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Quelle qualité de fonctionnement institutionnel en maison de retraite accueillant des malades Alzheimer ?

Guillaumot, Ph. (2002°. Exposé à la Première Journée de Gérontologie Transpyrénéenne, Biarritz, 1 et 2 février. Non publié.

mardi 13 janvier 2009 par Guillaumot Philippe

« La prise en charge médico-sociale dans la maladie d’Alzheimer »

 QUELLE QUALITE DE FONCTIONNEMENT INSTITUTIONNEL EN MAISON DE RETRAITE ACCUEILLANT DES MALADES ALZHEIMER ?

Dr Guillaumot
Département de psycho-gériatrie
Centre Hospitalier des Pyrénées
64000 Pau (France)

L’équipe est un tissu humain vivant, non programmable, non réductible à des équations, non prédictible donc il s’agit ici de quelques idées, repérages à continuer d’analyser et d’adapter.

La connaissance se construit comme une rumeur. L’expérience connue d’une information donnée à un membre d’un groupe, qui doit la transmettre à quelqu’un et celui-ci à quelqu’un encore.
L’information en sortira transformée. La connaissance se construit ainsi, elle appartient rarement à une personne seule. Si je porte la responsabilité de ce texte, il s’est forgé entre autre au cours de diverses réunions informelles au sein du Cercle Aquitain Alzheimer en particulier avec :
Mesdames Bouffier (1), Dupont, Macua, Puyoulet (2), infirmières,
Madame Guttierez psychologue(3),
et Madame Myriam Lesommer (4) et Mr Muir (5) gériatres.

 POURQUOI CE THEME ? MES CONTEXTES

1° Une expérience de réunions en maison de retraite depuis plus de dix ans :

  • Richesse, fonctions multiples, motivantes, lieux d’apprentissages.
  • Comment pense-t-on les problèmes ? comment se construisent les soins au quotidien ?
    Souvent simple validation d’équipes créatives.
    L’émergence d’un nouveau malade, commun par ce partage, d’abord virtuel, mais étape indispensable pour orienter l’action.
  • Merci pour les apprentissages.
  • On pourrait dire la même chose pour les réunions ouvertes des associations de famille dont l’un des membres est atteint d’une maladie d’Alzheimer ou apparentée.
    On ne peut que recommander à ceux qui veulent travailler dans ce domaine de les fréquenter.
    On n’apprend pas notre métier qu’à l’université ou à l’école mais aussi dans ces lieux.
  • Au passage, le constat d’un formidable déséquilibre entre tout ce qui se dit sur le plan diagnostic et si peu sur les problèmes des soins au quotidien ; comme si ceux qui agissent là, ne savaient ou ne pouvaient pas en parler.
  1. Annesse et Beaulieu (Dordogne)
  2. Département de psycho-gériatrie (Pau)
  3. Hôpital local de Monségur (Monségur)
  4. CHU- Bordeaux-gériatrie (Hôpital Xavier Arnosan)
  5. Fondation John Bost (Bergerac)

2° La tradition institutionnelle en psychiatrie

  • On se souviendra du mouvement de la psychothérapie institutionnelle en France (Saint-Alban et Tosquelles, Clinique Cours Cheverny, Soisy et le 13e à Paris etc…)
  • C’est surtout la pédo-psychiatrie qui élabore le plus un modèle mettant l’accent sur les besoins quotidiens de l’enfant et la qualité des contacts avec les adultes, à travers tous les moments de la journée (lever, repas, bains, coucher, contacts et réunions diverses), devenant les leviers du soins.
  • Dans ce domaine, la tradition anglaise était peut-être plus ancienne :
  • pour l’anecdote, 1839, suppression de toute contention aux huit cents malades mentaux de l’hôpital psychiatrique de Hanwell, sous la direction de Conolly.
  • Puis les communautés thérapeutiques présentées par Maxwell Jones, où il s’agit de laisser les malades élaborer une culture particulière de fonctionnement de leur groupe.
  • Ultérieurement, le mouvement plus libertaire de l’anti-psychiatrie (Laing et Cooper) où il s’agit de laisser aller les patients jusqu’au bout de leur expérience délirante tout en les protégeant. On sait les conséquences que cela a eu vers le grand mouvement de désinstitutionnalisation, par exemple en Italie, et l’orientation vers les soins dans la communauté.

3° Le programme d’action gouvernemental pour les personnes souffrant de la maladie d’Alzheimer et de maladies apparentées (Octobre 2001)

  • Il aborde la qualité de vie et de fonctionnement de l’équipe professionnelle :
  • « renforcement des effectifs affectés dans ces établissements, notamment aides-soignants et aides médico-psychologiques »
  • « formation des médecins coordonnateurs »
  • « qualification et restructuration architecturale »
  • « élaboration d’un guide à l’usage des professionnels, proposant des éléments de réponses et des pistes de réflexion portant sur la qualité tant de l’accompagnement des personnes que du cadre bâti ».
  • Globalement, peu d’études sur la qualité de vie et de fonctionnement de l’équipe professionnelle.
  • « soignants heureux… malades heureux ? »
    Blanchard au Symposium Alzheimer, Décembre 2000, Paris.

4° La réforme de la tarification

  • finance contre qualité
  • auto-évaluation et approche participative
  • nécessité d’un consensus des acteurs mobilisés sur l’existant, puis élaboration de réponses et d’actions pour changer ce qu’il faut.
  • outils d’évaluation (référentiel Angélique)

5° Travaux de la Mission Marthe rencontrant l’ Ecole Nationale de Santé publique (Rennes) [1]

  • Souvent dans le projet d’établissement, l’accent est mis sur les ressources humaines.
  • Les objectifs opérationnels les plus fréquents :
  • Individualiser les prises en charge
  • Développer des soins adaptés
  • Se doter de procédures définies
  • Améliorer les espaces et moyens matériels
  • Améliorer les relations internes
  • Améliorer les relations externes
  • Former et soutenir le personnel
  • Améliorer le management.

 LE SYMPOSIUM NATIONAL SUR LES UNITES DE SOINS ALZHEIMER (Décembre 2000, Paris, publié chez Serdi Editeur) [2] [3]

1° « Un personnel formé, expérimenté et spécialisé »

  • un des cinq critères définissant les unités spécialisées Alzheimer en maison de retraite avec population ciblée, architecture adaptée, participation de la famille, projet de soins spécifiques.
  • critères jugés essentiels :
  • formation pour ne plus subir la maladie, mieux la connaître
  • savoir réduire ou prévoir ce qui entraîne l’agressivité notamment durant la toilette
  • faire face aux troubles du comportement alimentaire
  • informer la famille (conseils et apaisement)
  • adaptation aux besoins de chaque malade en utilisant des échelles :
    • renforcement de l’intérêt porté au travail
    • réduire le turn-over du personnel.

2° Dans les principes généraux : « Nécessité d’une véritable spécialisation du personnel médical et de l’équipe »

3° Dans les buts : « Augmenter les interactions au sein de l’équipe soignante » entre médecins, infirmiers, aides-soignantes, psychologues, assistantes sociales…

  • confrontés à un problème commun
  • réunions d’évaluation indispensables où l’ensemble des problèmes est abordé et discuté.

Un des problèmes importants des « consommateurs », des familles concernées par ces structures est de les choisir. Sur quels critères de qualité ?
On ne voit pas dans les plaquettes « commerciales » de référence à l’équipe et à son fonctionnement. Cela devrait devenir indispensable. C’est une garantie importante.

 LES ETUDES COMPARATIVES ENTRE UNITES DE SOINS SPECIALISEES ALZHEIMER EN MAISON DE RETRAITE ET LES AUTRES (USA, Italie, Europe du Nord) [4]

  • Importance de l’organisation et des conditions de travail :
  • Rôle positif avec diminution des contentions physiques et chimiques
  • Notion de référent (rotation moins fréquente des personnels, augmentation de la participation des patients aux activités, ce qui est bénéfique).
  • Travail institutionnel
  • Les réunions d’équipe
    • L’augmentation de leur fréquence diminuerait le stress du personnel
    • Améliorer le moral, l’intérêt, la satisfaction.
  • Rôle positif de la supervision administrative
  • Amélioration de la régulation des conflits
  • Prise en compte du vécu et du stress du personnel
  • Bons salaires
  • Rôle majeur de l’équipe pour des soins de qualité :
    • surtout les soins de nursing
    • cela est perçu par les familles des patients
    • plus propice au développement des compétences professionnelles
    • soins organisés, protocoles.
  • Constitution de l’équipe
    • ratios plus élevés (parallèles à la satisfaction des familles)
    • importance des aides soignantes
    • implication du personnel de service
  • Importance de l’environnement physique
  • Place importante de la formation qui réduit le turn-over et le stress lié au travail
    • Importance d’une formation spécialisée aux aides soignantes
    • Importance d’une formation diversifiée
    • Thème récurrent : la gestion des problèmes comportementaux.
  • Donc globalement, soins de meilleure qualité mais pas de démonstration d’un meilleur état de santé global des résidents :
    • devenir identique
    • pas de modifications des compétences fonctionnelles
    • diminution des contentions physiques et pharmacologiques.

 LES QUATRE GRANDS BESOINS DE L’EQUIPE

- Formation / information

  • Prise en compte émotionnelle
  • Motivation
  • Identité

 FORMATION [5] [6] [7] [8] [9]

S’interroger sur notre regard

  • Après sa maladie, ce qu’il y a de plus dangereux pour la malade, c’est ce qu’il y a dans nos têtes le concernant, et qui fonde notre regard.
  • Quelles représentations du malade transmet-on dans les informations que nous transmettons aux équipes, aux familles, aux malades ?
  • Dès que l’on travaille en réseau, on rencontre souvent une absence de consensus. Comment travailler avec cela ?
  • Nous n’avons accès à la complexité de la réalité humaine que par le truchement de modèles, de cartes que nous construisons.
    Mais la carte n’est pas le territoire.
    Plus nos cartes seront justes et proches de la réalité, plus nos actions seront efficientes.

La proximité des projets de soins et de vie nécessite un savoir opérationnel pour tous

  • Réfléchir comment s’utiliser au mieux pour satisfaire aux objectifs de soins, de vie et de qualité ?
  • Face à cette dépendance, soigner c’est aider à vivre, d’où centrer réflexion et action sur ce qui peut mobiliser le désir de vivre.
  • Il n’y a pas de tâches subalternes, toutes sont utiles et complémentaires, même si certaines sont plus ingrates que d’autres.
  • Ce ne sont pas toujours les soignants qui détiennent l’information utile pour résoudre un problème. C’est parfois l’ASH.
  • Direction, encadrement, personnels soignants, personnels hôteliers et de service doivent être formés en compréhension.

Une formation continue et insérée dans une pratique en situation

  • Les livres ne suffisent pas.
  • La formation initiale, non plus.
  • Intérêt de formations intra-professionnelles et inter-professionnelles, transdisciplinaires (problème de sentiment d’appartenance à une équipe et repérer les différences…)
  • Importance d’utiliser les situations vécues : nombreuses expériences accumulées, insuffisamment parlées ayant parfois un retentissement émotionnel.
  • Dimension analogique de la formation et de la communication, comme si les malades nous y invitaient.
    Importance des stages, longs apprentissages en situation.
    Intérêt également pour les familles qui peuvent ainsi mieux percevoir les façons de faire, qu’avec une information orale pure.

 UN SAVOIR QUI PRECEDE LE MALADE

  • Il existe diverses cartes de territoire à bien connaître.
    Ce sont des savoirs en partie prédictifs, rendant le malade en partie prévisible. C’est au moins notre espoir.
    Le plus souvent, avec une démarche analytique, focalisée sur un objet, découpe d’une partie de réalité (ex : le champ cognitif, le champ biologique, le psychisme sous un jour psychanalytique etc…)
    Souvent, un savoir avec un niveau de généralisation scientifique, validé statistiquement. C’est en même temps une tentative d’uniformisation.
  • Aucune profession, aucune discipline ne peut relever à elle seule le défi de tout comprendre.
  • Quels sont les thèmes le plus souvent retrouvés et nécessaires ?
  • Ceux qui concernent un changement lent du malade : les pertes neuro-psychologiques, définition neuro-biologique de la maladie et son évolution, les traitements médicamenteux spécifiques, destin de la pensée et psychologie du malade etc…
  • Ceux qui concerne un changement souvent plus rapide du malade, sorte de complications.
    Chaque fois qu’un malade change vite dans ses compétences, il faut penser que ce n’est pas la maladie qui est en cause mais que d’autres facteurs aggravants se surajoutent.
    C’est le champ des troubles psycho-comportementaux avec le syndrome confusionnel surajouté et ses causes presque exclusivement somatiques, que l’équipe peut et doit tenter de prévenir.
  • L’anxiété, la dépression, les hallucinations, le délire, les dysperceptions, l’incontinence, les troubles du sommeil, les troubles du comportement alimentaire, l’agitation, l’agressivité, le comportement sexuel, les syndromes frontaux etc…
  • Autres :
  • Accompagnement de fin de vie
  • Quel type d’activités leur faire faire ?
  • Contention et maltraitance
  • Epuisement des professionnels
  • Ethique et responsabilité etc…
  • La nécessité d’un savoir applicable, en compréhension, opérationnel au quotidien, nous indiquant le sens à suivre pour construire des soins.
  • Puisqu’il est lésé cérébralement, que cela ne se répare pas, il faut en tirer la conclusion que l’on devra s’adapter à lui. Il est le patron.
    Puisque je dois faire le deuil de le guérir, alors qu’est-ce que je fais ? Je me focalise sur quoi ?
  • Comment sa communication perturbée a des conséquences ?
    Qu’est-ce que cela implique dans nos relations avec lui ?
    Dès que l’on communique avec lui, même à la phase d’exploration diagnostique, on est dans le soin.

Ex : l’intérêt de la notion d’empan attentionnel a une conséquence directe sur nos obligations de communiquer.
Au delà de cet empan, il « n’entend plus », mais, de plus, peut-être l’agressons-nous ?

Ex : l’intérêt de parler des différentes mémoires ?

  • Comprendre le fonctionnement en mémoire rétrograde ; que faire avec ? faut-il le respecter ? faut-il corriger le malade ?
  • Intérêt de la mémoire procédurale ? la repérer pour s’en servir.
  • Prêter des mots
  • Se rappeler de l’existence d’une « sorte de mémoire affective, d’ambiance »
  • Comment communiquer en cas d’anosognosie ? (anosognosie ou déni ?)
  • Comment évaluer un degré de conscience ?
  • Des techniques de soins non médicamenteuses en pleine évolution (appartenant surtout aux pratiques infirmières)
    Il y a urgence à les diffuser, car elles sont utiles et efficaces.
  • Les approches empathiques : approche phénoménologique partant du vécu des patients.
    Ex : validation de Naomi Feil : rejoindre le malade dans son monde, rechercher du sens dans la résurgence de souvenirs anciens etc…
  • Approche découlant de la neuro-psychologie
    Ex : effets modestes de la persistance d’apprentissages procéduraux, mais renarcissisant
    Ex : stratégies de diversion en mémoire épisodique ou procédurale
  • Approche évoquant l’aspect comportemental
    Ex : conditionnement opérant
    Un comportement est en partie entretenu par les réponses que nous lui faisons.
    Donc, quelles sont nos réponses ?
  • Capture et rebouclage sensoriel dans la gestion des comportements perturbés des patients lors des soins de base (regard, parole, toucher) [10]
    Méthode de Gineste et Marescotti. Ils parlent de réussite dans presque 100% des cas.
    Nécessité d’une année d’apprentissage pratique.
  • Approche corporelles diverses : massages, toucher.
  • Relation d’aide (deuils, dépression, angoisse, questions etc..)

 UN SAVOIR DECOUVERT DANS L’ACTION

  • Mais la carte n’est pas le territoire.
    Le chemin se découvre et se construit en marchant.
    « Je suis aveugle, je sais que je suis aveugle, alors je vois »
  • C’est normal, à un moment donné de ne pas savoir. Cela correspond peut-être en partie aux « trous de la pensée » ressentis par les soignants au contact de ces patients, comme l’évoque L. Ploton.
  • Il va falloir expérimenter, tâtonner pour trouver une solution aux problèmes posés, car pour le moment, cela n’est pas dans les livres.
  • Ex : une vieille dame, démente, qui oublie tout, mais qui demande chaque jour à son mari, à treize heures, de l’emmener au commissariat pour savoir si son chien, décédé quelques mois avant, n’a pas été retrouvé.
  • Ex : trouver une solution à une épidémie de malades crieurs en institution.
  • Ex : que faire, quand il ferme les volets à 17 heures ?
  • Ex : et cet homme qui mettait régulièrement ses chaussettes sur la table et sur son assiette de soupe.
  • Ex : et cet homme qui ne voulait pas se coucher.
  • Ex : et cette dame, qui dans le miroir devant lequel elle est, voit une petite fille abandonnée par ses parents, avec laquelle elle dialogue.
  • Perte d’autonomie et dépendance sont aussi en rapport avec la manière dont le malade et son entourage réagissent.
    Dès qu’on est en contact avec le malade, dès que l’on communique, on est en soins, on influence le patient, comme il nous influence, nous construisons une réalité par nos interactions réciproques. Et c’est parce qu’ils sont dépendants de nous, que nos comportements, nos façons de leur répondre et de nous conduire les influencent pleinement.

Chacun sait bien qu’il peut être facile d’agiter, d’angoisser un patient dément.
Il en est de même de la symptomatologie qualifiée d’agressivité, elle mérite toujours d’être resituée dans le contexte de son émergence pour la comprendre.

Il faut complètement décrire les interactions qui précèdent pour pouvoir en faire une lecture utile et lui trouver un sens.

L’approche comportementale décrite par Ylieff reprend en compte une telle méthodologie et il l’applique particulièrement aux conduites mictionnelles, à la réorientation dans l’espace résiduel, et aux soins personnels que sont la toilette et l’habillage.

  • Le comportement doit donc être considéré comme la qualité émergente d’un système complexe réunissant la malade et son environnement, dont nous sommes, et où la maladie n’explique pas tout.
  • Quelle part donner à la personnalité antérieure et à d’éventuels traits morbides ?
  • Rôle et place des pertes cognitives et conatives ?
  • Place des réactions du malade :
  • A ses compétences modifiées
  • Aux réactions en retour de l’entourage
  • A sa perception de sa situation
  • A la qualité du milieu de vie (climat, ambiance, tolérance, tensions institutionnelles, types de communication etc…)
  • Rôle des co-morbidités associées :
  • Eventuelles pertes sensorielles et motrices
  • Problèmes somatiques et douloureux
  • Complications psychiatriques
  • Nécessités familiales et rôles familiaux modifiés, redistribués
  • Niveau de conscience, d’identité (acceptation et compliance à l’aide..)

Donc le problème de comportement doit être considéré comme multimodal, multifactoriel, multicausal.
Il faudra décliner tous ces espaces, et évaluer quelles places ils ont dans la causalité du problème posé.

  • Seule cette démarche permet de respecter, de trouver la spécificité et l’unicité pour ce malade-là.
  • « Défendre la capacité de penser des intervenants » comme le dit Ploton.
    Des méthodologies pour quand on ne sait pas. Il faut s’asseoir tous.
    Nous devons garantir ce processus de réflexion multi puis interdisciplinaire.
    En réunion, on construit le malade comme il nous a construit par son questionnement.
  • Quelle place ? quel poids de chaque carte ou théorie conjuguées ? Quel sens ?
  • Par exemple, intérêt de l’analyse fonctionnelle comme méthode. C’est une procédure systématique recherchant les relations entre le comportement et les évènements antécédents et conséquents.
    • Qu’est-ce qui se produit ? c’est la partie de l’observation directe commune.
    • Depuis quand ?
    • Dans quelles circonstances cela se produit-il ?
    • Quelles conséquences cela entraîne ?
      On va ainsi, en équipe, multiplier les angles et perspectives de recueil de données, car il y a toujours plusieurs dimensions possibles à l’expérience.

C’est une sorte d’enrichissement cognitif de la perception par une équipe d’un problème, qui pourra lui donner plus de pistes de choix pour agir et répondre au problème.
Le repérage des variables influençant un comportement permet de les mobiliser, de définir des conditions facilitantes ou l’inverse.

  • Cette analyse de la pratique a évidemment pour avantage de définir un savoir opérationnel. On pourrait retenir le slogan « du producteur au consommateur ».
    Seule, cette équipe-là, qui a formalisé un modèle de compréhension du problème, sa ou ses propres théorisations est à même de les utiliser, de percevoir leur « faisabilité » et d’en évaluer les effets.

Les modèles, les façons de voir ne s’usent que si l’on s’en sert.
Et souvent, il y a non pas une mais des réponses à un problème.

Il s’agira donc de découvrir lequel sera le plus utile au malade et aux objectifs de soins ou d’aides recherchés.

  • Ex : si souvent posé en formation, par les personnels est celui de l’hallucination mnésique (définition de M. Perruchon). En gros, la vieille dame qui veut partir car elle doit rentrer chez ses parents qui l’attendent pour faire telle ou telle chose.
  • Comment répondre à cela ?

Ce qui va nous guider pour répondre est d’abord le degré de conviction et d’angoisse véhiculé par le malade face à ce qu’il vit. Le modèle utilisé est un peu comparable à ce que l’on ferait face à un patient délirant qui nous fait ajuster nos réponses en fonction de son degré de conviction face au délire.

Il y a un consensus à peu près général pour ne pas opposer à cette vieille dame une négation de sa croyance et une tentative de la réorienter dans la réalité, que nous considérons comme une violence. Du style : « mais, quel âge avez-vous ? ce n’est pas possible… » « mais vos parents sont morts, Madame… »

Pour nous la bonne réponse n’est pas connaissable à l’avance. Nous allons la découvrir par l’effet qu’elle a dans l’apaisement du malade, après notre action.

Différentes possibilités existent (liste non exhaustive) :

  • Prendre le message au pied de la lettre : « vous cherchez quelqu’un…de qui s’agit-il ? nous allons chercher ensemble… ». L’idée est de répondre par de l’aide pour faire diminuer l’angoisse du patient et d’espérer chemin faisant, qu’il désinvestisse cette préoccupation.
  • Prendre en compte l’inquiétude ressentie dans le contenu de la phrase. Ce serait le pourquoi de cette inquiétude ? C’est plonger dans la bulle de mémoire rétrograde du malade…pour lui proposer quelque chose qui le détende dans un second temps (comportement ou thérapeutique médicamenteuse).
  • Cette phrase du malade peut être lue comme un « besoin de mère qui se trouve réactivé ». Quel rapport historique à sa propre mère ? de quel lien parle-t-elle et veut-elle nous entretenir ? Et pourquoi maintenant ? Quelque chose d’une démarche qui investigue, à manier avec prudence.
  • Considérer, que pour des raisons qu’il est difficile de détecter, la patiente se met à fonctionner en mémoire rétrograde. Il suffirait alors de tenter une diversion, vers un autre thème en mémoire, mais moins conflictuel, moins générateur de souffrance ou d’inquiétude pour le malade.
  • Enfin, on peut considérer que l’hallucination mnésique est aussi une métaphore, une façon de parler d’un besoin de maternage, de protection que la patiente ne trouve pas ou plus dans cette institution. Et cela est fréquent, l’institution n’est pas suffisamment sécurisante ou renarcissisante.

Toutes ces façons de voir sont vraies et peuvent être utiles. Elles nous renvoient à l’aspect multiple de la réalité et sa lecture. Elles sont souvent en interaction. Laquelle sera efficace pour aider la malade ? Cela sera évalué et partagé lors des suivis de soins.

 PRISE EN COMPTE EMOTIONNELLE [11] [12]

  • La souffrance des soignants (Louis Ploton et M. Personne) [13] [14]

Il n’est pas inutile de rappeler que le soin est fait surtout par ceux qui passent un temps très important près et avec le malade, c’est-à-dire les aides soignants, AMP, infirmiers, personnels hôteliers etc…leur tâche est lourde et prégnante.

Ces deux auteurs ont bien souligné comment l’objet même de ce type de soins pouvait provoquer un « certain degré de souffrance ».

  • La confrontation au vieillard déchu et le rôle joué à son chevet (l’inversion parent-enfant)
    • La mort évoquée
    • La tension induite par les derniers soins ou supposés tels
    • Le vécu d’abandon
    • La mort réelle (surtout si le malade est investi depuis longtemps)
  • La pression temporelle qui peut amener une négation du temps du malade, qui va favoriser l’aggravation des dépendances etc…
  • M. Trouilloud, à la journée ALMA du 10/02/2000, présente des « éléments de compréhension des défaillances dans les soins gériatriques »

Elle parle des soignants de l’extrême :

  • Un héros voulant sauver le monde, sans être lui-même touché (sorte de toute-puissance)
  • Quelqu’un pour qui soigner, c’est sauver l’autre en le réparant pour le maintenir en vie (fantasme de restauration du corps maternel)
  • Un sujet phobique (attitude contra-phobique face à la mort) ou comment la tenir à distance en vérifiant qu’elle est bien localisée chez l’autre.
  • Prévenir l’épuisement professionnel [15] [16]
     [17] [18] [19]
    qui se traduit par :

* Epuisement émotionnel (anxiété), mal de dos, fatigue, utilisation de tranquilisants, somnifères, alcool, sentiment d’être vidé etc..)
* Désinvestissement professionnel : perte des capacités empathiques, augmentation des arrêts de travail, diminution de l’implication, diminution de la rigueur de travail, multiplication des demandes de formation pour partir le plus souvent possible…
* Diminution du vécu d’accomplissement, sentiment d’échec.

  • Ce que les malades Alzheimer nous font vivre de plus spécifique :
  • Modification profonde de la personnalité avec émoussement affectif, impression d’indifférence, non réciprocité, non gratification.
  • Aspect mécanique, déshumanisé du malade : stéréotypes, répétitions mécaniques…comme dans la composante frontale d’une démence.
  • Grande dépendance physique et psychique au long cours qui font que les malades surinvestissent les soignants, créent une implication émotionnelle (responsabilité de sentir que leur vie dépend de nous, ils nous collent).
  • Rapport de force, au sens où le malade est le patron, il faut adapter notre communication à ses compétences restantes.
  • Vécu de déréalisation, d’inquiétante étrangeté devant la néo-réalité où vit le malade (prise de conscience de l’aspect relatif de la réalité subjective ; hallucinations mnésiques).
  • Vécu de danger, de risques d’agression, de « folie » avec ses pertes de convenances sociales, sa perte de censure, son impulsivité, se faire accuser de vol.
  • Vécu d’incompréhension, se sentir en panne, ne plus savoir communiquer (anosognosie et communication)
  • La nécessité » d’utiliser un langage non verbal, le recours au toucher, la modification de la proxémie.
  • Variabilité, imprévisibilité parfois
  • Emergence en nous d’un désir de passer en force, de le maîtriser, de désirer sa disparition et la culpabilité attenante.
  • La réification de certaines familles et d’autres professionnels dont nous sommes témoins impuissants (pourquoi l’autre ne le voit-il pas comme moi ?)
  • Les affects anxieux, dépressifs, la peur de l’abandon, leur désarroi qu’ils nous expriment très authentiquement.
  • La nécessité d’assurer les deux logiques de la mixité des soins, somatique et psychique, où l’on peut être mal à l’aise.
  • Pourquoi entend-on si peu parler d’éventuelles
    gratifications…relationnelles ?

Pourtant elles existent et elles ont un puissant retentissement personnel.
Authenticité, profondeur, force de l’émotion des malades, sans ambiguïté, à l’état pur, qualité de présence…
Gratification sous une forme à découvrir pour chaque patient.

  • Un contexte général d’indistinction public-privé

Fourez (5), à juste titre, souligne un double mouvement qui co-détruit la distinction du public et du privé.

  • Une majoration de la place du sociétal au sein de la famille :
    Ex : la loi qui interdit en Irlande la fessée avant l’âge de trois ans
    Exemple : comment l’informatique prend en compte tous nos biens…
  • Une tendance culturelle à montrer l’intime comme en atteste le succès des « reality-shows » et « loft story ».
  • L’émergence de l’émotionnel dans le groupe [20]

En thérapie, cet émotionnel est un des leviers du soin, et il appartient à la sphère privée.

Mais, dans d’autres groupes, à quelle réalité appartient l’émotionnel qui émerge ? à quel niveau la situer ? quelle lecture et signification lui donner ?

« Confondre la socialisation, qui occasionne le phénomène groupal avec la régression de la vie en société, que l’émotionnel pour l’émotionnel peut engendrer »

Bowen insiste sur la nécessité de l’articulation entre le pôle émotionnel et le pôle intellectuel afin d’éviter l’indifférenciation organisée par le seul pôle émotionnel.

Fourez insiste sur la fréquence des confusions de contexte et l’effet pervers de la culture de l’émotion qui peut aller à l’encontre de ce qui serait pertinent…Il donne l’exemple de ce qui était à la mode dans les entreprises, ces groupes de formation professionnelle où les participants sont invités à parler des expériences émotionnelles qu’ils ont vécu dans leurs familles…

Il s’agit bien d’une interface de l’émotionnel. Mais au travail, on n’est pas là pour cela, pour interroger cette lecture là. Bien sûr, ce privé interfère avec notre participation professionnelle.

    • Ex : comment un deuil particulièrement douloureux, qui touche l’un des membres de l’équipe, interfèrera sur la façon dont cette équipe prendra en compte et s’interrogera sur ce deuil…
    • Ex : comment ce travail, cette expérience professionnelle pourra influencer notre vie propre, vis à vis de notre propre famille…Nous ne sommes pas neutres. Nous sommes irrémédiablement contaminés…

Mais, si ce privé émerge, il n’a pas lieu d’être pris en compte pour lui-même ; nous n’avons pas à investiguer chez les membres de l’équipe l’histoire privée.
Cela ne peut que se décider individuellement et se réaliser dans un espace extérieur.

  • En revanche, ré-introduire le « pathique » dans le travail
    Comme le suggère C. Dejours dans son intervention dans le secteur marchand . [21]

C’est ce que le travailleur éprouve dans l’exercice de sa profession, c’est-à-dire, les difficultés et résistances qu’il rencontre dans l’accompagnement des tâches prescrites ainsi que le fait de vivre avec d’autres (régulation des conflits).

C’est le registre du sentir, comme l’émotionnel, mais il ne concerne que la sphère du travail et non la sphère privée.
Il est différent du « pathos » qui renvoie à la souffrance personnelle et à la sphère familiale privée.

  • Une responsabilité collective avec des aides psy…

L’émotion est permanente partout, dans notre vie, y compris professionnelle.

Bien sûr, elle s’exprime quand nous parlons de malades, ce qu’ils nous font faire et nous font ressentir.

Les psychologues et psychiatres doivent être garants que cette dimension n’est pas niée. Ils sont peut-être des traducteurs, des aides à dire, à trouver les mots…ils sont souvent considérés comme des « garde-fous », comme si il y avait de la menace possible dans ce champ de l’émotionnel.
Donc, ils ont parfaitement leur place au sein de ces équipes.

En revanche, ce champ émotionnel ne doit pas être leur « chasse-gardée ». Tout le collectif doit se sentir responsable du climat émotionnel qu’il entretient et qui le porte.
Souvent, on s’appuie sur le malade pour en parler.
C’est en parlant du malade, la façon dont on en parle qui traduit ce vécu émotionnel.

Il convient donc que, si besoin, les « psy » permettent de prendre en compte, que ne soit pas évitée, l’évocation de ce que nous ressentons dans le soin, comme facteur parmi d’autres de son efficience.

Car, on ne se voit pas faire le soin.
On est jamais totalement sûr, personnellement de la façon dont nous soignons réellement. Nous connaissons nos intentions, mais nous avons besoin du regard des autres pour valider ce que nous faisons réellement sur le terrain.

En ce sens, les psy participent avec le collectif à cette perception. Ils ne sont pas mis en position à part pour parler de choses à part, comme si cela renvoyait à du privé, à du clivé…
Même si cette étape peut être utile à un groupe professionnel donné, un temps donné.

Intérêt d’un travail de groupe ouvert, intérêt d’une réflexion collective, où il puisse y avoir tous les composants de l’institution : soignants de base, encadrement, médecins etc…
En cas de crise, intérêt des intervenants extérieurs, si besoin.

 MOTIVATION [22]

C’est un phénomène complexe et vivant qui comporte toutes sortes de variables.

  • Variables de maintenance
    Elles font l’objet de négociation et de rapport de force le plus souvent. Elles sont mises en avant dans la vie syndicale ou tout autre modèle de représentation collective.
    Ce sont des paramètres de réalité, tout-à- fait utiles et incontournables, mêmes s’ils ne sont pas les seuls.
  • Les horaires
  • Les congés* Le niveau des salaires et leur évolutivité
  • Les ratios de personnel. A ce sujet, aucune norme ne paraît admise.
    Personne n’ose se prononcer officiellement à ce sujet, comme si cela était tabou.
    Alors que d’heureuses expériences concrètes nous font avoir une connaissance empirique de ces données.
    (en situation d’animation de groupe avec ce type de patients, au moins une personne pour cinq malades).
    La situation globale de vie de tous les jours est évidemment différente.
  • Autres avantages dans ce contexte de travail… et en fonction des missions et des postes tenus.
  • Respect et solidarité.
  • Motivations personnelles
    Elles sont peu explorées et renvoient à soi-même, à sa propre appartenance familiale.
  • Les dimensions professionnelles spécifiques
  • Un travail, permettant une croissance, une progression, un développement.
    • On doit inclure dans cet espace la nécessité d’une stabilité suffisante.
    • Une possibilité de créativité : élaboration de projets spécifiques aux résidents, une théorisation du savoir-faire infirmier.
    • Une possibilité de recherche et de réflexion : scientifique appliquée, autant qu’éthique.
    • Une possibilité de toujours se former et de suivre l’évolution des connaissances.
  • Un accomplissement
    Il s’agit d’épanouissement, de plaisir au travail, ce qui va à l’encontre de l’absentéïsme.
    Valeur sémantique, sens trouvé dans ce travail :
    • Fonction sacrée du passage de la vie à la mort
    • Expérience thérapeutique et spirituelle forte
    • « les malades voudraient que nous soyons leurs mères, pour mourir dans nos bras »
      L. Ploton.
  • Responsabilité et auto-contrôle
    • Ils renvoient à l’autonomie professionnelle.
    • Importance de l’espace architectural adapté, facilitateur nécessaire des tâches du personnel soignant.
    • Observations quotidiennes spécifiques garantes de l’élaboration et du bon déroulement du programme thérapeutique et d’accompagnement.
    • Procédures d’auto-évaluation : outils d’évaluation à définir, sur quelles pratiques ? prévention ?
    • Prise en compte de la parole des personnels, de leurs projets, de leurs critiques et de leur vision de l’organisation.
  • Reconnaissance

Elle comporte l’aspect de leur appréciation.

    • A ce niveau, place, bien sûr des clients mais aussi place non moins essentielle des familles.
    • Convergence des attentes mutuelles des familles et des soignants comme l’avait évoqué M. Myslinski [23], mais décalage fréquent observé entre ces deux parties.
      (paramètre important du moral, la qualité des relations à ce niveau).
    • Essentiel : la famille comme véritable partenaire du soin :
      • lui donner un rôle qu’elle peut tenir
      • toujours se souvenir que nos places sont différentes
      • respect des liens à priori, sauf en cas de maltraitance.
    • Bien connaître ce qu’elle a à vivre ? ses processus de deuil en relation avec la maladie, avec la perte des rôles et fonctions familiales tenus antérieurement, ce que l’on souhaitait faire et qu’on ne fera plus jamais ; deuil de la « normalité », de la « prédictibilité », du « sens », deuil de soi-même : ne pas se reconnaître, se découvrir porteur de pensées et d’émotions qu’on ne s’imaginait pas ; deuil de sa santé etc…
      Le travail de séparation est un travail psychique différent du deuil où l’autre survit à l’éloignement. C’est la construction d’un autre ayant une existence séparée de la mienne. Travail parfois si difficile qu’il peut se traduire par des placements brutaux parfois incompréhensibles, ou au contraire une impossibilité à le quitter…
      C’est une conduite active de devancement de la perte et d’économie du deuil, qui ne fera pas pour autant l’économie du deuil après la disparition du malade.
    • L’attaque identitaire avec l’ébranlement du lien au malade, la question de sa reconnaissance, de son appartenance (les secrets divulgués, l’agnosie, l’impossibilité d’entretenir les mêmes rituels d’appartenance familiaux, la nécessaire redéfinition des relations…)
    • Enfin, parfois l’attaque humanitaire, tant il est devenu différent et autre.
      Ce qu’il peut induire en nous, presque à notre insu comme l’a bien montré Nathalie Rigeaud [24]. : la réïfication, l’infantilisation, l’investissement pour son passé et non pour ce qu’il est devenu, l’objectaliser en ne considérant plus ses conduites que comme des symptômes, nos difficultés à lui garder un statut d’interlocuteur, la difficulté à supporter ce qu’il a , à communiquer…
    • Place d’autant plus essentielle des familles qu’on peut parler d’aide conjointe.
      Quand les familles souffrent, on ne les envoie pas en thérapie ailleurs.
      Si on le fait, elles n’y vont pas. Elles ne se considèrent pas comme malades, à juste titre. Leur souffrance est bien compréhensible. Oui, si elles sont malades, c’est de leur malade.
      Elles nous parlent de leur souffrance, comme d’un traumatisme permanent, donc à le redire, avec une certaine projection, sur ce que le malade leur fait.
    • Donc, c’est avec les soignants du malade que l’aide aux familles se fait : en parlant de ce qu’il fait, et de ce que la famille fait en retour, ce qu’elle éprouve, ce qui marche ou non, en essayant d’imaginer si on pourrait faire autrement, et comment les malades réagissent alors…
      Sinon à découvrir alors leurs limitations, les problèmes que cela leur pose, les blocages, les perceptions différentes des soignants, les difficultés à faire face… ?
      Pour recevoir la reconnaissance des familles, il faut être capable de les reconnaître dans les difficultés qu’elles rencontrent, là où elles en sont et tout ce que cela implique pour elle dans le « grand livre des comptes familiaux » (dimension éthique de la relation comme contexte significatif) [25]
      En même temps, les familles sont aussi les clients, les payeurs de l’institution, ce qui peut amener des distorsions dans la communication.
    • On a déjà évoqué le rôle gratifiant possible du malade, qui est peu mis en mots.
    • L’ouverture et l’échange avec le niveau extérieur comme facteur motivant :
      • Ex : accueillir des stagiaires
        initier
        partager ses expériences
      • Ex : devenir formateur
        parler de son vécu, l’écrire pour un congrès.

 IDENTITE ET APPARTENANCE

Des valeurs

  • Quelles sont les finalités de notre institution ?
  • Il y a toujours un ou des projets même s’ils ne sont pas toujours clairement explicités.
  • Le mieux est qu’il soit explicité, écrit, partagé. Il est le référent institutionnel, le fil conducteur de l’action.
  • La réglementation nous oblige à définir ce projet et cela comporte ce que la société et les usagers-clients attendent de nous.
  • Ce projet est vivant, évolutif, il a des promoteurs, une histoire :
  • Les payeurs ont des attentes
  • La façon dont il se réalisera passe par une organisation interne
  • Une vision des façons de mettre en œuvre des moyens d’atteindre des objectifs, des paramètres et des indicateurs pour évaluer ou non cette réussite.
  • Les réglementations nous définissent et nous instituent à travers des règles et des normes :
  • Droits et libertés des personnes âgées
  • Charte des personnes âgées dépendantes
  • Bonnes pratiques concernant la contention (ANAES)
    * Exigences de la réforme de la tarification : projets institutionnels de soins, de vie ; méthode Angélique ; démarche qualité.
  • Organisation de l’établissement par rapport à la place et au rôle des usagers
  • Livret d’accueil, règlement intérieur, contrat de séjour
    Etc..
  • Un exemple de réflexion : lignes directrices pour un projet institutionnel de L. Ploton :
  • Un meilleur confort possible de fin de vie
  • Tout ce qui permet aux intéressés de ne pas se sentir seuls (tant dans la vie quotidienne qu’à propos de risques éventuels)
  • Permettre que s’opèrent des transferts de responsabilité, à des tiers fiables, visant un sentiment de sécurité, à propos de la question de la mort à venir (ne pas les laisser seuls, accepter une délégation sans exclure leur participation).
  • Maintenir dans la vie avec afférentation de qualité et épanouissement en gardant le sentiment de compter, responsabilité et autorité (clef de voûte de l’autonomie).

Des règles et rituels : la qualité d’une équipe est aussi la résultante de sa structuration

Ces règles et rituels mettent en scène et en pratique les valeurs, croyances et mythes d’un groupe [26].

  • Importance de la délimitation des fonctions et des rôles de tous les membres de l’équipe :
  • Des statuts officiels certes existent, du côté du normatif
  • Comment favoriser qu’au-delà, chaque personne constituante de l’équipe puisse exister, se situer en tenant compte de ce qui se passe, des mandats de chacun des autres.
  • « assurer sa propre parole, sa propre différence tout en restant à l’écoute des autres ».
  • Etablir des règles à respecter par tous [27] :
  • En ce qui concerne les processus de décision :
    • Les discussions doivent aboutir à une conclusion
    • La parole doit être concrétisée par des actes.
    • Qu’il soit clair qu’il existe un écart entre le pouvoir consultatif et le pouvoir de décision :
      • Qui exerce le pouvoir ?
      • En quel lieu et moment les décisions se prennent ?
      • En quel lieu ou moment peut-on négocier ou renégocier les choses ?
  • La « règle d’or » de l’officialisation :
    • Importance des ordres du jour
    • Mise à la réflexion de tout ce qui concerne les patients et la vie de l’équipe, notamment ce qui peut être conflictuel.
    • Qui décide de l’ordre du jour ?
    • Comment mesurer la santé d’une institution ? non à l’absence de conflit, mais à sa capacité de les gérer.
  • Connaître les symptômes de crise institutionnelle : elle se traduit par un processus d’indifférenciation, si bien que les prises de décision, comme l’application des décisions prises deviennent difficiles.
    On voit apparaître un non respect des règles, un besoin de redéfinition constante de la relation entre professionnels, des champs d’intervention confus, des jeux d’alliance secrets, un dérapage affectif avec émergence d’angoisse, une augmentation des non-dits favorisant manipulations et triangulations etc…

Des mythes…

Système de croyance collectivement partagé, sorte de rêve éveillé qui circule dans l’institution et dans la tête de ceux qui la compose.
Ils ont une valeur éthique et donnent une cohésion interne.
Ils sont considérés comme fondateur des organisations sociales.
A chacun d’y réfléchir…
Des exemples :

  • Idéal démocratique : chacun de sa place peut influencer le collectif
  • Nous sommes tous égaux devant la mort (garantir une extrême justice)
  • Nous sommes comme une grande famille
  • On ne t’abandonnera pas, tu ne seras pas seul, même et surtout au moment de mourir
  • Il persiste une vie psychique qui te rend humain et unique jusqu’au bout
  • Se battre malgré la mort, jusqu’au bout, ne pas accepter cette défaite… comme vaincre la mort
    Et tous les mythes fondateurs des soins d’origine religieuse autour des valeurs de charité, de don etc…

 LES STRUCTURES FONCTIONNELLES DE L’INSTITUTION

Instituer [28]

  • Etablir de manière stable et durable
  • Etymologie :
  • nord-européenne « stha » être debout ;
  • grecque « placer debout », « prise de position sur » ;
  • latine « instituo » : « placer dans, établir, fonder, ordonner, régler »
  • Deux fonctions :
  • Contenante (production-genèse) :dimension topique fondatrice « mettre à l’intérieur »
  • De transmission (reproduction-transmission) : dimension auto-référentielle (instituer quelqu’un héritier, instituer une règle ; création d’une situation nouvelle ; transmission qui échappe et dure au-delà de..)

Un travail d’équipe indispensable

  • Du fait de la spécialisation et la division du travail
  • Des actions coordonnées ne pouvant être accomplies par une seule personne
  • Collaborer à une tâche complexe, faite d’évènements différents mais interdépendants
  • Lieu de complexité maximum qui doit être analysé, travaillé, organisé, utilisé pour « traiter » plus complètement le patient
  • Lieu cohérent et fiable d’échange, d’alliance thérapeutique dans lequel le malade contracte une part de responsabilité [29].
  • Une hiérarchie des centres de décision
  • Importance du management et de l’encadrement.
  • C’est un système de pilotage.
  • Rôle de réflexivité pour assurer une adaptation permanente à l’environnement et avoir le soucis d’un développement collectif au service du projet.
  • Centré sur la nécessité d’un lien permanent et itératif entre les projets et les actions quotidiennes.
  • Comment éviter des ordres contradictoires qui seraient favorisés par les exigences liées aux différentes interventions spécialisées.
  • Fonction d’expertise : elle accompagne les processus de modification de la vision des réalités professionnelles (techniques, organisationnelles, relationnelles et représentation des objectifs et des politiques de l’entreprise).
    Pour cela, il faut bien connaître l’histoire et la culture de l’institution, être capable d’analyser les dimensions sociales de l’institution etc…
  • Quelle formation reçue ?
  • Différentes fonctions et statuts à découvrir ?
  • Place du service infirmier et para-médical dans le soin ?
  • Le service hôtelier
  • Nouveau médecin coordonnateur et direction
  • Relations aux bénévoles
  • Convention entre le secteur psychiatrique (la psychiatrie de liaison, circulaire MG/FD/LDOCUM99. DEM relative à l’adaptation des établissements d’hébergement pour personnes âgées en vue de l’amélioration de la qualité de vie des résidents présentant une détérioration intellectuelle).

Le systèmes des réunions

  • Principal pilier du travail institutionnel
  • Complexe et difficile à mettre en œuvre. Rôle important dans la dynamique de l’institution (transmission faciles des informations, réduction de la portée des rumeurs).
  • Quelle fréquence ? régularité ? qui y vient ? qui décide des thèmes ? quels buts poursuivis ?
  • Aspect négatif possible : alibi, mode de défense contre l’angoisse, occasion d’éviter des décisions ou actions ; parfois leur multiplication peut produire des blocages et une inefficacité.
  • Elles rythment la vie institutionnelle et ont plusieurs fonctions : prendre du recul, officialiser, faire circuler l’information, dire l’indicible, rendre sensé l’insensé, freiner le temps évènemental, mobiliser le temps arrêté [30].
  • Deux grands types de réunions :
  • Fonction de production (correspond au mandat de l’équipe)
    • Intitulés variés : de synthèse, d’évaluation clinique, de projets de soins, de coordination)
    • Mais aussi de : transmission journalière, ateliers avec le patient, entretiens, consultations d’admission ..
    • Donc, diagnostic multidisciplinaire, discussion de cas, partage et analyse d’informations, élaboration d’interventions thérapeutiques
      Parce qu’il y a plus de choses dans quinze têtes que dans une seule,
      Surtout parce que le malade dépendant est « morcelé » en fonction de la façon dont chacun s’occupe de lui.
  • Fonction d’entretien :
    • Intitulés divers : régulation, conceptualisation, information, auto-formation
    • Questionnement sur la finalité institutionnelle
    • Sur la méthodologie de travail (options théoriques ? outils de référence ?)
    • Relations entre collègues : ambiance, habitudes relationnelles
    • Organisation : horaires, répartition des tâches, règles de fonctionnement, définition des fonctions…
    • Servent à fortifier le tissu institutionnel et les liens entre les personnes.

Ces deux fonctions sont nécessaires et complémentaires et il y a un équilibre entre les deux.

Ex : Si on passe son temps à se quereller, on ne fait pas bien notre travail.

Si on ne redéfinit pas les rôles, cela interfère sur le travail.
Mais la distinction est arbitraire entre ces deux fonctions. Le glissement d’une fonction à l’autre est possible et même souhaitable.

Ex : un résident qui remet en cause les règles de vie de l’institution peut être une opportunité de mettre à jour certaines de nos incohérences. Il participe à nous aider.

Ex : le travail clinique peut être facilité par des réunions centrées sur les relations de travail.

Y- a- t-il un parallélisme d’ambiance entre soignants, résidents et familles ?
Peut-on imaginer des analogies entre les dynamiques relationnelles des sous-systèmes soignants-résidents et résidents-familles ?

Delvigne insiste particulièrement sur la fonction d’évaluation. [31]

C’est un temps d’arrêt, un mouvement de regard de l’équipe soignante sur son propre fonctionnement, son ambiance, des habitudes relationnelles…
Elle appartient à la fonction d’entretien…
Il souligne l’importance d’un cadre. Il ne suffit pas de parler pour que tout problème trouve une solution favorable, pour que chacun se réapproprie une parole personnelle, différenciée.

Qu’est-elle ?

Un temps de parole sur la manière dont chaque professionnel incarne sa fonction et entretient des relations intra et extra-institutionnelles.
Cela présuppose des fonctions clairement définies, sinon il faudra le faire.

Une fonction clairement définie ne détermine pas pour autant les qualités du rôle.

  • Ex : certains disent qu’il y a autant de façons de remplir une fonction éducative qu’il y a d’éducateurs.
  • Ex : on pourrait comparer cela à la façon de tenir tel rôle par un acteur de théâtre, dans tel personnage, de tel pièce ou tel texte.

Ce qu’elle n’est pas ?

Ce n’est pas une réunion diagnostique portant sur le caractère ou les traits de personnalité de l’évalué (ce serait passer du champ professionnel au champ privé).

Ce n’est pas un lieu décisionnel pour décider d’une promotion, d’un changement de statut.. Ce n’est pas un lieu où se jouent les rapports au pouvoir hiérarchique. C’est un contexte de collaboration.

C’est donc un processus de professionnalisation, une cultures d’entreprise où les cadres formés jouent un rôle important, à moins qu’il ne s’agisse d’une pratique collective comme le suggère l’auteur.

Quel est l’intérêt pour l’évalué ?

  • Une occasion de redéfinir sa fonction
  • Evaluer l’adéquation de ses objectifs à ceux de l’institution
  • Evaluer l’adéquation de ses propres attentes à celles de ses collègues
  • Point sur son propre travail (tâches, motivations, relations…)
  • Découvrir son « style thérapeutique », ses ressources
  • Evaluer l’adéquation entre l’image que l’on donne et celle qu’on se prête.

Quel est l’intérêt pour le collectif ?

  • Améliorer la connaissance des ressources de ses membres
  • Permettre et favoriser le développement des compétences individuelles
  • Améliorer la communication horizontale et verticale
  • Renforcer la collaboration et la qualité des contacts entre professionnels
  • Intéresser chaque professionnel aux finalités de l’institution
  • Majorer la motivation individuelle
  • Détecter à temps les problèmes importants ou lever les malentendus
  • Respecter le groupe institutionnel dans sa dimension historique.

 CONCLUSION

Le but de ce texte était de tenter de repérer les paramètres utiles et significatifs, les indicateurs de la qualité de vie d’une équipe s’occupant de patients atteints de maladie d’Alzheimer ou apparentées en EPHAD.

Il serait intéressant, dans l’état d’esprit d’Angélique, d’essayer de définir un référentiel abordant la structuration et l’organisation des équipes.
Celui-ci aurait une fonction de repérage pour les équipes, mais aussi à terme pour les consommateurs, qui vont se trouver de plus en plus souvent confrontés au choix d’un lieu pour accueillir leur parent, travail donc à continuer, à confronter, à critiquer…telle une rumeur…

 Pour citer cet article :

Premières Journées de Gérontologie Trans-Pyrénéennes
1 et 2 Février 2002 – Biarritz et
http://www.systemique.be/spip/ecrir...

BIBLIOGRAPHIE

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3 – La personne âgée et ses besoins (interventions infirmières)
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Thérapie familiale 2001- vol 22, n° 2, p.105-120.

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F. Delvigne
Thérapie familiale – vol.XXI – 2000 – n° 2, p.155-166.

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10 – La formation des soignants face aux troubles démentiels : un point de vue
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16 – Maladie d’Alzheimer – A l’écoute d’un langage
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17 – Les problèmes de stress et de renouvellement du personnel
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Les aidants familiaux et professionnels : de la charge à l’aide
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Les aidants familiaux et professionnels : de la charge à l’aide
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19 – Dictionnaire des thérapies familiales (théories et pratiques)
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20 – Psychothérapie du patient âgé et de sa famille
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21 – La souffrance des soignants
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22 – La supervision d’équipe « du mythe de l’extérieur à l’interpellation au sein même de l’équipe »
M. Meynckens-Fourez
Thérapie familiale, Genève – 1997, vol 18, n°1, p.71-83.

23 – Dans les coulisses de l’organisation
M. Selvini et al – 1984
ESF – Paris.

24 – Soigner sans s’épuiser
L. Brissette et al
Gaétan Morin Editeur – Europe – 1998.

25 – La preuve par le stress
R. Belfer
L’infirmière magazine, n° 73 – Juin 1993.

26 – L’épuisement professionnel en gérontologie. Peut-on y soigner sans s’épuiser ?
Natacha Noël
http: // www. multimania.com / dupontthierry / TEFE-natacha.htm

27 – Soigner en psychiatrie (Entre violence et vulnérabilité)
Madeleine Monceau
Gaétan Morin Editeur – Europe – 1999.

28 – Les bases de la psychothérapie
O. Chambon et al
Dunod – p.13-14.

29 – La psychothérapie institutionnelle
P.F. Chanoit
Que sais-je ? PUF – 1995.

30 – Les personnes âgées, les institutions et le défi du grand âge
Technologie et santé, n° 43, Avril 2001.

31 – Capture et rebouclage sensoriel dans la gestion des comportements perturbés des patients âgés déments lors des soins de base
Y. Gineste, R. Marescotti
ygineste@cec - formation.net

32 – Souffrance en France
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Paris-Points, 1998.

33 – Incidence des relations familles-soignants sur le moral au travail des soignants dans un service de gériatrie
M. Myslinski
Travail présenté au CPDG sur le thème moral des soignants – Grasse, 1984.
(référence non retrouvée)

34 – Le pari du sens. Une nouvelle éthique de la relation avec les parents âgés déments
N. Rigaux
Collection Les empêcheurs de penser en rond.

35 – Lignes directrices pour un projet institutionnel
L. Ploton
Alzheimer, vol 2-6, p.22.

[1Ressources humaines dans les EPHAD : reconnaissance des personnels et connaissances des personnes âgées
J. Clément
Technologie et santé - n° 43 – Avril 2001, p. 62-66.

[2Les unités de soins Alzheimer. Premier symposium national, 8 et 9 Décembre 2000 Maladie d’Alzheimer et déclin cognitif
Recherche et pratique clinique
Serdi Edition – Paris – 2001, p.289-294

[3Unités de soins Alzheimer
Maladie d’Alzheimer : recherche et pratique clinique, vol 4
Serdi Edition – Paris – 2000, p.7-15

[4Compétences du personnel dans les unités de soins Alzheimer et impact sur l’état de santé des résidents
D.A. Lindeman et al,
Unités de soins Alzheimer
Serdi Edition –Paris- 2000, p.205-214.

[5La formation des soignants face aux troubles démentiels : un point de vue
A.M. Gritz
Gérontologie et société, n° 72, Mars 1995, p.182.

[6Faire vivre le projet des établissements pour personnes âgées
R. Vercauteren, B.Laborel, F. Johan
Pratiques du champ social, Erès – 1999.

[7L’aide informelle aux personnes âgées atteintes de démence sénile
Alain Grand et al
Gérontologie et société, n° 72, Mars 1995, p.53-65.

[8Evolution des objectifs thérapeutiques, des pratiques et de l’organisation institutionnelle
L. Ploton
Maladie d’Alzheimer – A l’écoute d’un langage – chapitre 6, p.113-140.

[9Maladie d’Alzheimer – A l’écoute d’un langage
L. Ploton
Edition chronique sociale, 1996.

[10Souffrance en France
C. Dejours
Paris-Points, 1998.

[11Les problèmes de stress et de renouvellement du personnel
M.G.Austrom
Les aidants familiaux et professionnels : de la charge à l’aide
Recherche et pratique dans la maladie d’Alzheimer
Serdi Edition – 2001, p.175-179.

[12Compétences du personnel dans les unités de soins Alzheimer et impact sur l’état de santé des résidents
D.A.Lindeman, P.Arnsberger, D. Owers
Les aidants familiaux et professionnels : de la charge à l’aide
Recherche et pratique dans la maladie d’Alzheimer
Serdi Edition – 2001, p.181-190.

[13La souffrance des soignants en gériatrie
L. Ploton, La personne âgée. Son accompagnement médical et psychologique et la question de la démence
Ed. Chronique Sociale - Lyon - 1991, p.11-26.

[14La souffrance des soignants
M. Personne
L’infirmière en gériatrie – Avril, Mai, Juin 1996, p.7-9.

[15Soigner sans s’épuiser
L. Brissette et al
Gaétan Morin Editeur – Europe – 1998.

[16La preuve par le stress
R. Belfer
L’infirmière magazine, n° 73 – Juin 1993.

[17L’épuisement professionnel en gérontologie. Peut-on y soigner sans s’épuiser ?
Natacha Noël
http: // www. multimania.com / dupontthierry / TEFE-natacha.htm

[18Soigner en psychiatrie (Entre violence et vulnérabilité)
Madeleine Monceau
Gaétan Morin Editeur – Europe – 1999.

[19Les bases de la psychothérapie
O. Chambon et al
Dunod – p.13-14.

[20Systémique : limited or unlimited company ?
B. Fourez – Bruxelles
Thérapie familiale 2001- vol 22, n° 2, p.105-120.

[21Incidence des relations familles-soignants sur le moral au travail des soignants dans un service de gériatrie
M. Myslinski
Travail présenté au CPDG sur le thème moral des soignants – Grasse, 1984.
(référence non retrouvée)

[22Du côté de chez soi
M. Hereman
ESF Editeur, 1989.

[23Le pari du sens. Une nouvelle éthique de la relation avec les parents âgés déments
N. Rigaux
Collection Les empêcheurs de penser en rond.

[24Lignes directrices pour un projet institutionnel
L. Ploton
Alzheimer, vol 2-6, p.22

[25Du côté de chez soi
M. Hereman
ESF Editeur, 1989.

[26La supervision d’équipe « du mythe de l’extérieur à l’interpellation au sein même de l’équipe »
M. Meynckens-Fourez
Thérapie familiale, Genève – 1997, vol 18, n°1, p.71-83.

[27La supervision d’équipe « du mythe de l’extérieur à l’interpellation au sein même de l’équipe »
M. Meynckens-Fourez
Thérapie familiale, Genève – 1997, vol 18, n°1, p.71-83.

[28Dictionnaire des thérapies familiales (théories et pratiques)
sous la direction de S. Miermont
Payot – 1987.

[29Les personnes âgées, les institutions et le défi du grand âge
Technologie et santé, n° 43, Avril 2001.

[30Comment fonctionnes-tu mon cher collègue ? La réunion d’évaluation
F. Delvigne
Thérapie familiale – vol.XXI – 2000 – n° 2, p.155-166.

[31Comment fonctionnes-tu mon cher collègue ? La réunion d’évaluation
F. Delvigne
Thérapie familiale – vol.XXI – 2000 – n° 2, p.155-166.


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