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G Bateson et Palo Alto

A la recherche de l’ecole de palo alto

dimanche 1er juin 2008 par Lievens Jean-Bernard , Fabrizio Sylvie , Lebrun Elise , Godard Séverine , Martin Laure

A la recherche de l’école de Palo Alto

ED Seuil 1992

par Jean-jacques WITTEZAELE et Theresa GARCIA

Notes de lecture réalisées par :
FABRIZIO Sylvie
GODARD Severine
LEBRUN Elise
LIEVENS Jean-bernard
MARTIN Laure

Plan

Introduction :

  • Les Iatmuls,
  • le Naven,
  • la Schismogénèse
    Les conférences Macy
  • la cybernétique
  • les phnénomènes à causalité circulaire
  • la théorie des types logiques
  • les paradoxes
  • l’information
    Rencontre de Bateson avec la psychiatrie
  • le double lien

L’ecole de Palo Alto

  • Bateson et la communication
  • Les perspectives de l’Ecole de Palo Alto
    Apprentissage

Les perspectives de l’Ecole de Palo Alto

Les Iatmul, Schismogenèse, Naven.

Après plusieus mois de travail anthropologique chez les Iatmul de Nouvelle- guinée, Bateson revient à Cambridge pour rédiger une thèse de maîtrise qui a pour sujet la cérémonie rituelle des Iatmuls, le Naven.

En 1936, paraît le premier ouvrage important de Bateson, Naven.Cet ouvrage est accepté froidement par le milieu de l’anthropologie car Bateson choisit de présenter non pas une société » Iatmul » mais une seule cérémonie, le Naven.

Naven est un rituel de travestissement( les hommes revêtent les habits des femmes et vice versa) se déroulant dans la tribu lorsqu’un enfant ou adolescent accomplit pour la première fois , un acte d’adulte dont l’importance est variable( un exploit de pêche ou chasse).

Naven est une étude de la nature de l’explication ( il explique comment expliquer) .L’ouvrage recouvre trois niveaux d’abstraction .
1. Il décrit de la manière la plus neutre possible les données de la culture Iatmul
2. Ces données sont reliées de plusieurs façon en fonction de points de vue différents : émotionel, cognitif,.. .Bateson veut rendre compte de l’organisation culturelle des instincts et des émotions de l’individu et crée alors un terme nouveau l’ ethos de la culture c’est-à-dire » l’esprit caractéristique, le génie d’une institution ou d’un système »
3. Il s’attaque aux processus même de l’élaboration de ces diverses théories explicatives c’est-à-dire il réfléchit sur la façon dont on décortique les choses.

La cérémonie du Naven est une tentative de synthèse, d’une étude des manières dont les données peuvent être structurées dans un ensemble et c’est cette structuration des données que l’on désigne par « explication ».

Un concept très important développé dans son étude des Iatmuls est celui de la Schismogenèse( processus de différenciation)
Concept important car il marque le début de l’analyse interactionnelle du comportement humain.
Il faut s’attarder à la manière dont Bateson construit sa pensée, donc comment il en arrive à élaborer un concept.il utilise une méthode abductive qui est une forme de raisonnement par analogie.Pour comprendre l’organisation sociale des Iatmuls, il va utiliser ses connaissances en biologie des processus de développement embryologique chez les animaux. Bateson part de la différence entre les animaux à symétrie radiale( méduse,anémone de mer,..) et les animaux à segmentation transversale( ver de terre, homard ,..).Il va transposer de façon analogique cette organisation à l’observation sociale des Iatmuls. Ainsi chez les Iatmuls, lorsque dans un village deux groupes se brouillent et que l’un part fonder ailleurs une autre communauté les mœurs des deux restent identiques.

Il observe des phénomènes d’interdépendance du comportement des uns et des autres. Il constate que certains comportements tendent à maintenir le statu quo dans les normes culturelles, alors que d’autres amèneraient des changements s’ils n’étaient réprimés. Pour lui, il a tendance à concevoir le statu quo comme un équilibre dynamique où des changements se produisent continuellement : d’un côté il y a des processus de différenciation qui accentuent l’écart et de l’autre côté, il y a des processus qui contrarient cette tendance à la différenciation.

Les processus de différenciation s’appellent schismogenèse. Avec ce concept, Bateson franchit un pas important : pour comprendre le comportement d’un individu, il faut tenir compte des liens entre cet individu et les personnes avec lesquelles il est en relation ; la conduite d’un être humain est déterminée par la réponse de l’autre. L’explication du comportement humain passe ainsi d’une vision intrapsychique à une prise en considération d’un système relationnel de l’individu, l’unité d’analyse devient l’interaction.Bateson va distinguer deux types de schismogenèse : la schismogenèse symétrique et complémentaire.

1. La schismogenèse complémentaire : il a remarqué que quand les hommes se livrent à des comportements spectaculaires, la présence des femmes a un effet sur leur conduite.il se rend ainsi compte de la circularité du processus : les encouragements des femmes renforcent l’exhibitionnisme des hommes, ce qui entraîne plus d’exhibitionnisme et ainsi de suite. Dans ce type d’interaction, le comportement d’un individu est le complément de l’autre.

2. La schismogenèse symétrique : ici au contraire, le comportement d’un individu est le reflet en miroir de l’autre. Par exemple, si la vantardise constitue le modèle culturel d’un groupe et si l’autre groupe y répond aussi par la vantardise, une situation de compétition peut se développer dans laquelle la vantardise mène à une surenchère et ainsi de suite.
Bateson crée donc un terme nouveau qui rend compte d’un phénomène relationnel, celui-ci devant inclure la description non pas d’un seul individu mais du lien qui unit deux ou plusieurs individus.
Plus tard ce terme de schismogenèse ne sera plus utilisé mais d’autres auteurs comme Paul Watzlawick vont en utiliser le principe et parleront de relations complémentaires et relations symétriques.

Les conférences Macy

Pour se replacer dans l’époque de la création des conférences Macy, sachons que

  • deuxieme guerre mondiale
  • l’ENIAC, premier ordinateur digne de ce nom en 1945( langage binaire).
  • Albert Einstein et ses travaux sur la conservation de l’énergie

Les conférences Macy, organisées à New York par la Josiah Macy Fondation à l’initiative du neurologue Warren McCulloch, réunirent à intervalles réguliers, de 1942 à 1956, un groupe interdisciplinaire de mathématiciens, logiciens, anthropologues, psychologues et économistes qui s’étaient donné pour objectif d’édifier une science générale du fonctionnement de l’esprit, une approche interactionnelle du comportement humain. Elles furent à l’origine du courant cybernétique et des sciences cognitives.

Le thème de la première conférence organisée en 1942 est l’inhibition cérébrale. Depuis quelques temps, un certains nombres de scientifiques remarquent certaines analogie entre des procédés mécaniques ou présents dans la nature et les organismes vivants. N’y aurait-il pas des processus de régulation similaires, des causalités circulaires, entre une machine à vapeur et le taux de concentration du sucre dans le sang et la pression osmotique et la température du corps ou encore le système nerveux ? Jusque là, peu de ponts existent entre les différentes disciplines mais la réflexion est en cours, nottament au sein du célèbre Massachussets Institue of Tecnology( MIT).
Sont présents, entre autres, à cette conférence :

  • le neuropsychiatre et mathématicien Warren McCulloch.
  • le neurophysiologiste Arturo Rosenblueth,
  • le couple d’anthropologues Gregory Bateson et Margaret Mead,
  • le psychologue,Lawrence Franck
  • le psychanalyste Lawrence Kubie,
  • le psychiatre Milton Erickson, en tant que spécialiste de l’hypnose,
  • le mathématicien Norbert Wiener,
  • l’informaticien Julian Bigelow,
  • les physicien John von Neumann et Heinz von Foerster (nouvelle réflexion sur la mémoire)

A cette époque des concepts nouveaux sont avancés : le feed-back positif et négatif, le processus circulaire, les boucles de rétro-action…

La seconde guerre mondiale participera à la réflexion, obligeant la majorité des scientifiques à abandonner leurs travaux de l’époque pour participer à l’effort de guerre dans leurs domaines. Cependant, l’armée leur demande de travailler à des projets ayant des similitudes avec leurs préoccupations : les mécanismes de feed-back pour les canons anti-aériens, la désinformations des troupes ennemies…

En 1946, les conférences reprennent autour du même sujet : les mécanismes auto- correcteurs. Bateson, précédemment frustrés par le manque de théorisations existantes dans les sciences humaines y voit donc l’opportunité de combler ces carences en confrontant ses idées nouvelles, ses expériences chez les Yatmuls, avec celles de sciences où la rigueur est de mise. Il s’investit donc dans ces recherches afin de pouvoir trouver un vocabulaire commun entre les différentes connaissances des différentes sciences afin d’expliquer et de comprendre comment certains mécanismes présents autour de nous peuvent s’expliquer. Le lien entre les mécanismes de feed-back pour les canons anti-aériens et le mécanisme des mouvements volontaires chez l’homme lui apparaît évident. Ex. : certaines pathologies où les feed back se font de manière anarchique : oscillation sauvage de l’œil.

Un nouveau concept de Cybernétique émerge comme modèle pour étudier la pathologie et la normalité dans les comportements humains. Mais attention, l’homme ne se réduit pas à un ordinateur, mais est un phénomène beaucoup plus complexe.

La Cybernétique.

La cybernétique est une modélisation de l’échange, par l’étude de l’information et des principes d’interaction. Elle peut ainsi être définie comme la science des systèmes autorégulés, qui ne s’intéresse pas aux composantes, mais à leurs interactions, où seul est pris en compte leur comportement global. C’est la science des analogies maîtrisées entre organismes et machines »
Aujourd’hui, on définit la cybernétique comme « la science constituée par l’ensemble des théories sur les processus de commande et de communication et leur régulation chez l’être vivant, dans les machines et dans les systèmes sociologiques et économiques ». Elle a pour objet principal l’étude des interactions entre « systèmes gouvernants » (ou systèmes de contrôle) et « systèmes gouvernés » (ou systèmes opérationnels), régis par des processus de rétroaction ou feed-back. D’où le terme « cybernétique » qui provient du mot grec « kubernesis », et qui signifie au sens figuré l’action de diriger, de gouverner.

Alors que la première cybernétique étudie comment les systèmes maintiennent l’homéostasie par des mécanismes d’auto-régulation, la « deuxième cybernétique » étudie comment les systèmes évoluent et créent des nouvelles structures. Un nouveau terme apparaît : l’autopoïèse(vient du grec auto (soi-même), et poièsis (production, création) qui définit la propriété d’un système à se produire lui-même). Au lieu de se demander comment se maintient un certain équilibre, on observe comment un nouvel équillibre peut émerger d’une situation de déséquillibre. Prigogine(physicien et chimiste belge d’origine russe, né à Moscou reçut le prix Nobel de chimie en 1977) a montré que contrairement à ce que l’on croyait, dans certaines conditions, en s’éloignant de son point d’équilibre, le système ne va pas vers sa mort ou son éclatement mais vers la création d’un nouvel ordre, d’un nouvel état d’équilibre. Les situations extrêmes recèlent la possibilité de créer une nouvelle structure.
Dans la cybernétique de deuxième ordre, qui prend forme avec Heinz von Foerster à partir de 1950-1953, l’observateur s’inclut lui-même dans le système observé. Comme le rappelle von Foerster, « pour écrire une théorie du cerveau, il faut un cerveau ».

Avant de passer à l’étude de la communication de Bateson et l’école de Palo Alto, il est important de définir quelques concepts clés nés de la cybernétique lors des conférences Macy et sur lesquels sera fondé l’approche interactionnelle des comportements humains.

1. Les phénomènes à causalité circulaire

Précédemment, la recherche scientifique se fondait sur la méthode de Descartes qui préconisait la division, il s’agissait d’isoler chaque variable afin de les étudier séparément.
La cybernétique rompt avec cette tradition puisqu’il s’agira maintenant, non pas de s’occuper des éléments pris isolément mais bien de regarder les liens qui interagissent entre ces éléments, selon la célèbre expression « la carte n’est pas le territoire ». L’analyse de chaque élément d’un système ne permet pas de saisir les caractéristiques de l’ensemble. On n’étudie pas la structure interne (boite noire) mais les comportements observables (rupture avec les sciences de cette époque). Jusqu’alors, la science tendait d’éviter ce genre de phénomène interconnecté, se focalisant sur le simple, le particulier, le réductible.
Il devient donc nécessaire de décrire et de distinguer deux niveaux de description et d’analyse : l’élément constitutif et son fonctionnement en interrelation dans le système. La ligne droite cause- effet se transforme en cycle d’influence mutuel.

2. La théorie des types logiques

Bateson estime que dans toute communication, nous devons prendre en compte un maximum l’ensemble du système. Pour ce faire il propose de distinguer les niveaux d’analyse, c’est à dire les éléments constitutifs du système et les paramètres qui organisent ces éléments( la norme). Cette théorie lui est inspirée par Russel et Whitehad et son ouvrage Principa Mathematica( 1910) et principalement par la méthode d’abstraction mathématique qui nous fait passer intellectuellement de l’ensemble à l’élément.

Ceci afin d’éviter de tirer des conclusions paradoxales.

Exemple
Epiménide le Crétois dit :« Tous les crétois sont des menteurs. »
Et il ajoute : « Je suis un Crétois »
Il est évident que tous les Crétois ne sont pas des menteurs. Epimenide confond, aplatit deux niveaux logiques que sont l’individu et l’ensemble. Pris isolements, les deux niveaux sont vrais. Dans une phrase, il y a un paradoxe car in y a un écrasement entre le niveau 0 et le niveau 1

Nous pouvons isoler couramment certaines situations paradoxales grâce à la théorie des niveaux.

La difficulté, le paradoxe vient du fait que notre langage ne différencie pas ces différents niveaux. Le mot chat ne miaule pas, l’homme n’est pas l’Homme. Il faut distinguer la singularité de la généralité, l’objet de l’ensemble. Nous devons sans cesse passer par une opération mentale d’abstraction pour arriver à l’élément constitutif et de généralisation pour revenir à l’ensemble. On ne peut pas tirer les conclusions de l’un et généraliser ses caractéristiques à l’ensemble.
Il nous arrive beaucoup de paradoxes et nous connaissons beaucoup de ces erreurs de « classe » : les prisonniers, les jeunes des banlieues et les personnes handicapées en France…

Un paradoxe est une superposition ou un entrelacement d’idées et de propositions réputées incompatibles ou contradictoires, dans l’unité de temps et de lieu.
Le paradoxe met les gens dans une situation indécidable, dans un dilemme. Une situation paradoxale pose des choix impossibles pour qui y est confronté.

Il existe 3 types de paradoxes :

  • Sémantiques Ex : une wallonne dit « tous les wallons sont des menteurs ». On comprend bien qu’elle ment comme elle est wallonne, mais si elle ment, la phrase devient fausse, etc. C’est sans fin. Il y a deux affirmations opposées : « tous les wallons sont des menteurs » et elle se définit comme wallonne donc comme menteuse, c’est un paradoxe. La sémantique s’occupe de la signification (en linguistique).
  • Pragmatiques Ex : « N’écoutez pas ce que je vous dis ». Il y a deux affirmations opposées : je donne un message ET son contenu est un rejet du message. Quoi qu’elle fasse, la personne est toujours en contradiction avec une de ces deux affirmations. Le double lien est une forme de paradoxe pragmatique.
  • Logico-mathématiques

Ici aussi, le traitement commun et la confrontation d’idées entre les différentes sciences à permis d’expliquer cette idée de paradoxe, étant donné qu’il existe des paradoxes dans toutes les sciences et que de nombreux scientifiques y étaient confrontés sans savoir l’expliquer.

La communication et la méta-communication sont à des niveaux distincts de type logique. La méta-communication est, la communication sur la communication en cours, c’est-à-dire le type d’orientation et de pertinence et de valeur de cette communication. La méta-communication indique et signifie la sorte de relation qu’entretiennent les protagonistes. Souvent, la méta-communication est un langage « analogique » de tonalité, de mimiques, gestes, postures et mouvements corporels. Ce langage est une représentation directe dite « analogique », comme une photographie, un dessin ou une peinture de la communication non verbale.

Différents exemples de confusion des types logiques :

  • « la carte n’est pas le territoire » (Alfred Korzybski).
  • « Le menu n’est pas le repas » (Paul Watzlawick),
  • « sois spontané ! » où devenant spontané en obéissant à un ordre, l’individu ne peut pas être spontané
  • « Le chat griffe, mais le mot ’chat’ ne mord pas » (Gregory Bateson).
  • « The Rules are no Game » (Anthony Wilden)
  • « Ceci n’est pas une pipe » (René Magritte). La représentation n’est pas ce qui est représenté.

La méta- communication n’est pas la communication. La confusion de fondre l’un dans l’autre et la confusion de prendre l’un pour l’autre entre méta-communication et communication entraîne une série de paradoxes jusqu’à la double- contrainte. ( cqfd !)

Si nous considérons que l’individu est amené à traiter des centaines d’informations, à les traiter, les classer et les généraliser, il est très possible que des erreurs puissent se glisser dans ce traitement des informations, les attribuer à un niveau logique alors qu’elles sont d’un niveau différents( supérieur ou inférieur)

C’est à partir de cette réflexion que Bateson va distinguer les concepts d’ « information » et de « communication » et de « méta-communication »( 3 niveaux logiques). Mais aussi plus tard la théorie de la double- contrainte qui est un paradoxe.

3. L’information

L’information devient donc la base à partir de laquelle on va tout élaborer. Mais revenons tout d’abord sur l’apparition du concept d’information dans le corpus explicatif des sciences.

a. La thermodynamique et l’information.

Clausius définit deux lois de la thermodynamique :

La première loi explique que l’énergie du monde est constante. Ici est donc visée la quantité de l’énergie dans le monde. Cette énergie est donc transformable mais identique.
La seconde loi est que l’entropie du monde tend vers un maximum. Le principe des vases communiquant rend bien compte de cette loi, tout comme la température corporelle ou d’une maison : la propagation de la chaleur tend toujours à établir une distribution homogène de température dans le corps où elle se produit. Si on ouvre toutes les portes d’une maison, la chaleur va donc se répartir équitablement entre toutes les pièces de cette maison.

La tendance à l’entropie est donc la tendance au chaos…Plus l’étendue est large, plus il est difficile de retrouver un élément dans cette étendue étant donné qu’il peut avoir été distribué partout. Autrement dit, toute chose, si on la laisse à elle-même, tend à devenir moins ordonnée (bien que restant quantitativement constante). L’entropie est liée à de l’information manquante. En effet, à moins qu’intervienne une source d’énergie supplémentaire, l’entropie ne fera qu’augmenter. Nous nous dirigeons donc vers la probabilité…la prédiction d’éléments plus ou moins probables pour calculer ces phénomènes.

Le temps devient donc une variable importante. Il existe des phénomènes irréversibles. Nous allons donc apercevoir une nouvelle rupture avec les lois physiques héritées de Newton selon lesquelles tout processus physique était irréversible donc atemporel.

Cette deuxième loi est anthropomorphique dans le sens où elle en dit plus sur les limites que la nature impose à l’homme dans sa connaissance de la nature que sur cette nature elle-même. Nous allons donc étudier l’interaction entre le monde extérieur et l’observateur qui l’étudie (concept que nous retrouverons en systémique).

b. Shannon et l’entropie

Shanon étudie le passage d’information entre un émetteur et un récepteur. Il pense que toute information n’existe que si l’émetteur dit quelque chose qui change la connaissance du récepteur, qui réduit son incertitude (exemple du jeu Qui est-ce ?)
L’information est donc vue comme une restriction, une contrainte du système qui prévoit le contrôle et la prévision. On parlera ici de quantité d’information ou de degré d’organisation comme de néguentropie (inverse de l’entropie qui désigne le degré de désorganisation.

c. Information et énergie

Jusqu’alors et avec notamment Newton et Freud, tout évènement est examiné comme un budget de masse et d’énergie. Pour Bateson, l’énergie comme base de l’explication du comportement humain est une analogie physique inadéquate. Prenons un exemple d’énergie transmise : une boule de billard qui percute une autre boule. Il y a donc une quantité » d’énergie transmise mais aucun feed-back n’est possible. Le déplacement de la deuxième boule est uniquement déterminé par la force de l’impact. Pour les éléments en interaction régulée, le comportement d’un élément est lié à d’autres facteurs déterminants ou contrôlant qui définisse l’organisation, l’ordre les contraintes du système. La question d’énergie ne joue pratiquement aucun rôle. Nous voyons apparaître une nouvelle fois une rupture définitive avec l’explication psycho dynamique traditionnelle. Pour ces dernières, l’énergie n’est pas considérée comme une quantité physique réelle mais elle est prise comme une acceptation analogique. Nous entendons ainsi parler de quantité d’énergie mentale ou psychique (la libido, la bioénergie), mais pour les systémiques l’analogie avec la théorie de l’énergie en physique traditionnelle ne permet pas de rendre compte des caractéristiques spécifique des organismes vivants, notamment des processus récursifs. Il s’agit donc s’un outil inadéquat.

Prenons un exemple : le potentiel d’agressivité d’un individu. Il s’agit d’une image et pourtant nous allons lui donner une réalité quasi matérielle en cherchent des moyens de « vider ce trop plein d’énergie (sport, arts martiaux, douches froides…) Nous la traitons donc comme si elle était physique et non plus psychique. Et si nos recommandations n’avaient pas d’effet, quelles possibilités nous resterait-il ? Isoler cet individu néfaste derrière des murs ou des barreaux ? La métaphore a révélé ces limites… En effet, si celle –ci est passée dans le langage courant, ce n’est pas elle qui sera revue mais c’est l’individu qui sera puni pour ne pas avoir pu y correspondre. Nous voyons donc ici comme le choix d’un modèle explicatif est important.
Mais revenons-en à l’étude de la communication.

Rencontre de Bateson avec la psychiatrie

En 1948, Bateson accepte la proposition d’un psychiatre suisse installé à San Francisco : Jurgen Ruesch. Ensemble, ils vont étudier la communication en psychothérapie. Bateson est introduit comme chercheur à hôpital psychiatrique pour anciens combattants de Palo Alto.
Pour Ruesch et Bateson, la notion de communication est centrale dans la compréhension des troubles psychiatriques. Ils s’étonnent donc qu’on n’y parle que de « personnalité ».
Ils écrivent un livre : « La communication : matrice sociale de la psychiatrie » publié en 1951. Il s’agit, pour Bateson, de tenter une première application, au monde des sciences humaines, des idées développées pendant les conférences sur la cybernétique.
Nous pouvons dégager trois directions principales dans sa recherche :

1) Psychiatrie et épistémologie

A la manière anthropologique, Bateson questionne la « tribu » de psychiatres de l’hôpital du Dr Ruesch et essaie de mettre en évidence les prémisses de leurs interventions thérapeutiques : leur définition de la réalité et de la normalité, leur conception de la causalité. Bateson explique que cela a des conséquences importantes sur leur façon d’envisager le traitement.

Bateson se rend compte que, tout comme c’était le cas dans les autres domaines scientifiques, il faut que la psychiatrie inclue l’observateur et le théoricien dans le système observé. C’est avec la cybernétique de deuxième ordre que les systémiciens ont mis en évidence le fait que le thérapeute fait partie intégrante du système qu’il tente de modifier. Le thérapeute a donc toujours une position de « participant observateur », il est toujours inclus dans le système thérapeutique dont il est question.

DONC : Bateson se rend compte de l’impact qu’ont les croyances et principes du psychiatre sur le traitement qu’il propose ET il découvre que le thérapeute ne peut pas être un observateur neutre, qu’il a une influence d’une façon ou d’un autre sur le système qu’il étudie.

2) Vers une théorie interactionnelle de la communication

Bateson pose alors les premiers jalons d’une approche interactionnelle du comportement, d’une théorie de la communication.
Il le fait en appliquant les principes de la cybernétique à la communication humaine. Son point de vue repose sur trois piliers : la biologie, l’anthropologie et la psychiatrie.
Bateson focalise son approche sur la relation interpersonnelle proprement dite, sur l’échange d’informations entre les individus.
Cela s’oppose à la vision de cette époque qui disait que les troubles psychiatriques sont des troubles propres à l’individu, qu’ils font partie de sa personnalité.

3) Communication et types logiques

Bateson teste la pertinence de la théorie des types logiques pour l’étude des échanges interpersonnels. Selon cette théorie, il est nécessaire de distinguer différents niveaux d’analyse. Dans les échanges humains, nous pouvons communiquer bien sûr (= premier niveau) mais nous pouvons aussi communiquer sur la communication (= second niveau). C’est la métacommunication.
La présence simultanée de ces différents niveaux d’abstraction dans la communication laisse supposer la possibilité de confusions de niveaux dans l’échange, de paradoxes.
Bateson va étudier les communications paradoxales dans les familles dont un des membres est schizophrène.

L’étude du double lien : vers une théorie de la schizophrénie

En 1956, Bateson, Jackson, Haley et Weakland écrivent « Vers une théorie de la schizophrénie » où il décrivent pour la première fois la double contrainte (ou le double lien ou le double bind).
Que se passe-t-il lorsqu’un individu est soumis à des messages simultanés qui sont non seulement contradictoires mais qui, en plus, renvoient à des niveaux d’expérience différents. Bateson suggère que la psychose peut déjà trouver racine dans la première enfance, dans la relation entre la mère et son enfant.
La mère du petit schizophrène émet un message contradictoire – elle demande à son fils d’être affectueux mais, en fait, son corps se raidit quand son fils s’approche d’elle. Il y a donc contradiction entre le message verbal et le message non verbal, et l’enfant est pris dans le piège d’une injonction paradoxale, du type « approche-toi, mais à condition de rester éloigné ».
La mère crée un paradoxe chez l’enfant, un double lien.
Cette hypothèse du double lien ouvre un nouveau champ d’investigation : Bateson n’envisage plus la psychose comme une pathologie individuelle mais comme la résultante d’un pattern de communication perturbé au sein de la cellule familiale. Le contexte donne au symptôme sa fonction, c’est-à-dire que le symptôme a une fonction dans le contexte familial.

Selon Bateson, le double lien est composé de six éléments :

1) Deux ou plusieurs personnes

Dont l’une est la « victime » et l’autre est « la personne contraignante ». Le double lien peut être infligé par la mère seule ou par quelque combinaison mère, père et/ou autres.

2) Expérience répétitive

Le double lien est un thème récurrent dans l’expérience vécue de la victime. Il ne s’agit pas d’une expérience unique traumatique mais d’une expérience répétée telle que la structure en double lien devient une attente habituelle.
Les doubles liens sont quotidiens mais ce qui est toxique c’est la répétition du même type de double lien.

3) Une injonction négative primaire

Elle peut être « Ne fais pas ceci ou je te punirai » ou « Si tu ne fais pas ceci je te punirai ». Cette punition consiste en un retrait d’amour OU une expression de haine ou de colère OU l’expression d’un désarroi parental.

4) Une injonction secondaire qui entre en conflit avec la première mais à un niveau plus abstrait et qui, comme la première, est sanctionnée par des punitions ou des signaux qui mettent en péril la survie

L’injonction secondaire est communiquée en grande partie par des moyens non verbaux et elle peut concerner n’importe quel élément de la première injonction.
Exemple : « ne considère pas cela comme une punition »
« ne me vis pas comme l’agent de la punition »
« ne te soumets pas à mes interdictions »

5) Une injonction négative tertiaire qui interdit à la victime d’échapper à la situation

Cette injonction n’existe pas toujours sous forme séparée des autres. Il s’agit plus souvent d’un contexte qui ne permet pas de métacommuniquer et duquel on ne peut s’échapper. C’est-à-dire qu’il s’agit de personnes engagées dans une relation intense, qui a une grande valeur vitale (c’est ce qui différencie le double lien du paradoxe).
Ex : famille, amitié, amour, psychothérapie, etc.

6) Finalement, l’ensemble des ingrédients n’est plus nécessaire quand la victime a appris à percevoir son univers selon des schèmes de double lien.

Presque tout élément d’une séquence de double lien peut être alors suffisant pour déclencher une réaction de panique ou de rage. S’il y a un double lien durable, l’individu s’y attendra comme à une chose allant de soi, naturelle.

Le message a une réalité pragmatique, la personne ne peut pas ne pas y réagir mais elle ne peut pas non plus y réagir de façon adéquate, non paradoxale puisque le message lui-même est paradoxal. La personne y réagit donc par un comportement paradoxal, schizophrénique.

Plus tard, le groupe de Palo Alto a précisé que le double lien constituait une condition nécessaire mais non suffisante dans la genèse de la schizophrénie.

Exemple tiré du livre de M. Dessoy : ANNE.
Retrouvez les six éléments du double lien.

Réponse :

1) Deux ou plusieurs personnes
La fille en victime et la mère en personne contraignante

2) Expérience répétitive
OK

3) Une injonction négative primaire
Message verbal : elle doit grandir, devenir plus autonome, plus adulte, gérer sa propre vie (par exemple : en faisant du sport, en allant régulièrement à l’école). Cela implique une forte distanciation.
« Si tu ne deviens pas plus autonome, je te punirai » (via la colère, l’expression d’un désarroi parental).

4) Une injonction secondaire qui entre en conflit avec la première mais à un niveau plus abstrait et qui, comme la première, est sanctionnée par des punitions ou des signaux qui mettent en péril la survie
En même temps : message non-verbal qui contredit le premier : la mère définit sa fille comme devant rester dépendante de sa mère (sinon : désarroi parental). Cela implique une grande proximité physique.
Par exemple, la mère empêche Anne d’aller à l’école ou elle lui signifie que le sport lui fait du tort. Elle lui signifie implicitement « ne te soumets pas à mes interdictions ».
C’est comme si la Maman lui disait « ne te soumets pas à mes gestes » (lui lacer son soulier, parler à sa place, etc.), mais elle ne laisse pas le choix à sa fille.

5) Une injonction négative tertiaire qui interdit à la victime d’échapper à la situation
La relation mère-fille est vitale et s’inscrit dans un contexte qui ne permet guère à Anne de métacommuniquer sur le non-sens des messages de sa mère. En effet, si elle le faisait, ce serait une preuve supplémentaire de son immaturité.

6) Finalement, l’ensemble des ingrédients n’est plus nécessaire quand la victime a appris à percevoir son univers selon des schèmes de double lien.
Quoi qu’elle fasse, Anne n’est jamais conforme aux attentes de sa mère, elle est l’objet d’un déni de ses capacités à grandir. Anne étant tellement prise par cette relation paradoxale, elle ne sait que bredouiller chez le psychologue. De ce fait, elle ne peut que réalimenter, malgré elle, l’attitude de sa mère dans l’espoir qu’un jour, peut-être, elle recevra une définition non paradoxale d’elle-même. Pour l’instant Anne se définit ainsi « je suis une jeune fille de 15 ans qui reste une enfant dépendante de sa maman ».

L’école de Palo Alto :

L’histoire du groupe de Palo Alto raconte celle de la pensée et de l’action, les deux grands pôles de l’activité humaine
Watzlawick dit , « si tu veux voir, apprends à agir » et Bateson nous dit comment apprendre.

1) Bateson et la communication, les influences de l‘équipe de Palo Alto :
Il est important de préciser un changement de concepts selon l’évolution de la pensée de Bateson.

A) La différence que fait la différence :

Pourquoi Bateson s’est il intéressé à la différence ? Pour lui il n’y a que dans la différence que nous pouvons percevoir.
Effectivement, si on se trouve dans un milieu uniforme, nos sens cesseront vite d’être stimulés et l’on ne percevra plus rien.
L’idée est la suivante, l’existence d’une infinité de différences dans notre environnement, ne deviendront des informations que celles qui auront un effet sur notre organisme et ce en tenant compte des limites de nos organes sensoriels.
→il s’agit donc d’une notion interactionnelle.
La différence ne se situe nulle part, elle est une relation entre les choses et une relation abstraite.
De ce fait, l’information consiste en des différences qui créée la différence.

Pour Bateson, le monde des idées ne se limite pas à l’homme mais à des circuits composés d’éléments qui peuvent traiter l’information ( comme par exemple : une forêt, un être humain, ….).

Il distingue donc le monde matériel et le monde des idées :
 Le monde matériel : la « cause » d’un évènement est une certaine force ou impact exercée sur une partie du système matériel par une autre partie de celui-ci : une partie agit sur une autre.
 Le monde des idées : il faut une relation entre deux parties, soit entre une partie dans un premier temps et cette même partie dans un deuxième temps pour activer une troisième partie (le récepteur).Lorsque le récepteur réagit, il réagit à une différence ou un changement.
A noter que la différence que l’on perçoit est une transformation de la différence de base.
Exemple :
La perception visuelle d’une pomme n’est pas la pomme elle-même mais une image de la pomme.

B) Le codage de l‘information :
Il s’agit de la façon dont les évènements du monde extérieurs sont
transformés en informations symboliques donc transmissibles.
Tout message qui voyage dans un circuit subit des transformations.
Qu’est-ce que le codage ?
Le codage est une transformation d’un certaine type entre les
Données de l’input et celle de l’output d’un circuit. Le type de codage est donc le type de redondance qui s’établit entre deux
ensembles.

Existence de différents types de codages :

 Le codage analogique :
Repose sur la quantité et la mesure ( une certaine quantité d’un certain x sera utilisée pour prédire une certaine quantité d’un certain y).
Exemple, l’augmentation de la température est transformée en une élévation du mercure.

Pour la communication humaine, l’ampleur d’un geste, de la voix, représente des analogies pour l’expression d’un sentiment par exemple. Mais la communication humaine ne se limite pas aux comportements non verbaux.
De plus, en ce qui concerne les gestes et les mimiques nous devons prendre en compte l’influence des conventions culturelles.
→de ce fait des erreurs de décodage sont possibles.

 Le codage digital ( numérique) :
Repose sur un comptage. L’exactitude dépend de la précision des distinctions.
Exemple, dans la photographie, plus le grain est fin plus la photo est
nette.

 Le codage iconique :
L’information y est organisée sous la forme d’une image. En effet, l’image synthétise une grande quantité d’information. Le danger est donc que l’on attribue une trop grande crédibilité à l’image en oubliant qu’ il s’agit d’une transformation.

 La« partie pour le tout » :
Nous n’avons jamais la possibilité de voir l’entièreté des éléments ( arbres, personnes, …) et nous en déduisons les restes.
Utiliser une partie de combat, de menace est différent que l’engagement d’une d’attaque directe.
Le danger est donc est attribue la partie à un tout qui ne lui correspond pas.

 Le codage holographique :
Les « images » mentales tiennent de à l’écho ou de la résonance. Bateson signale que l’homme pourrait coder les évènements selon un
système semblable.
Exemple : un aveugle qui entre dans une pièce qui lui est familière et de laquelle on a retiré un meuble sans l’en prévenir. Il arrive que l’aveugle « sente » qu’un changement s’est produit dans la pièce.

Nous pouvons donc dire que la communication est très riche.

C) L‘interaction :

 Le contexte, le choix et ensemble de référence :

Dans la communication, le contexte a toute son importance. En effet, le contexte a des aspects objectivables mais il est dépendant de l’apprentissage à partir duquel on considère l’évènement. De ce fait à partir de ce moment le contexte est subjectif.
Qu’est-ce que l’aspect subjectif ?
Le contenu d’un message pour l’émetteur est fonction de l’ensemble de référence dont ce message est un élément. Le fait de savoir si le message sera compris de la même manière par le récepteur dépend de son système de référence.
Ainsi, le contexte est donc un concept relativiste, si l’émetteur d’un message choisit un élément dans un ensemble de possible, le récepteur va l’interpréter selon son propre système de référence.
Que sont les aspects consensuels du contexte ?
C’est que l’on peut appeler un ensemble de référence commun : le langage, les habitudes, la culture. Néanmoins, chaque individu par son expérience personnelle, son milieu, se construit son propre système de référence et sa grille de décodage.

Toute communication représente un choix, une sélection parmi un ensemble de possibilités. Tout message doit être considéré en référence à un ensemble qui n’est pas figé. Il est divisé en sous ensemble, ce qui rend l’échange peu défini. Ce qui revient à dire que si l’émetteur choisit un terme par rapport à un ensemble de référence précis pour lui, il n’est pas évident que le récepteur va lui attribuer le même ensemble.

Exemple : un mari rentre chez lui avec bouquet de fleurs. Qu’est-ce que son épouse va attribuer à ce geste ?Tout dépendra du contexte dans lequel cet acte s’est produit. Elle peut comprendre ce geste de différentes manières, il a quelque chose à se faire pardonner, il veut me montrer son amour , il veut me mettre dans de bonnes conditions pour me demander quelque chose. Il est donc évident que l’ensemble de référence auquel l’épouse va attribuer le message diffère de celui envisagé par le mari, le couple peut donc vivre une soirée orageuse.

L’information véhiculée par un message dépend de l’ensemble auquel on l’attribue. L ‘ensemble de référence est donc une notion subjective et relativiste. C’est le point de vue de l’émetteur du message qui permet de préciser l’ensemble.
Nous pouvons donc nous laisser aller à supposer que tout le monde partage notre propre ensemble de référence. Or ce n’est pas le cas.
Par exemple : des phrases telles que je voudrai mieux communiquer avec mon mari, mon fils va mal tourner, je suis malheureux, mon couple est une catastrophe, …
Elles peuvent être dénuées de sens si on ne prend pas la précautions de demander à l’émetteur de préciser la signification qu’il leur attribue ( en réalité nous cherchons à connaître quel est l’ensemble de référence correspondant à la personne qui s’exprime).

 Diversité, redondance et règles interactionnelles :
Existence de redondance entre deux ensembles d’interaction sur l’apparition d’un élément du premier ensemble entraîne une restriction dans la liberté ou la possibilité d’apparition de n’importe quel élément dans le second ensemble.
En d’autres termes, l’apparition d’un élément X dans le premier ensemble impose une contrainte dans le second.
Par exemple : un jeune couple décide de s’installer , existence de période de tâtonnement pendant laquelle les partenaires devront prendre des risques, oser certaines conduites qui seront suivies de réaction de la part de l’autre. Cette période d’essai et d’erreur permettra à chacun de mieux se connaître. De découvrir les comportements appréciés et ceux à éviter car ils provoquent des réactions non souhaités. Ainsi ils vont construire les habitudes de la vie quotidiennes. L’hésitation du début a donc laissé place à l’assurance, chacun est devenu plus prévisible pour l’autre.

Sans redondance l’apprentissage ne serait pas possible et pas utile car rien ne serait prévisible. En d’autres termes la redondance définit les règles de la relation entre les deux partenaires.
Pour Bateson, l’essence de la communication :
 c’est la création de la redondance,
 la réduction du hasard par les restrictions imposées par le contexte,
 L’apparition de modèles et de structures nous permettant de nous adapter à notre milieu,

D) communications et relations :
Voici comment l’échange d’information s’organise et se structure dans la communication humaine, et les liens que celle-ci noue dans notre vie sociale.

 Les relation sont symétriques et complémentaires

 Utilisation de la ponctuation, nous découpons notre univers en ensembles distincts au point de vue spatial (objets, personnes,…) et temporels ( séquences causales, …).Nous percevons des séquences dont les éléments nous semblent reliés de manière causale. Et tenons compte du fait également que l’apprentissage culturel se greffe sur cela. En se considérant comme spectateur de notre environnement nous nous excluons de la causalité linéaire. Nous nous considérons même comme des « réactants » comme l’autre fait telle chose et bien j’agis de telle manière. En ponctuant les phénomènes on les découpe en séquences interactionnelles ce qui nous permet de « décider » quels sont les effets et les causes d’un phénomène ;

 Le niveaux d’un message, ceci recouvre le 1er axiome de Watzlawick
« on ne peut pas ne pas communiquer ». Cela renvoie également au contenu du message ( un message n’est pas autre)et la « relation ».Tout message contribue à la définition de la relation entre les deux interlocuteurs, il désigne la manière dont on doit entendre le message et de ce fait la relation entre les partenaire.
→il est donc méta communicatif
Selon le contexte de l’échange, un message pourra être plus ou moins important pour la relation mais les deux aspects sont toujours présents. Il serait donc abusif de croire que les messages non verbaux sont uniquement relationnels et les messages verbaux du « pur contenu ».

On peut également parler de méta communication, qui par définition signifie « une communication sur une communication ». La méta communication s’adresse à un ensemble de messages et les classifient. Elle est donc importante en cas d’incertitude relative au sens du message, elle précise dans quelle catégorie le message émis va être classé.
Exemple :
Le mari rentre il trouve sa femme devant la télévision, il lui dit bonjour elle lui répond distraitement. Le mari peut donc classer le comportement dans la catégorie « désintérêt », « signaux de mauvaise humeur », …Par contre si l’épouse vient ensuite près de lui et lui dit « excuses moi mais le film était passionnant et je ne voulais pas rater la fin ».A ce moment elle précise comment elle souhaite que son mari décode son comportement.

A noter, que les mots utilisés pour méta communiquer sont les mêmes que ceux utilisés dans le langage courant. De ce fait, il n’est pas toujours évident de distinguer ces deux niveaux de communication et cela peut mener à des escalades.

Par exemple, si l’on reprend la situation cité ci-dessus : le mari n’accepte pas de considérer l’explication de sa femme comme une méta communication et la remarque de son épouse peut donc être prise comme un affront supplémentaire : « oui, oui, continue je vois bien que tu as décidé de m’ennuyer ce soir ».

Le contexte est susceptible de révéler des ambiguïtés que seule la méta communication explique ou donne des informations sur l’ensemble de référence de l’émetteur. Ainsi, il est possible de lever les ambiguïtés

Qu’est-ce que la méta communication ?
Méta communiquer ne sous entend pas que l’on détient la solution idéale à la résolution des conflits.
La méta communication demande une prise de recul par rapport au discours, le contenu de la méta communication devient interactionnel : on parle de la relation entre soi et l’autre. Nous sommes donc dans un niveau de logique supérieur car on touche le domaine des règles relationnelles.
Le partenaire peut refuser de laisser l’autre exercer un « contrôle » sur la relation. Ainsi toutes les conditions sont réunies pour une escalade tant que les règles n’auront pas été renégociées.

2) Les perspectives de l’école de Palo Alto :

Les recherches du groupe ont également été enrichies par les travaux de Ilya Prigogine, un chimiste belge d’origine russe, il a montré que dans certaines circonstances les systèmes utilisent certains éléments de leur environnement pour créer une nouvelles structure stable et autonome.
Les systèmes s’articulent en agencement singuliers, sensibles aux circonstances et susceptibles de mutations.
De ce fait, certains thérapeutes familiaux on peut en tirer des modèles d’évolution des familles en crise, c’est-à-dire loin de l’équilibre ou arrivé à un « point de bifurcation ». Dans ce modèle, l’intervention du thérapeute est assimilée à un catalyseur de structure dissipative, pourvoyeur de l’information nouvelle pouvant permettre au système déstabilisé de créer une nouvelle structure après s’être débarrassé des symptômes indésirables.

Pour Bateson , il existe deux types de changement :

A) Le changement coévolutif :
Pour Bateson, le changement c’est avant tout l’évolution. D’un point de vue individuel, l’organisme est soumis à des pressions du milieu et doit trouver les moyens de s’y adapter « en choisissant la nouveauté » qui lorsqu’elle sera intégrée lui permettra de survivre dans son environnement. Par contre les modifications individuelles ne seront pas transmises à la descendance afin de ne pas rigidifier le processus de survie de l’espèce.
D’un point de vue interactionnel, vivre ensemble c’est s’influencer réciproquement. Tout signal, toute information impliquent une réaction donc une modification, un changement.

En effet, l’homme durant ces contacts avec le milieu, évolue, apprend et change. Il apprend à se comporter socialement en s’adaptant aux contraintes de ses relations interpersonnelles, sa famille, ses groupes d’appartenance, les différents membres de la société dans laquelle il vit…

B) Le changement intentionnel :
Là on est dans le domaine du conscient, c’est-à-dire celui du changement délibéré, planifié.
Dans ce type de changement on peut parler également :
 du changement qualitatif
 du changement quantitatif

Ce qui signifie que lorsque la solution n’apparaît pas directement , lorsqu’elle n’émerge pas du contexte , nous devons analyser le problème de manière consciente, nous faisons donc appel aux leçons que l’on a pu tirer de nos expériences passées.
Il faut savoir que certains éléments du contexte restent aléatoires ce qui laisse place aux déviations de trajectoires, aux bifurcations, aux catastrophes,etc…

Voici les perspectives de recherche pouvant être intéressantes pour la psychothérapie :
 Préciser le problème ( préciser les processus de codage, les liens avec nos réponses émotionnelles, la formation de nos valeurs, …)
 Définir l’objectif du problème : au plus objectif est précis au plus la régulation sera aisée.
 Envisager les moyens : sont-ils adéquats ?la manière dont nous tirons les leçons de nos expériences, les mécanismes de logique de nos raisonnement, le rôle de la volonté dans le processus global d’adaptation au milieu…

Ce schéma peut s’appliquer à n’importe quel type de changement
intentionnel.
Il s’agit d’éléments qui ont été mis en avant par le groupe de Palo Alto donnant des perspectives intéressantes relatives à la recherche en communication et relation humaines. Ceux ci ont été complétés par l’étude du contrôle, consensus, de la manipulation et la stratégie.

On pourrait terminé en résumant leurs recherches dans cette phrase : « Penser globalement pour agir localement »

3) Applications actuelles des théories de l’école de Palo Alto :

Le fait que Palo Alto a mis au point un « processus d’intervention sous la contrainte » et un « processus d’intervention dans les situations de crise » a contribué à la diffusion de son modèle dans des contextes spécifiques notamment :

 le milieux de la psychiatrie
 La protection de la jeunesse
 Le milieu scolaire ( question de la phobie scolaire, de l’absentéisme, du vol, difficultés d’intégration, violence, etc…).Le travail s’organise soit avec les élèves et/ou les parents, soit avec la direction, soit avec les professeurs.
 Les centres hospitaliers
 Les organisations et les entreprises
 Le coaching, l’intervention dans les organisations et les relations de travail, l’insertion professionnelle.
 A Liège, Thérésa Garcia a mis en place une méthode de « négociation familiale » permettant de travailler avec les parents se disputant l’hébergement des enfants après la séparation et à qui on ne peut pas proposer un travail de médiation.

La considération utilisée est la suivante, chaque patient est unique et la mise en œuvre de le stratégie dépend de la relation qui s’établit entre le patient et le thérapeute et de sa capacité à maîtriser les modes de communication favorisant le changement.

Jean Jacques Wittezaele et Henri Waterval ont montré que « l’approche stratégique » est adapté au travail des assistants de justice dans le cadre des missions civiles, la médiation pénale et l’aide aux victimes. En effet, elle allie une cohérence d’intervention et constitue un apport technique dans l’établissement de la relation de confiance permettant de mettre en place la relation d’aide et de contrôle nécessaire à la mission.
Par contre la « vision interactionnelle » est applicable au problème de harcèlement sexuel, le décodage du phénomène, d’escalades symétriques permet d’élaborer des contre stratégies qui redonnent du pouvoir aux victimes de harcèlement.

Application des concepts de Palo Alto aux entreprises :
En réalité lors de l’intervention on évite de construire un diagnostic sur base d’un fonctionnement idéal mais on intervient.
Très souvent le personnel signale le mauvais climat dans l’entreprise, les problèmes de communication, le question de « la brebis galeuse »..
Le consultant doit se montrer insistant mais il va plus facilement déterminer un objectif d’intervention ( plus évident de définir les critères de « bonne santé » d’une entreprise que ceux d’un être humain).
De plus, les changements sont davantage quantifiables en terme d’amélioration, de performances, d’augmentations de la rentabilité, etc…
Dans un premier temps, il est important de dresser un tableau général du problème. Néanmoins, il est important d’obtenir une collaboration pour la définition du problème et des objectifs. Il faut également tenir compte et impliquer le service des ressources humaines qui peut se sentir menacé par l’intrusion d’un tiers chargé de régler des difficultés qu’ils n’ont pas su éviter ou solutionner.
→il est donc important d’avoir une bonne analyse. Ceci pour éviter des erreurs irrémédiables et pour fixer une durée d’intervention qui sous entend également un coût ( n’oublions pas que le modèle est appliquée à l’entreprise). A savoir veiller être vigilent à et analyser :
 le contexte de l’intervention,
 l’ampleur du problème,
 les différents niveaux hiérarchiques,
 les moyens stratégiques à mettre en œuvre,
 les membres du système réellement concernés par le problème,
 Les membres sur qui l’action de changement devra porter,

Une bonne connaissance du processus de régulation systémique doit compléter le bagage du consultant, celui-ci doit également avoir la possibilité de parler le « langage de l’entreprise ».
La venue du consultant peut provoquer un climat de peur dans lequel il doit pouvoir naviguer et apaiser en clarifiant le contexte, les rôles de chacun et les objectifs d’intervention.

Depuis dix ans le coaching s’est développé et est utilisé comme outil d’évolution et de résolution des problèmes personnels dans un contexte professionnel.
Les objectifs du coaching permettre au coach de mettre en œuvre des patterns redondants qui conduisent les « coachés » à des impasses récurrentes. Les nombreuses stratégies de changement utilisées en thérapie peuvent (moyennant la maîtrise d’un langage adapté au contexte) être utilisées pratiquement telles quelles pour résoudre les difficultés qui apparaissent dans le contexte.
Apprentissage.

On peut le définir comme un accroissement de la redondance entre celui qui apprend et son environnement et la communication comme le moyen même d’établir cette redondance.
Bateson définit différents types d’apprentissage :
L’apprentissage de niveau zero :
C’est le cas le plus simple où l’effet d’un stimili est stéréotypé.Par exemple par la sirène de l’usine, j’apprends qu’il est midi.
IL définit d’apprentissage zéro les situations dans lesquelles un système acquiert une information qui ne détermine pas son changement.L’ensemble des réponses et l’information entrante entraîne u ne action conséquente.( Ex : j’apprends qu’il va pleuvoir, je prends mon manteau)
L’apprentissage de niveau 1 :
C’est le type d’apprentissage qui a été étudié dans les laboratoires de psychologie expérimentale.
Ici, l’individu se trouve au départ dans une situation qui permet une grande diversité des conduites puis petit à petit, par une série d’essais, il corrige ses erreurs et finit par donner un type de réponse.
L’apprentissage 1 est le fait d’un système qui après un tel processus ( moment2) ne produit pas les mêmes réponses qu’avant ( moment1).
L’apprentissage1 est une adaptation aux éléments du contexte. Ici, l’apprenant considère qu’il est dans un contexte similaire au contexte précédent qu’il peut prendre une décision différente de la première.
L’apprentissage de niveau 2
Il s’agit ici d’un changement dans le processus d’apprentissage. C’est ce que Bateson appelle « apprendre à apprendre ».
Quand par exemple un individu est confronté à une expérience nouvelle, il lui faudra moins d’essais pour parvenir à l’apprentissage demandé par la situation.il aura acquis une habilité face à ce contexte.
Donc l’apprenant procède au transfert de ses apprentissage d’un contexte dans un autre contexte. C’est une adaptation au contexte même.
L’apprentissage de niveau 3
Le passage à ce troisième niveau est vu comme une transcendance des contraintes qui constituent nos prémices sur le monde, nos habitudes de penser, d’agir, nos valeurs,..
Ici, Bateson touche à des questions de la nature humaine
L’hypothèse de ce troisième niveau constitue l’espoir du dépassement, la perspective d’une relation au monde qui puisse être découverte.

Les perspectives de l’école de Palo Alto :

Les recherches du groupe ont également été enrichies par les travaux de Ilya Prigogine, un chimiste belge d’origine russe, il a montré que dans certaines circonstances les systèmes utilisent certains éléments de leur environnement pour créer une nouvelles structures stables et autonomes.
Les systèmes s’articulent en agencement singuliers, sensibles aux circonstances et susceptibles de mutations.
De ce fait, certains thérapeutes familiaux on peut en tirer des modèles d’évolution des familles en crise, c’est-à-dire loin de l’équilibre ou arrivé à un « point de bifurcation ». Dans ce modèle, l’intervention du thérapeute est assimilée à un catalyseur de structure dissipative, pourvoyeur de l’information nouvelle pouvant permettre au système déstabilisé de créer une nouvelle structure après s’être débarrassé des symptômes indésirables.

Pour Bateson , il existe deux types de changement :

A) Le changement coévolutif :
Pour Bateson, le changement c’est avant tout l’évolution. D’un point de vue individuel, l’organisme est soumis à des pressions du milieu et doit trouver les moyens de s’y adapter « en choisissant la nouveauté » qui lorsqu’elle sera intégrée lui permettra de survivre dans son environnement. Par contre les modifications individuelles ne seront pas transmises à la descendance afin de ne pas rigidifier le processus de survie de l’espèce.
D’un point de vue interactionnel, vivre ensemble c’est s’influencer réciproquement. Tout signal, toute information impliquent une réaction donc une modification, un changement.

En effet, l’homme durant ces contacts avec le milieu, évolue, apprend et change. Il apprend à se comporter socialement en s’adaptant aux contraintes de ses relations interpersonnelles, sa famille, ses groupes d’appartenance, les différents membres de la société dans laquelle il vit…

B) Le changement intentionnel :
Là on est dans le domaine du conscient, c’est-à-dire celui du changement délibéré, planifié.
Dans ce type de changement on peut parler également :
du changement qualitatif
du changement quantitatif

Ce qui signifie que lorsque la solution n’apparaît pas directement , lorsqu’elle n’émerge pas du contexte , nous devons analyser le problème de manière consciente, nous faisons donc appel aux leçons que l’on a pu tirer de nos expériences passées.
Il faut savoir que certains éléments du contexte restent aléatoires ce qui laisse place aux déviations de trajectoires, aux bifurcations, aux catastrophes,etc…

Voici les perspectives de recherche pouvant être intéressantes pour la psychothérapie :
Préciser le problème ( préciser les processus de codage, les liens avec nos réponses émotionnelles, la formation de nos valeurs, …)
Définir l’objectif du problème : au plus objectif est précis au plus la régulation sera aisée.
Envisager les moyens : sont-ils adéquats ?la manière dont nous tirons les leçons de nos expériences, les mécanismes de logique de nos raisonnement, le rôle de la volonté dans le processus global d’adaptation au milieu…
Ce schéma peut s’appliquer à n’importe quel type de changement
Intentionnel.

Il est important également d’aborder la notion de contrôle, de consensus, de stratégie et de manipulation.
En cas de contrôle on intervient volontairement dans le processus interactionnel pour que son issu corresponde à un résultat prédéfini. L’interaction est donc régulé en fonction de cet objectif.

Dans le consensus, l’issu de l’interaction est définie par une négociation entre les deux parties. L’échange d’arguments et l’effort fournis pour arriver à une position commune nécessite une simplification des positions. De ce fait les objectifs communs reflètent parfois qu’une partie des positions de départ.

On parle de manipulation ou stratégie lorsque l’un des partenaires de l’interaction dissimule ses objectifs personnels. Ceci se manifeste également , lorsque l’on joue sur le contexte, définir le contexte dans lequel l’action a un sens clair alors qu’on vise un résultat dans un contexte différent, donc ayant un sens différent. C’est un outil de changement efficace. A noter que ce procédé n’est pas sans risque pour la relation, si la manœuvre est dévoilée le manipulateur perd tout crédit.
Il est également important de distinguer l’influence réciproque ( inévitable dans les interactions) et la manipulation volontaire. Mais il vrai que l’on peut aussi tromper les gens sans le vouloir, notamment lorsque l’on a des informations partielles sur le contexte.

Il s’agit d’éléments qui ont été mis en avant par le groupe de Palo Alto donnant des perspectives intéressantes relatives à la recherche en communication et relation humaines.

On pourrait terminé en résumant leurs recherches dans cette phrase : « Penser globalement pour agir localement »

3) Applications actuelles des théories de l’école de Palo Alto :

Le fait que Paolo Alto a mis au point un « processus d’intervention sous la contrainte » et un « processus d’intervention dans les situations de crise » a contribué à la diffusion de son modèle dans des contextes spécifiques notamment :

le milieux de la psychiatrie
La protection de la jeunesse
Le milieu scolaire ( question de la phobie scolaire, de l’absentéisme, du vol, difficultés d’intégration, violence, etc…).Le travail s’organise soit avec les élèves et/ou les parents, soit avec la direction, soit avec les professeurs.
Les centres hospitaliers
Les organisations et les entreprises
Le coaching, l’intervention dans les organisations et les relations de travail, l’insertion professionnelle.
A Liège, Thérésa Garcia a mis en place une méthode de « négociation familiale » permettant de travailler avec les parents se disputant l’hébergement des enfants après la séparation et à qui on ne peut pas proposer un travail de médiation.

La considération utilisée est la suivante, chaque patient est unique et la mise en œuvre de le stratégie dépend de la relation qui s’établit entre le patient et le thérapeute et de sa capacité à maîtriser les modes de communication favorisant le changement.

Jean Jacques Wittezaele et Henri Waterval ont montré que « l’approche stratégique » est adapté au travail des assistants de justice dans le cadre des missions civiles, la médiation pénale et l’aide aux victimes. En effet, elle allie une cohérence d’intervention et constitue un apport technique dans l’établissement de la relation de confiance permettant de mettre en place la relation d’aide et de contrôle nécessaire à la mission.
Par contre la « vision interactionnelle » est applicable au problème de harcèlement sexuel, le décodage du phénomène, d’escalades symétriques permet d’élaborer des contre stratégies qui redonnent du pouvoir aux victimes de harcèlement.

Application des concepts de Palo Alto aux entreprises :
En réalité lors de l’intervention on évite de construire un diagnostic sur base d’un fonctionnement idéal mais on intervient.
Très souvent le personnel signale le mauvais climat dans l’entreprise, les problèmes de communication, le question de « la brebis galeuse »..
Le consultant doit se montrer insistant mais il va plus facilement déterminer un objectif d’intervention ( plus évident de définir les critères de « bonne santé » d’une entreprise que ceux d’un être humain).
De plus, les changements sont davantage quantifiables en terme d’amélioration, de performances, d’augmentation de la rentabilité, etc…
Dans un premier temps, il est important de dresser un tableau général du problème. Néanmoins, il est important d’obtenir une collaboration pour la définition du problème et des objectifs. Il faut également tenir compte et impliquer le service des ressources humaines qui peut se sentir menacé par l’intrusion d’un tiers chargé de régler des difficultés qu’ils n’ont pas su éviter ou solutionner.
→il est donc important d’avoir une bonne analyse. Ceci pour éviter des erreurs irrémédiables et pour fixer une durée d’intervention qui sous entend également un coût ( n’oublions pas que le modèle est appliquée à l’entreprise). A savoir veiller être vigilent à et analyser :
le con texte de l’intervention,
l’ampleur du problème,
les différents niveaux hiérarchiques,
les moyens stratégiques à mettre en œuvre,
les membres du système réellement concernés par le problème,
Les membres sur qui l’action de changement devra porter,

Une bonne connaissance du processus de régulation systémique doit compléter le bagage du consultant, celui-ci doit également avoir la possibilité de parler le « langage de l’entreprise ».
La venue du consultant peut provoquer un climat de peur dans lequel il doit pouvoir naviguer et apaiser an clarifiant le contexte, les rôles de chacun et les objectifs d’intervention.

Depuis dix ans le coaching s’est développé et est utilisé comme outil d’évolution et de résolution des problèmes personnels dans un contexte professionnel.
Les objectifs du coaching permettre au coach de mettre en œuvre des patterns redondants qui conduisent les « coachés » à des impasses récurrentes. Les nombreuses stratégies de changement utilisées en thérapie peuvent (moyennant la maîtrise d’un langage adapté au contexte)peuvent être utilisées pratiquement telles quelles pour résoudre les difficultés qui apparaissent dans le contexte.
Définition des concepts :

1) Le codage :
Il s’agit de la façon dont les évènements du monde extérieurs sont
transformés en informations symboliques donc transmissibles.
Le codage est une transformation d’un certaine type entre les données de l’input et celle de l’output d’un circuit.

Exemple :
La manière dont on dit je t’aime à son partenaire, le ton que l’on emploie peut déterminer la profondeur de ses sentiments. Si ces mots sont accompagnés de gestes tendres et d’attention cela peut amplifier « la déclaration d’amour ».

2) La méta communication :
Il s’agit de la communication sur la communication
La méta communication demande une prise de recul par rapport au discours, le contenu de la méta communication devient interactionnel : on parle de la relation entre soi et l’autre.
Toute communication présente deux aspects : le contenu et la relation, tels que le second englobe le premier et par suite est une métacommunication.
Paul Watzlawick.

Exemples de métacommunication au travail
André propose une solution à un problème technique rencontré par Pierre. Dans ce genre de situations, il y a très souvent une métacommunication relative au statut d’André, à ses compétences techniques, sa “supériorité”. Les managers très techniques métacommuniquent fréquemment de manière paradoxale, adoptant un double langage affirmant à la fois « j’aime résoudre des problèmes techniques », « je suis toujours meilleur que toi » et « tu aurais du être capable de résoudre ce problème tout seul ». A votre avis, quelle pourrait être la réaction de Pierre ?
« Vous pouvez me tutoyer » est un bel exemple car il communique directement sur la relation et sera interprété très différemment de la question « est-ce qu’on peut se tutoyer ? »

Exemple dans la vie de tous les jours
Jean se contente de dire à sa femme, inquiète sur d’éventuelles relations extraconjugales : « fais-moi confiance ». Mais il ne sait pas que paradoxalement, ce type de conseil suscite justement la méfiance. En effet, implicitement dans nos codes relationnels, on ne demande pas verbalement de faire confiance. La confiance se construit dans les actes quotidiens, et pas dans les mots.

Bibliographie

  • A la recherche de l’école de Palo Alto. JJ Wittezaele, Th Garcia. Ed Seuil, 1992.
  • Vers une écologie de l’esprit, traduit de l’Anglais par Perial Drisso, Laurencine Lot et Eugène Simion Éditions du Seuil, Paris, 1977
  • Une logique de la communication, P. Watzlawick, J. Helmick Beavin, D. D. Jackson, 1967
  • DVD de d’Asembourg
  • Articles de Jean-Claude BENOIT sur le site : " Patients, Familles et Soignants par Benoît JC Editions Erès :
    La situation de double lien.
    Le modèle des communications paradoxales chez les schizophrènes"
    .
  • Article de Jean-Claude BENOIT sur le site du CFTF : « Schizophrénies au quotidien : approche systémique en psychiatrie publique ».
  • Livre de Etienne Dessoy (2003-2004) : « L’homme et son milieu. Etudes systémiques ». Imprimeur : CIACO (Louvain-la-Neuve).
  •  

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27 mai 2008
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