Espace d’échanges du site IDRES sur la systémique

Mandat et complexité

dimanche 19 septembre 2010 par Pugin Julyane

A propos du travail sous mandat, je vous livre quelques mots au sujet d’un article de G. Hardy, Ch. Defays, H. Gerrekens, Cl. De Hesselle, J. Legreve paru dans la revue Thérapie Familiale n°1 , 1997.

Dans cet article les auteurs articulent la notion de mandat à celle de complexité.
Ayant travaillé dans une institution d’aide à la jeunesse mandatée par le SPJ, TJ, SAJ, cette articulation me paraît intéressante et stimulante, j’ai en effet souvent ressenti lassitude et pesanteur à « devoir faire, devoir faire-faire » ce qui était demandé. Autrement dit à rester dans une vision linéaire qui place le mandat au premier plan des occupations.

Dans une perspective systémique, les auteurs nous proposent de considérer le mandat comme un outil (« mandat-contenu » et de considérer comme essentiel le processus interactionnel qui en découle (« mandat-contenant »).
Le mandat pouvant être considéré « comme une tentative de certains acteurs de réduire la complexité de leur relation ; tentative qui est paradoxalement génératrice d’une nouvelle complexité qui sera le terrain d’intervention du thérapeute » (…)
« Dans la logique du mandat-contenu, le mandant détermine la réponse, dans la seconde logique, il détermine un processus qui favorisera l’élaboration de celle-ci par la personne. » (…)
« L’intervention thérapeutique sous mandat s’inscrit, dans ce sens, non pas dans la soumission opérationnelle à quelque mandat mais dans la gestion des interactions générées par celui-ci. »

Voici un exemple résumé d’une situation amenée par les auteurs.
Les intervenants, dans une situation mandatée par le TJ, sont amenés par Mme et son fils, à jouer le rôle de médiateur, d’intermédiaire…sont pris à parti.
Ils décident de prendre une position dans laquelle ils refusent de faire alliance avec l’un ou l’autre. Tant et si bien qu’au bout du deuxième entretien Mme et son fils décident de ne plus collaborer avec eux, ne sachant « jamais ce qu’ils pensent ».
Les intervenants continuent à les inviter jusqu’à l’audience, invitations à chaque fois refusées très adroitement.
Lors de l’audience, Mme demande la fin de la prise en charge car « elle préfère s’arranger avec son fils qu’avec eux, ils ont déjà d’ailleurs trouvé des arrangements qui fonctionnent. »

Nous voyons ici que c’est le processus relationnel qui a été privilégié et non la réussite d’un objectif pragmatique fixé.
Ce type d’intervention est bien entendu possible pour autant qu’existe entre le mandant et l’équipe mandatée, une définition de la relation qui permette de favoriser ce type de rapport stratégique.

Je trouve que ce petit article motive à ne pas tomber dans le pragmatisme ambiant qui considère les mandats-contenus comme plus opérationnels et pousse à percevoir nos interventions comme essentiellement normalisantes et contrôlantes.


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