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Watzlawick Paul

samedi 9 août 2008 par beaujean

Autrichien de naissance, en 1921, Paul Watzlawick ne peut achever normalement les études universitaires dans son pays rattaché en 1938 à l’Allemagne d’Adolf Hitler par l’« Anschluss » et donc mêlé aux péripéties de la Seconde guerre mondiale. Il quitte sa patrie peu après la défaite du IIIème Reich et va entreprendre une formation en philosophie à l’université de Venise, obtenant un doctorat en 1949, avec une orientation tournée vers la philologie moderne. Paul Watzlawick va ensuite renouer avec sa première ambition en complétant sa spécialisation en philosophie du langage par des études poussées de psychanalyse à l’institut Carl Jung de Zürich, de 1950 à
1954. Cette formation précise lui donnera, à partir de 1957, l’opportunité d’aller dispenser des enseignements de psychanalyse et de psychothérapie à l’université nationale d’El Salvador, en Amérique latine.

Sur son chemin de retour en Europe, en 1959, il s’arrête aux Etats-Unis sur invitation de John Rosen et se retrouve à la « Temple university » de Philadelphie, précisément à 1’« Institute for direct analysis », où travaille aussi Albert Scheflen. C’est là qu’il rencontre Don Jackson, de passage en octobre 1960. Cette rencontre est tout à fait capitale pour la suite de la vie professionnelle et scientifique de Paul Watzlawick. D’une part, le médecin psychiatre Don Jackson est lié à Gregory Bateson, dont il avait auparavant rejoint l’équipe à la clinique « Veterans administration hospital » de Palo Alto en 1954. D’autre part, lorsque Don Jackson engagera Paul Watzlawick en 1961, après qu’il ait fondé son MRI (Mental research institute) deux années plus tôt, il va aussi embaucher en 1962 deux précieux anciens collaborateurs de Gregory Bateson, l’ingénieur chimiste John Weakland et le communicologue Jay Haley. Et lorsque meurt Jackson en 1968 et intervient le départ de Jay Haley, c’est Paul Watzlawick qui va prendre la direction de la clinique, alors qu’elle jouit déjà de la grande renommée bâtie par le dynamisme de son fondateur. Gregory Bateson et Don Jackson vont ainsi marquer le parcours théorique ainsi que la carrière de Paul Watzlawick.

L’ oeuvre

Représentant de l’« école de Palo Alto », qui se crée au « Mental research institute » de cette petite ville proche de San Francisco, Watzlawick promeut une approche plutôt communicationnelle de la psychothérapie, approche s’appuyant alors sur la systémique. Il ne s’agit plus de considérer le patient dans sa dimension individuelle, mais de le prendre comme un élément du système, familial en l’occurrence. Ce modèle de « thérapie familiale » est alors développé au sein du « Brief therapy center » qui est créé par lui en 1967 au sein du MRI, tablant d’une part sur l’approche anthropologique et systémique de Bateson et d’autre part sur la finesse de diagnostic hérité de Don Jackson.

Paul Watzlawick a écrit abondamment, en complicité avec les éditions du Seuil et chacun des ouvrages a fait avancer la théorie systémique de la communication. En 1967, avec Jeanet Beavin et Don Jackson, il écrit Une logique de la communication, ouvrage de référence de l’ « école de Palo Alto ». Le plus célèbre des axiomes de cette théorie de communication est le suivant : « on ne peut pas ne pas communiquer ». Cela veut dire plus simplement qu’il n’existe point de non-communication, donc pas de « communication zéro ». Pour analyser le phénomène du paradoxe, dont l’effort pour sa réduction préoccupe les thérapeutes, avec John Weakland et Richard Fish il a co-écrit en 1975 Changements : paradoxes et psychothérapie. Un livre didactique, avec de précieuses contributions diverses, sera publié en 1977 sous sa direction avec les mêmes collègues : Sur l’interaction. Trois autres ouvrages destinés à la théorisation de la pratique thérapeutique, en vue du changement de comportement, ont été publiés par Watzlawick : La réalité de la réalité (1978), Le langage du changement (1980) et L’invention de la réalité (1981).

Enfin, il faut noter que le dépassement du paradoxe est et demeure le cheval de bataille de Paul Watzlawick, puisqu’il y revient en 1986 avec un titre qui interpelle : Comment réussir à échouer.


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