. elle est déterministe (chacun de nos actes est réglé à l’avance). Or, si les gènes sont présents, qu’ils s’expriment ou non dans le comportement dépend de l’histoire de l’individu, du contexte dans lequel il vit, …
3. elle est réductionniste (explication du comportement par un niveau plus fondamental). Mais elle n’exclut pas les niveaux supérieurs
4. elle est politiquement incorrecte (ex : livre sur le viol, vu comme une stratégie adaptative, face à des femmes qui augmentaient ou non leur risque d’être violées)

  Chapitre 5 : Le développement social.

Comment la théorie évolutionniste peut –elle expliquer l’enfance humaine, une période aussi longue d’immaturité sexuelle si le but de l’être humain est de transmettre ses gènes.

Selon la théorie de l’histoire de vie, l’enfance sert à la reproduction, le développement est décrit en terme de décisions prises par un organisme pour maximiser sa fitness inclusive (la fitness inclusive est une estimation du nombre de gènes que les individus transmettent soit directement à leur progéniture, soit indirectement par leurs effets sur la survie d’autres apparentés) et donc, sa reproduction future. La meilleure stratégie pour un individu (peu ou beaucoup d’enfants, plus tôt ou plus tard, …) dépend de la nature de son environnement. Les enfants ont tout de même des choix à faire pour consacrer du temps et des ressources à l’amélioration de leur survie actuelle ou pour mettre en place les bénéfices pour plus tard. Par exemple, le jeu est une stratégie qui accroît le succès reproductif à venir en encourageant le développement d’aptitudes qui seront importantes à l’âge adulte. Le développement n’est donc pas un processus passif.

Pour la théorie de l’attachement (Bowlby, 1969) les attachements précoces (les relations qui dispensent les soins, habituellement la mère) peuvent avoir des effets sur la personnalité et les comportements futurs. L’hypothèse principale est ici que l’enfant construit un « modèle de travail » de lui-même et de ses relations. Il l’utilise ensuite pour guider sa conduite. Les modèles de travail sécurisés mènent en principe à des relations plus satisfaisantes et plus stables que ceux qui sont teintés d’anxiété. Ainsworth propose trois types d’attachement : sécurisé (2/3 des enfants), anxieux-évitant et anxieux-résistant. De nombreuses observations suggèrent que ceux qui ont un style d’attachement anxieux auront généralement plus de problèmes psychologiques et relationnels ultérieurs.

La théorie de l’histoire de vie combinée à celle de l’attachement laisse penser que les attachements anxieux, au lieu d’être dysfonctionnels (comme on le pense souvent) pourraient constituer des adaptations. Dans l’environnement ancestral, l’attachement anxieux peut avoir mené les enfants à adopter des stratégies destinées à maximiser leur fitness. Selon la théorie de Chisholm, l’attachement permet aux enfants de prédire leur avenir et de choisir la meilleur stratégie.

Il existe des différences stables entre les sexes du point de vue de la personnalité et du comportement, dont un grand nombre semblent très précoces. En particulier, les femmes sont plus nurturantes (terme qui reprend ce qui concerne l’éducation d’un enfant) que les hommes qui sont eux plus enclins à prendre des risques. La théorie de l’évolution rend compte de ces différences en les considérant comme le résultat, sur chacun des deux sexes, de contraintes différentes dans le processus de reproduction. Les mâles doivent entrer en compétition pour une partenaire sexuelle, et sont donc amenés à prendre des risques ; les femelles demeurent avec les enfants pour les élever, et sont donc amenées à se préoccuper de leur nurture. Quelle que soit la culture, les mâles ont plus de comportements d’approches quand ils sont bébés. On rencontre également plus d’hyperactivité, de psychopathie et d’autisme chez les garçons. Les filles sont plus empathiques et plus à la recherche de contacts. Cependant, bien qu’il soit évident que ces différences de personnalité ont des bases innées, l’apprentissage joue également un rôle.

Contrairement à de nombreux développementalistes (y compris ceux qui recourent à la théorie de l’histoire de vie) Harris affirme que l’environnement parental n’a que peu d’influence sur le développement de l’enfant. Selon sa théorie de la socialisation par le groupe, la source principale d’influence de l’environnement est le groupe des pairs. Cette théorie est controversée ; on admet souvent que ce groupe des pairs est important, mais on reste sceptique sur la non influence des parents.

La moralité (concept plus culturel et sociologique) est souvent considérée comme non liée à la nature humaine, mais des théories récentes proposent qu’elle est essentielle pour les espèces qui vivent en groupes de non-apparentés. Elle ne se résume pas à des jugements cognitifs ou au respect des règles, mais elle est liée à des émotions fortes comme la colère, le dégoût, la honte, la fierté et le respect.

Des théories récentes de la morale affirment qu’il existe une composante innée des jugements fondamentaux sur le bien et le mal. Bien qu’il puisse y avoir des valeurs morales universelles (celle qui interdit le meurtre) la majorité d’entre elles semblent acquises. Notre sens moral pourrait lui aussi faire partie de notre équipement biologique puisqu’il joue le rôle crucial de permettre la coexistence avec autrui par l’altruisme réciproque qu’il implique.

  Chapitre 6 : Psychologie évolutionniste du comportement social : relation de parenté et conflit.

Altruisme : comportement désintéressé réalisé au profit d’autrui sans considération de son propre intérêt personnel. L’altruisme de parentèle regroupe les comportement altruistes en faveur de personnes avec qui on partage des gènes (Hamilton). Cela explique les comportements de sacrifice de soi et on pense aujourd’hui que les animaux maximisent leur fitness inclusive plutôt que leur fitness individuelle.

Fitness directe : gènes transmis à la génération suivante par le biais de la progéniture propre d’un individu.

Fitness indirecte : gènes transmis par le biais de l’aide à des apparentés (l’importance des soins est d’autant plus grande que les gènes partagés sont nombreux).

Fitness inclusive : est la somme des deux

La fitness inclusive est donc une estimation du nombre de gènes que les individus transmettent soit directement à leur progéniture, soit indirectement par leurs effets sur la survie d’autres apparentés
Il n’est pas nécessaire q’un organisme ait une connaissance du comment et du pourquoi de son comportement, il suffit qu’il se comporte généralement de manière à accroître sa fitness inclusive.

L’altruisme de parentèle (népotisme) désigne le sacrifice de soi au profit des apparentés. La tendance à apporter de l’aide aux apparentés semble liée à la proportion de gènes en commun avec eux. L’aide aux autres a fait l’objet de nombreuses observations dans le règne animal et la plupart concernent le soin des parents à leur progéniture. Les évolutionnistes expliquent aujourd’hui beaucoup de comportements sociaux chez l’animal en terme de stratégies népotistes.

Une des thèses centrales de la psychologie évolutionniste est qu’il ne faut pas s’attendre à ce que tous les comportements courants accroissent la fitness inclusive : les processus sélectifs ont menés au développement d’un esprit qui, lui, a en principe eu dans le passé lointain cet effet (on doit vivre avec l’héritage de cette tendance même si cela n’est plus toujours approprié).

L’investissement parental est défini par la quantité de temps et d’énergie qu’un individu consacre à l’éducation de ses enfants. Dans certaines espèces, on produit un grand nombre de descendants mais en n’apportant que peu d’investissements à chacun, c’est la stratégie « r » (souvent dans contexte instable). Chez d’autres, on dépense beaucoup d’efforts pour chacun des membres d’une progéniture peu nombreuse : c’est la stratégie « K » (souvent dans environnement plus stable). Les évolutionnistes placent « r » et « K » sur un continuum qui va de peu à beaucoup d’investissement. Les être humains et les autres primates se situent à l’extrémité « K ».

Les parents tendent à apprendre à leurs enfants à se comporter de manière bienveillante les uns à l’égard des autres. Alexander nomme cela la manipulation parentale puisque ce sont les gènes des parents qui bénéficieront d’un tel comportement coopératif des enfants.

Pour les psychologues évolutionnistes, le conflit est un résultat naturel de la théorie de la fitness inclusive où chacun essaie de privilégier ses gènes. Une conséquence directe de la théorie de l’investissement parental, c’est que les enfants entreront en conflit avec leurs parents à certains moments de leur vie. Ce conflit parent-enfant résulte de la volonté des parents de distribuer équitablement leurs efforts à chacun de leurs enfants, ce qui n’en satisfait aucun.

Le conflit peut se révéler aigu lors de trois épisodes particuliers de la vie de la famille :
1. il peut exister un conflit entre la mère et son fœtus pendant la grossesse parce qu’ils sont en compétition pour les ressources ;
2. ensuite, la mère peut vouloir sevrer l’un de ses descendants, à un moment plus précoce que celui-ci ne le souhaiterait, pour consacrer ses investissements à un futur descendant (bien qu’il puisse être rentable pour une fratrie de s’entraider, l’investissement des parents envers l’un est forcément refusé à l’autre et un enfant n’est pas susceptible de préférer sa fratrie à lui-même) ;
3. enfin, il peut y avoir conflit entre une mère et sa fille adolescente pour déterminer laquelle doit se reproduire (si la mère est toujours en âge de le faire, sinon intérêt commun que la fille se reproduise). La mère ne partage que 25% des gènes avec l’enfant de sa fille et 50% avec le sien.

  Chapitre 7 : Psychologie évolutionniste du comportement social : réciprocité et comportement de groupe.

Quel bénéfice un individu peut-il tirer d’une vie en société ?
Alexander : on peut s’attendre à ce que les organismes d’une espèce vivent dans une société complexe dès qu’une convergence des intérêts rapporte des bénéfices supérieurs au coût qu’aurait un conflit d’intérêts.

Si la sélection naturelle a promu l’égoïsme des gènes, pourquoi les êtres humains se sacrifient-ils pour des non apparentés ?
Trivers : altruisme réciproque : les actions bénéfiques qui sont payées en retour par le bénéficiaire.
Les bonnes actions modestes sont ressenties comme gratifiantes tout particulièrement quand elles sont observées par autrui (importance que les autres confèrent à notre action).

Le « dilemme du prisonnier » a été utilisé pour étudier les relations d’altruisme réciproque :
Deux criminels sont arrêtés et on les interroge séparément. On dit à chacun que s’il dénonce l’autre, il sera récompensé et libéré alors que l’autre recevra une punition sévère, mais que par contre, si aucun ne parle, la punition sera moins sévère pour chacun d’eux. La dénonciation est une « défection » et le refus de parler une « coopération ». En principe le jeu est joué pour gagner des points.

Si les deux joueurs coopèrent, ils gagnent 3 points.
Si un coopère et l’autre pas, le premier a 0 point et le second 5 points.
Si les deux font défection, ils ont tous les deux 1 point.

Voilà le dilemme, les deux joueurs devraient comprendre qu’ils devraient en toute raison faire défection, mais ceci entraîne pour chacun un moins bon résultat que s’ils coopéraient tous les deux. Or, si on fait défection, on est sûr de gagner des points à chaque fois, plutôt que d’être une bonne poire. Cela suggère donc que les gens ne devraient pas coopérer.

En bref, le dilemme des joueurs consiste à opter pour la réciprocité (altruisme réciproque) ou pour la tricherie. Les gens ne réfléchissent pas assez pour comprendre que la double défection est la seule réponse logique.

Cela peut s’expliquer car la vie sociale est plus proche d’une série de partie de ce jeu où les mêmes joueurs se rencontrent souvent, et où on se souvient de ce que l’autre a adopté comme stratégie : la coopération réciproque devient alors plus avantageuse (on n’a que peu d’occasions de se retrouver dans des situations où le comportement social n’a aucune répercussion future).

Xénophobie : les racines sont à rechercher dans une identification forte à ceux de son propre groupe et à des stéréotypes négatifs à propos de ceux d’un autre groupe.

Sumner : ethnocentrisme : comment l’appartenance à un groupe peut mener à la fierté et au sacrifice de soi et d’autre part au mépris et à l’agression envers les autres groupes.
Si les sociétés humaines ont été largement fondées sur des actes d’altruisme réciproque et de parentèle, alors les facteurs sélectifs ont aussi mené à l’évolution de mécanismes psychologiques de détection des tricheurs et de suspicion à l’égard des étrangers tant qu’il n’est pas garanti qu’ils ne sont pas des profiteurs. Dire que la xénophobie a pu avoir une fonction dans notre passé ancestral ne nous invite pas à nous y abandonner aujourd’hui, pas plus que cela n’implique qu’au cas où nous le ferions, ce serait moralement acceptable. Avoir la disposition à développer un trait ne le rend pas inévitable.

Des expériences ont montré qu’en une semaine, on peut se lier à un groupe (arbitraire) et que le sentiment d’appartenance peut être tel qu’on utilise la violence pour rester à l’écart de l’autre groupe (formé de façon tout aussi arbitraire).
L’altruisme réciproque montre sont paroxysme au niveau des attentats suicides (donner sa vie pour défendre son clan des agresseurs extérieurs). Altruisme pour les seuls membres de son groupe.

  Chapitre 11 : Psychopathologie évolutionniste et médecine darwinienne

Ce chapitre concernant la psychopathologie est beaucoup plus détaillé que les précédents, pour lesquels je n’ai brossé qu’un résumé sommaire.

Comment se fait-il que la sélection naturelle n’ait pas pu nous débarrasser des symptômes négatifs de la maladie mentale ?

La psychologie évolutionniste nous permet de repenser la maladie mentale et physique à la lumière de trois considérations fondamentales en théorie de l’évolution :
1/ les symptômes peuvent constituer des adaptations
2/ ils peuvent résulter des contraintes qui pèsent sur les processus évolutifs
3/ ils peuvent résulter d’une discordance entre notre héritage évolutif et notre environnement contemporain.

Les psychologues évolutionnistes se demandent également pourquoi la maladie mentale est si répandue dans notre espèce.
Ils s’intéressent plus aux raisons pour lesquelles chaque problème de santé continue d’exister aujourd’hui qu’à son mécanisme causal.

I. Les maladies infectieuses et la course aux armements évolutive.

On est atteint d’une maladie infectieuse quand notre corps est devenu l’hôte d’un agent pathogène qui produit plusieurs symptômes déplaisants.
On entend par traitement le moyen de faire disparaître les symptômes et de détruire l’agent pathogène.
Mais l’approche évolutive se pose la question de savoir pourquoi de tels symptômes existent et quelle est leur fonction.

Nombre de nos symptômes pourrait être des mécanismes de défense qui ont évolué pour nous protéger.
Donc, il vaudrait peut-être mieux traiter les symptômes qui bénéficient à l’hôte pathogène et supporter quelque temps ceux qui servent à le tuer afin d’accélérer la guérison (ex : fièvre, …).

La nausée des femmes enceintes est-elle une adaptation ?
Au lieu d’être uniquement un effet déplaisant, cela pourrait être une adaptation destinée à protéger le développement de l’embryon des toxines alimentaires qui entraîneraient autrement des malformations.

Les maladies génétiques.
Il existe certaines preuves que des gènes qui nous rendent malades se maintiennent dans notre espèce parce que, au bout du compte, ils sont bénéfiques. Ex : anémie falciforme : anomalie des globules rouges sanguins qui ne s’exprime que lorsqu’un individu a les deux exemplaires du gène. Ces gènes sont surtout présents dans la région où il y a du paludisme et un seul exemplaire du gène entraîne une résistance accrue au paludisme.

Si un gène nocif ne s’exprime qu’après l’âge de la reproduction, la sélection naturelle ne peut pas l’éliminer de la population (ex : alzheimer, …) = adaptation des gènes.

II. Les problèmes psychiatriques.

Pourquoi, alors que la sélection naturelle et sexuelle favorisent les modifications positives, les désordres psychiatriques n’ont pas disparu de notre espèce ?
Nesse & Williams ont énoncé trois raisons fondamentales pour lesquelles les êtres humains d’aujourd’hui ont des problèmes psychiatriques :
1/ les gènes qui prédisposent aux désordres psychiatrique peuvent avoir aussi des bénéfices en terme de fitness inclusive (pleiotropie : effet positif du gène plus important que l’aspect négatif ; bénéfiques quand ils sont combinés à d’autres gènes)
2/ les facteurs environnementaux qui causent les désordres en question peuvent être nouveaux par rapport à ceux de notre passé ancestral (décalage temporel, changement de style de vie trop rapide.)
3/ certains désordres psychiatriques peuvent résulter de compromis de construction plus que de défauts génétiques.

Nous pouvons citer également la variabilité des traits, qui veut que l’intensité de chaque gène soit présent dans la population en fonction de la courbe de distribution normale (peu aux extrémités et beaucoup dans la moyenne).

II. 1 Anxiété : pourquoi s’en faire ?

Anxiété : sentiment général d’appréhension sur ce qui pourrait nous arriver, à nous ou à ceux que nous aimons.
Lorsque nous sommes menacés, l’anxiété concentre notre attention en nous préparant à agir d’une manière qui a du présenter un avantage pour nos ancêtres. Il valait mieux être trop anxieux et fuir devant une menace que de rester calme et de se faire tuer.

Pourquoi tant de gens présentent tellement d’anxiété ?
Nesse & Williams soulignent qu’il y a une asymétrie entre les coûts et les bénéfices associés aux excès ou aux défauts d’anxiété : les fausses alarmes sont peu coûteuses alors qu’ignorer un réel danger peut être mortel. Seulement, si on était en état constant d’anxiété, cela serait trop coûteux en terme d’énergie et de temps.

Qu’en est-il de l’anxiété en tant que maladie invalidante ?
Elle peut être expliquée par la théorie de la variabilité des traits  : les désordres anxieux, comme ceux qui concernent d’autres systèmes de défense, sont surtout des désordres de la régulation qui se traduisent par des réponses soit excessives, soit déficientes.
Une autre explication serait celle du décalage temporel  : certains aspects du désordre anxieux (agoraphobie)ont pu avoir une base rationnelle dans le passé ancien et être adaptés (ex : se cacher en temps de guerre avec une autre tribu, …). Seulement, dans le passé, il fallait bien sortir au bout d’un temps pour aller chercher de la nourriture, ce qui interrompait le cycle. Actuellement, certaines rencontres anxiogènes amènent certaines personnes à se retirer chez elles. Cela peut durer très longtemps puisque d’autres personnes peuvent leur apporter à domicile (indispensable pour survivre). La vie actuelle ne permet pas de briser un tel cycle de récompense du retrait dû à l’anxiété sociale.

II.2 La dépression : une épidémie des temps modernes ?

Distinction entre dépression endogène et réactionnelle : cette dernière est considérée comme une réponse normale à des événement qui rendraient malheureux tout un chacun (deuil, licenciement, …). La dépression endogène est considérée soit comme sans lien avec des épisodes de la vie, soit comme une réaction à de tels épisodes mais trop profonde et durable.
Les psychologues classent les désordres affectifs en deux catégories : le trouble unipolaire et le trouble bipolaire (maniaco-dépression (1% de la population) : épisode dépressif alterne avec épisode maniaque où la personne est pleine d’énergie débordante et fait de grands projets, beaucoup d’achats,… Le malade est alors ensuite très fatigué, ce qui entraîne une brève période d’humeur normale suivie de dépression assez grave).
La dépression unipolaire (5% de la population) : tristesse, abattement, retrait social, ruminations morbides mais risques suicidaires moindres que dans les troubles bipolaires.
Une personne souffrant de dépression semble se conduire de manière si inadaptée qu’on est en droit de se demander comment les évolutionnistes pourraient l’expliquer.

On a relevé trois types de modèles développés dans le cadre de la médecine évolutionniste pour expliquer ce problème très invalidant. Ces explications ne sont nullement exclusives. Plusieurs peuvent entrer en compte chez un individu en fonction de la forme et de l’intensité des symptômes dépressifs, différents d’un individu à l’autre. De même, certains de ces modèles se recoupent largement.

1/ Modèles qui s’intéressent aux causes ultimes
La dépression est un caractère adaptatif, une réponse à l’adversité. Ex : la dépression comme réponse au caractère insupportable d’un bas statut social, qui protège l’individu d’être en compétition avec des personnes de statuts élevés. (Explication par les modèles de la pléiotropie et par la variabilité des traits)

2/ Modèles qui s’intéressent à une perturbation du développement.
L’information génétique pour le développement est correcte, mais une perturbation a mené à la dépression ou à une vulnérabilité à la dépression. Ex : l’effet de toxines (alcool, …) sur le développement fœtal ; les effets de l’adversité social : une éducation anormale peut également accroître le risque de développer un désordre.

3/ Modèles qui s’intéressent aux interactions entre causes prochaines et causes ultimes.
Modèle du déclin du statut social (incapacité à s’élever ou perte de statut).
Echec dans la résolution d’un conflit interpersonnel (relation de dominance).
Modèle de l’état dépressif comme réponse à la perte (dépression permet d’accepter la défaite).

L’hypothèse de la compétition sociale.

Pour Price, nous partageons avec nos ancêtres les plus primitifs un mécanisme de soumission dans les situations de compétition : une stratégie de subordination involontaire qui sert à inhiber l’agression, émet un signal d’absence de menace et exprime une soumission volontaire.
L’état interne et le comportement explicite permettent de mettre fin à un conflit et d’ouvrir la réconciliation. Lorsque ce processus ne se produit pas, l’état de dépression transitoire se transforme en maladie dépressive durable. L’incapacité à exprimer une soumission volontaire dans notre société contemporaine produit donc des dépressions plus durables qu’auparavant (décalage temporel).

Des singes dépressifs.

Il existe une relation entre l’humeur et le statut chez les singes vervet, médiatisée par la sérotonine. Les mâles dominants ont des taux de sérotonine deux fois plus élevés que les mâles inférieurs. Lorsque le dominant perd sa place, son taux de sérotonine revient à la normale et son comportement se dégrade. Ce comportement bizarre (dépressif) disparaît si on donne à ce singe du prozac (anti-dépresseur qui élève le niveau de sérotonine). Si on donne du prozac à n’importe quel autre mâle, c’est lui qui devient le dominant. On y voit donc une relation entre statut social, neurotransmetteur (sérotonine) impliqué dans dépression et état dépressif apparent.

La dépression devient-elle plus fréquente ?

C’est dans les sociétés les plus riches et non dans les plus pauvres que le risque de dépression est le plus élevé. Nesse et Williams ont pointé deux aspects nouveaux dans nos sociétés contemporaines : la communication de masse et la désintégration des communautés.
La communication de masse : fait de nous tous un seul groupe de compétition. Si notre statut perçu est fondé sur le regard que nous nous portons à nous-mêmes en nous comparant à ceux qui nous entourent (pub, tv, …), nous pouvons devenir dépressifs. Nous pouvons également sentir que nos partenaires sont moins attirants que les pubs, ce qui peut engendrer une insatisfaction et mener à la dépression.
La communication de masse peut concourir à accentuer l’absence de perfection, la nôtre et celle de notre partenaire, à cause de la comparaison avec des images idéalisées qui font irruption quotidiennement dans nos vies, ce qui en retour, accroît le nombre de dépression.
La désintégration des communautés : la famille étendue se désintègre quand les individus se dispersent pour poursuivre leurs ambitions économiques. La solitude touche de plus en plus de gens en occident.

Créativité : la fonction de la manie.

Les différents modèles permettent d’expliquer la dépression unipolaire mais qu’en est-il de la dépression bipolaire (alternance de dépression et de manie). Il pourrait exister des avantages associés à ce type de dépression. On peut faire l’hypothèse que la maladie maniaco-dépressive a une base génétique et que les gènes qui prédisposent à la maladie comportent aussi des avantages en compensation. On a ainsi pu confirmer la relation entre la créativité et la dépression bipolaire et que ce problème se répète dans les familles. Argument évolutionniste : l’énergie, la créativité et la concentration qui accompagnent l’état maniaque ont pu présenter un avantage tel que les gènes qui y prédisposent se sont maintenus au sein de la population. Les créateurs pleins de talents sont plus productifs durant la phase maniaque (38 % de troubles bipolaires dans population artistique contre 1 % dans population générale).

Les inconvénients du traitement.

La médecine darwinienne avance l’hypothèse que la levée immédiate des symptômes pourrait faire durer les problèmes. A long terme, certains patients pourraient aller mieux s’ils laissaient leurs problèmes suivre leur cours.
De plus, si la sérotonine joue un rôle important sur le rang social et la dépression, il pourrait y avoir des problèmes quand beaucoup de personnes de grands systèmes hiérarchisés en prennent.

II.3 La schizophrénie.

La schizophrénie est indiscutablement la maladie psychiatrique la plus grave et touche 1 à 1.5 % de la population. Ceux qui souffrent de schizophrénie ont de nombreux symptômes psychotiques, des hallucinations, des délires, des désordres affectifs (réponses émotionnelles non adaptées) et cognitifs. Ils ne sont pas bien intégrés socialement et ont des difficultés à maintenir les relations. Il s’opère une division entre le malade et la réalité. Il existe des formes chroniques ou aiguës de la maladie.

La schizophrénie revient dans une même famille : est-elle donc transmise génétiquement ?

Ceux qui sont apparentés à un schizophrène ont plus de risques de développer la maladie que la population générale : au fur et à mesure que s’accroît la proportion de gènes partagés, la probabilité de développer une schizophrénie augmente. Il apparaît donc que la schizophrénie est en grande partie génétiquement déterminée. Et l’influence de l’environnement ?

Le modèle de la vulnérabilité au stress.

Une vulnérabilité est une prédisposition à développer une maladie. Etant donné que la schizophrénie n’apparaît pas chez tous les membres d’une même famille, on peut faire l’hypothèse que quelques personnes peuvent avoir une prédisposition à cette maladie qui ne s’exprime qu’à la suite d’évènements stressants. Si on accepte ce modèle, on peut parler de gènes de la schizophrénie qui cause une prédisposition et ne rendent pas la maladie inévitable.

Comment les évolutionnistes expliquent-ils la schizophrénie ?

Hypothèse : anomalie de neurotransmetteurs, atrophie du cerveau, …
En terme d’évolution, la schizophrénie est une maladie difficile à expliquer : contrairement à l’anxiété ou à la dépression, ses symptômes ne sont pas de simples exagérations des états internes normaux, pas plus qu’il n’y a de relations entre la maladie et des traits positifs.
Deux modèles ont été développés : l’hypothèses de l’anomalie de latéralisation du langage et celle de la scission intra-groupe.

L’hypothèse d’une anomalie de latéralisation du langage.

Cette maladie serait apparue chez nos ancêtres en même temps que l’évolution du langage. La latéralisation est le fonctionnement différentiel des hémisphères droit et gauche du cerveau. Le langage repose sur une coopération très précise des deux hémisphères. Les gens qui souffrent de schizophrénie auraient un pattern anormal de latéralisation du langage : ils ne traiteraient pas leur langage interne sub-vocal de façon normale et cela pourraient induire des symptômes tels le délire et les hallucinations théorie de la variabilité des traits).
Il s’agit de spéculations car beaucoup de personnes ont une latéralisation qui sort de la normale sans développer une schizophrénie.

L’hypothèse de la scission intra-groupe.

Celle-ci est étayée par le fait que beaucoup de grand leader ont du être schizophrènes (Hitler, Staline, …). Ce que nous considérons aujourd’hui comme maladie mentale peut être lié à l’exercice du leadership et se produit quand les membres d’une société deviennent insatisfaits et recherchent un nouveau leader qui proposeraient un changement radical. La manière très étrange de penser et de parler de ces chefs reflètent un point de vue sur le monde très différent.
Cela est cependant dur à prouver : ce n’est pas assez fréquent pour être adaptatif, la plupart des schizophrènes ne sont pas assez cohérents et organisés pour concevoir un plan, et nous ne pouvons affirmer avec certitude que ces leaders souffraient de schizophrénie.

Le délire paranoïaque peut-il être adaptatif ?

Les gènes impliqués dans le développement d’un caractère soupçonneux ont pu avoir des effets positifs en conférant à l’individu une sensibilité accrue aux profiteurs. Le problème est qu’il est souvent difficile de convaincre ces malades que leurs amis leur veulent du bien.

Les explications évolutionnistes qui font de la schizophrénie une adaptation à une époque reculée ou qui affirment que les gènes qui lui sont associés peuvent procurer des avantages au malade ou à ses apparentés ne sont pas particulièrement convaincantes et ne sont pas aujourd’hui acceptées. La recherche continue.

II.4 Troubles de la personnalité.

Il s’agit de patterns de comportements et d’expériences vécues durables, envahissants, et inflexibles qui s’écartent des attentes de la culture à laquelle appartient la personne et qui portent atteintes à son fonctionnement social et professionnel.
On peut les considérer comme des façons de penser et de se conduire que beaucoup de nous adoptent mais poussées à l’extrême.

Désordre spécifique de la personnalité.

Etrange / Excentrique
* Paranoïde : intense suspicion d’autrui, hostilité fréquente, très grande jalousie sexuelle.
* Schizoïde : absence de sentiments chaleureux pour les autres, indifférence, retrait social.
* Schizotypique : graves difficultés interpersonnelles, croyances étranges, magiques.

Théâtral / Erratique
* Borderline : impulsivité surtout relationnelle, émotions erratiques, imprévisible.
* Histrionique : démonstration des émotions, labilité émotionnelle.
* Narcissique : surestimation des capacités, très auto-centré, manque d’empathie.
* Antisocial : grande malhonnêteté, destructeur, manipulateur, irresponsable, agressif.

Anxieux / Peureux
* Evitant : sensibilité exagérée aux critiques, très anxieux dans des circonstances sociales.
* Dépendant : absence de confiance en soi et d’autonomie, très dépendant du partenaire.
* Obsessionnel-compulsif : préoccupé par les règles et les détails, besoin de perfection et incapable de lever le contrôle.

La psychologie évolutionniste pense que peut-être certains de ces troubles auraient été adaptés dans le passé. Ces questions se sont fondées sur les arguments du décalage temporel, de la pléiotropie, du compromis. Certains troubles pourraient être adaptatifs, alors que d’autres ne seraient que des essais dégradés d’avoir un comportement adapté. L’argumentation est plus facile à comprendre concernant les troubles qui impliquent un degré excessif d’inaptitude sociale (antisociale, histrionique).

La personnalité antisociale : les psychopathes ont-ils une stratégie adaptative ?

Aider autrui en espérant que l’aide sera réciproque peut favoriser l’émergence de comportements antisociaux, de profiteurs qui ne rendent pas la réciproque. Il se peut que l’exploitation chez le psychopathe soit une stratégie évoluée autre que la réciprocité. Dans une population bâtie d’abord sur la réciprocité, les gênes des tricheurs peuvent apparaître dans la population et y rester, puisque ceux qui ont ces gênes peuvent se reproduire.
Cependant, ces explications ne sont pas concluantes à elle seules.

Les personnalités histrionique, hyperactive, simulatrice.

Il semble qu’elles s’arrangent pour se soustraire à la réciprocité en feignant d’être malades : elles sont souvent hypochondriaques. Certains de ces troubles pourraient constituer des stratégies adaptatives qui pourraient évoquer des parasites en ce qu’ils exploitent les conditions normales de vie des êtres humains.
Ce qui empêche chacun d’entre nous d’exploiter ses amis, c’est le sentiment de honte et de culpabilité qui accompagnerait cette absence de réciprocité. Cela est adaptatif car cela nous empêche de commettre des actes antisociaux qui, à long terme, excluent leur auteur du jeu social.

Pourquoi ne sommes- nous pas tous psychopathes ?

Les facteurs sélectifs peuvent avoir retenu cette stratégie à condition qu’elle soit rare.
De plus, les facteurs sélectifs peuvent se mettre à favoriser la capacité de repérer les tricheries. Si nous avons évolué de manière à être vigilants à l’égard des profiteurs, leur stratégie est à la fois risquée et dépendante des circonstances.

Autres troubles de la personnalité : la navigation sociale avec une jambe dans le plâtre.

Il est difficile de considérer les personnalités borderline, narcissique et paranoïde comme relevant de stratégies adaptatives, ce serait plutôt des tentatives d’agir de manière adaptée. Ces gens font preuve d’une capacité limitée à déchiffrer les règles du comportement d’autrui, à développer de nouvelles stratégies comportementales et à utiliser de manière efficace le contrôle de soi. Ils nouent des relations instables. Mais, malgré tout, ils essaient d’atteindre des buts relativement normaux. C’est leur façon d’atteindre leurs buts qui les différencie des autres parce qu’ils peuvent avoir besoin, à un point anormalement élevé, d’être rassurés ou parce qu’ils sont soupçonneux sans raison ou même hostiles.

III. Conclusion, évolution et maladie ; explication ou spéculation ?

La théorie de l’évolution devrait servir à expliquer le comportement normal autant que le comportement anormal. Beaucoup d’états pathologiques pourraient se révéler en dernier ressort être soit adaptatifs dans le contexte où ils apparaissent, soit des tentatives pour faire de son mieux dans des circonstances non-optimales. Cependant, il ne faut pas tomber dans le piège qui consisterait à affirmer, sous prétexte que certains problèmes de santé peuvent être expliqués de cette manière, que l’explication évolutionniste vaut pour tous les problèmes. Quelquefois, pour une multitude de raisons, le système physiologique humain se met à dysfonctionner.
Bien des idées de la médecine darwinienne sont spéculatives.


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