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Le système d’emprise

J.-C. Maes

mardi 13 janvier 2009 par Maes Jean-Claude

 Le système d’emprise

Jean-Claude Maes, psychologue, thérapeute familial systémique

Ce texte a pour objet de montrer que l’emprise, quel que soit le contexte dans lequel elle se décline, implique toujours plus d’acteurs que les seuls empriseur et emprisé. Ou en d’autres termes, qu’elle ne se déploie pas seulement dans une relation comme l’a décrit Dorey (1981), même si cette relation est au centre du phénomène, mais dans un ensemble de relations, c’est-à-dire un système. J’aurais pu illustrer mon propos par des histoires de couple, de famille, ou de groupes divers. Néanmoins, je me concentrerai sur le phénomène sectaire, notamment à travers deux illustrations cliniques représentatives.

 1. Introduction

Développer pleinement le concept de système d’emprise aurait probablement nécessité une série de préalables, que je me contenterai d’évoquer afin de ne pas diluer mon propos. On pourrait les classer en deux catégories.

Le phénomène sectaire

Premièrement, j’ai créé à Bruxelles, en 1997, un service d’aide aux victimes du comportement sectaire au sein duquel mes collaboratrices et moi-même avons accumulé une somme d’observations et de réflexions qui finit par me donner, en ce qui concerne la nature du phénomène sectaire, un sentiment de pertinence, voire d’objectivité. Je devrais en retirer une certaine assurance, mais malheureusement, les contenus que je suis régulièrement amené à exposer sont parfois à l’opposé de l’idée commune, ce qui fait que je rencontre, la plupart du temps, beaucoup d’objections. Par rapport auxquelles je ne prendrai pas les devants. Mais j’invite le lecteur soit à consulter notre site : http://www.sos-sectes.org, soit à attendre la parution, prévue pour le premier trimestre 2010, d’un ouvrage dans lequel je fais le bilan de notre travail, et qui devrait s’intituler, si les Editions De Boeck ne me demandent pas de modifier ce titre : Emprise et manipulation – Nous sommes tous concernés.

Un modèle théorique plus général

Deuxièmement, la pratique de l’aide aux victimes de sectes m’a suggéré un modèle théorique plus général, dont j’exprime ici, en primeur, une petite partie. A défaut d’offrir un objet total, je me suis choisi un maître, dont le modèle théorique est plus abouti que le mien, et susceptible de soutenir mon investigation. Il s’agit de Greimas, père de la sémiotique française. C’est loin d’être le seul choix possible, car il y a beaucoup de façons d’aborder le concept de système d’emprise, mais celle-ci est relativement originale. On verra les raisons de mon choix au fur et à mesure de son développement.

 2. Un enchaînement de concepts

Une première raison, c’est l’ambition affichée par Greimas de trouver des intersections entre les différentes sciences humaines. Ambition qui pourrait s’appliquer, par exemple, à la psychanalyse et à la systémique. Or, définir la nature d’un système d’emprise va m’obliger à élargir la définition que les thérapeutes systémiques ont l’habitude de proposer du système, à savoir un ensemble de fonctions en relation les unes avec les autres. L’emprise engage un peu plus que les fonctions incarnées par les individus subissant cette emprise, il nous faudra entrouvrir la boîte noire. Je proposerai donc de voir le système comme un ensemble d’actants en relation les uns avec les autres. Un actant, au niveau zéro de la sémiotique, on pourrait dire qu’il s’agit d’une composante de l’action. En pratique, il s’agit d’une catégorie générale obtenue en classifiant tous les personnages intervenant dans un grand échantillon de récits. Comme je le comprends, il me semble qu’on pourrait y voir un méta-personnage. Greimas en retient six, et ainsi que nous le verrons, je suis tenté d’en proposer huit.

Le sujet

La question posée serait donc : comment un même signifiant, utilisé par deux épistémologies très différentes l’une de l’autre, pourrait-il être défini de façon à les réconcilier ? Prenons, par exemple, le concept de sujet. Pour la psychanalyse, l’individu est sujet de l’inconscient. Pour la systémique, il incarne une fonction, dans un système. Mais il faut savoir que le mot sujet vient du latin subjectum qui est tout simplement le sujet grammatical, et que le verbe subjecto signifie mettre sous, soumettre, assujettir. Le sujet grammatical est assujetti au verbe... Le sujet psychanalytique est certainement assujetti à l’inconscient. Et nous supposerons que le sujet systémique est assujetti au système… Je ne suis pas le seul à penser qu’il faut différencier une emprise normale, par laquelle le collectif peut prendre le dessus sur l’individuel, et une emprise pathologique, par laquelle un individu pervers arrive à inscrire ses transgressions dans une durée. Eiguer, par exemple, affirme : les hommes et les femmes d’aujourd’hui ne comprennent peut-être pas assez qu’attachement ne signifie pas asservissement ; un peu d’emprise est nécessaire pour qu’il y ait du liant [...] J’attire l’attention sur la présence universelle d’une emprise fonctionnelle [...] Cette emprise est aux antipodes de l’emprise du pervers, qui est une forme d’ignorance de l’autre visant à l’utiliser aux seules fins de sa jouissance (2002, 51). Il peut s’agir de maltraitance, d’abus moral et/ ou sexuel, de harcèlement, etc. Peu importe le cas de figure, ce qui frappe les observateurs, c’est que la victime de ces transgressions semble incapable d’y échapper.

En réalité, le concept de sujet, tel qu’il apparaît sous la plume de Lacan et tel qu’il s’est imposé à tous les psychanalystes, vient de la philosophie. Le sujet, c’est fondamentalement l’être ou le principe actif susceptible de posséder des qualités ou d’effectuer des actes (cette définition vient du Trésor de la Langue Française informatisé). En accord avec une telle définition, Greimas définit le sujet comme le point d’origine du désir, ce qui en fait le principal actant, avec l’objet, but du désir. Parmi les différents actants d’une quête, le sujet est précisément celui qui mène cette quête, d’une part parce que c’est sa fonction (on peut l’entendre dans son sens pleinement systémique), et d’autre part parce qu’il présente les qualifications nécessaires, ou est susceptible de les acquérir. Concrètement, cela signifie que l’individu incarnant un personnage de sujet prend la responsabilité d’un désir qui du coup, ressemble à s’y méprendre au désir psychanalytique. Mais d’un autre côté, incarner ce personnage en fait explicitement un élément du système constitué par les actants en relation les uns avec les autres. Cette articulation entre la psychanalyse et la systémique sera mon fil directeur. Il importe donc de ne jamais la perdre de vue.

L’identité

Il est difficile de dire à quoi pourrait correspondre le concept de qualification. Du côté systémique, je crois pouvoir affirmer qu’il est inexistant, mais pourrait être utilisé. Du côté analytique, on pourrait peut-être évoquer le Moi, mais Greimas se méfie – se défie, même – du concept d’inconscient. Il me semble pour ma part qu’il faut lier le concept de qualification à celui d’identité. Car l’enjeu de la quête, c’est avant tout un changement d’identité.

Je propose de définir l’identité selon quatre axes, soit un de plus que la définition habituelle (Maes, 2002, etc.). L’identité serait ce qui, de soi-même :

1) est identique à d’autres ;

2) est différent d’autres, et rend, dès lors, identifiable ;

3) reste identique à travers le temps ;

4) change à travers le temps, et doit, dès lors, être identifié.

Ce quatrième axe correspond, en anthropologie, aux rites de passage.

Le rite de passage

Le premier contexte dans lequel on puisse repérer de façon incontournable une relation d’emprise (mais une emprise normale, non pathologique et je dirais même : fondatrice), c’est celui des rites de passage. On parle beaucoup, actuellement, de la déritualisation de la société occidentale. D’après les recherches menées à SOS-Sectes, c’est un des principaux éléments susceptibles d’expliquer le développement du phénomène sectaire, parallèlement à celui de la toxicomanie, à partir des années 70.
A quoi servent les rites de passage ? D’après Van Gennep, dont les travaux en la matière demeurent la référence (1909), ils servent à gérer deux sortes d’autre : d’une part l’étranger (l’étrange étranger), et d’autre part le changement. Le premier « étranger » dont on ait à se protéger, c’est le bébé, d’où les rites accompagnant l’accouchement. L’autre dans le couple, et plus particulièrement la femme pour l’homme, représente pareillement un danger dont il faut se protéger (je me réfère ici à l’anthropologie, mais aussi au refus du féminin tel qu’il a été conceptualisé par Schaeffer, 1997). Les rites funéraires, quant à eux, sont surtout destinés à protéger les vivants contre les morts, la mort. Un certain nombre d’autres rites de passage ont pour fonction de séparer la mère de l’enfant, et l’enfant de la mère. Etc.

Un autre aspect de la question, c’est que les rites de passage s’accompagnent d’un changement d’identité. Or, le seul élément récurrent d’une histoire d’embrigadement sectaire à une autre, c’est justement le fait, pour le futur adepte, d’être dans une phase de fragilisation identitaire. Des sectes, on peut dire qu’elles proposent aux futurs adeptes un prêt-à-porter identitaire et des rites. Mais revenons à Greimas. Même ses critiques les plus farouches lui reconnaissent une certaine pertinence en ce qui concerne la narrativité. Or, le rite c’est d’abord un scénario.

Une valse à trois temps

Je me suis beaucoup intéressé à la temporalité du lien, et j’en reviens toujours à une structure plus ou moins ternaire :

Acte 1
Anthropologie Séparation Marge Agrégation
Poétique Exposition Conflit Dénouement
Rhétorique Thèse Antithèse Synthèse
Victimologie Séduction Déstabilisation Reconstruction
Sémiotique Qualification Quête Requête
Epreuve qualifiante Epreuve principale Epreuve glorifiante

Les rites de passage se décomposent en trois étapes :

1) des rites de séparation du monde antérieur,

2) une période de marge se caractérisant par d’autres rites spécifiques,

3) des rites d’agrégation au monde nouveau.

Pour Dessoy, ce modèle peut s’appliquer aux cycles familiaux. Dans ce contexte, la première étape consiste pour le sujet à être mis à l’écart de sa communauté, cependant que celle-ci opère un resserrement d’elle-même. Pendant la deuxième étape, le sujet subit différentes épreuves et s’initie, cependant que les divergences et les antagonismes suscités dans la communauté par le changement de la personne sont mis en scène. Ces divergences ne dégénèrent pas en conflit car la communauté a, au préalable, réaffirmé ses forces complémentaires, sa cohésion. Progressivement, une véritable négociation s’enclenche et les points de vue se jouent et se discutent ; ceci aboutit à un compromis acceptable par les parties en désaccord (Courtois, 1999, 243). Quant à moi, je dirais, dans ma propre terminologie, que la réaffirmation des forces complémentaires permet de réexaminer les conflits structurant la communauté sans qu’ils ne dégénèrent en guerre, et de générer un nouveau compromis. Sans ce compromis, le sujet ne pourrait réintégrer le groupe (ibidem, 243-244).

Le modèle aristotélicien

La poétique, pour sa part, découpe le scénario en exposition, conflit et dénouement. L’exposition est une séparation à trois titres. Premièrement, le héros, après quelques hésitations éventuelles, accepte l’appel de l’aventure (Vogler, 2002, 92-97). Il sait qu’il devra consentir des sacrifices, c’est même pour cela qu’il a hésité. Mais il part. Il quitte ce qui faisait, jusque là, son quotidien, le monde ordinaire (ibidem, 77-91). Deuxièmement, les proches vivent le plus souvent ce départ comme un abandon. Ce qui, dans le cas des sectes, en fait des co-victimes, et en fera, parfois, des co-adeptes (Maes, 2000 et 2005a, j’y reviendrai assez longuement). Troisièmement, l’exposition a pour fonction de séparer le spectateur de son propre monde ordinaire, ce qui nécessite de lui faire accepter les conventions narratives qui organisent le récit. Ou pour le dire autrement, l’exposition se donne pour objectif de séduire le public, du latin seducere qui signifie amener à part, à l’écart. L’acte 2 donne classiquement à voir un conflit qui se noue, et l’acte 3 un conflit qui se dénoue. La scène finale relève toujours plus ou moins de l’agrégation. Qu’on pense, par exemple, au fameux : Ils furent heureux et eurent beaucoup d’enfants. Qui sous son apparente banalité, montre qu’il y a, dans la résolution du conflit, un enjeu de filiation.

Dans le cas de la rhétorique, dont l’invention est contemporaine de celle de la poétique, il y a thèse, antithèse et synthèse. La thèse présente le thème dont traite la dissertation, et à tous les égards, elle joue le rôle d’une exposition. L’antithèse met les idées en conflit. La synthèse propose un compromis qui relève de l’agrégation des idées.

L’embrigadement sectaire

En ce qui concerne le phénomène sectaire, la plupart de ses théoriciens français découpent l’embrigadement en séduction, déstabilisation et reconstruction (Fournier et Monroy, 1999). J’aimerais souligner deux points. Le premier, c’est que la séduction des sectes, contrairement à l’idée commune, tient précisément en ce qu’elles proposent aux adeptes potentiels des outils pour devenir plus autonomes et responsables encore qu’ils ne l’étaient déjà (Maes, 2006, 150, etc.). L’entrée en secte relève de la quête héroïque, or le rôle du héros, sa fonction phorique dirait Kaës (1993), c’est de porter le changement. Si je décompose la demande de la façon dont le fait Neuburger (1984, 17), je dirai qu’au démarrage de la quête sectaire, le futur adepte porte l’allégation, et le futur co-adepte, très rapidement, se met à porter la souffrance : il est la première victime identifiable. La secte peut être une « secte à deux », cela n’y change rien. En contexte de travail, par exemple, le harcelé est souvent celui qui désirait le plus « bien faire ». Vu sous cet angle, il porte à la fois l’allégation et la souffrance... Le symptôme, pour ce que j’en perçois, est porté par le gourou, indéniablement le personnage le plus pathologique de la quête qui se prépare. Son support est sûrement le support d’une escroquerie, mais c’est d’abord et avant tout le produit de sa pathologie. Ceci étant posé, le second point que j’aimerais souligner, c’est que la phase de reconstruction ne concerne pas la personnalité comme le laisse entendre la terminologie utilisée par les théoriciens anglo-saxons, mais l’identité. La déstabilisation, euphémisme désignant le véritable traumatisme vécu par certains adeptes, fait éclater l’identité en morceaux épars que l’adepte réunifie en un patchwork concordant le mieux possible à l’idéal sectaire, c’est-à-dire à l’identité du gourou. On est fondé, ici, de parler d’identification à l’agresseur (Maes, 2002).

Un schéma narratif

Je vais tâcher de reprendre tout cela dans le cadre du schéma narratif tel que l’a découpé Greimas. En réalité, il en a proposé deux. Mais malgré l’intérêt du second, je m’en tiendrai surtout au premier, qui demande moins de pré-requis. Quoi qu’il en soit, ils s’organisent tous deux, comme annoncé, autour d’un sujet qui poursuit la quête d’un objet. Les personnes, événements, ou objets positifs qui l’aident dans sa quête sont nommés adjuvants. Les personnes, événements ou objets négatifs qui cherchent à empêcher sa quête sont nommés opposants. La quête est commanditée par un émetteur (ou destinateur), à destination d’un destinataire. Des rôles divers peuvent être cumulés par une personne, un objet ou un événement ; ou répartis entre plusieurs personnes, objets ou événements.

Pour rappel, mon hypothèse est que ces différents éléments, que Greimas qualifie d’actants, et met en relation les uns avec les autres, constituent un système, et plus précisément ce que j’appelle un système d’emprise. Avant de développer une démonstration de cette hypothèse, je ferai deux remarques :

1) les actants peuvent être incarnés par des personnes, mais également par des objets ou des événements. En d’autres termes, ces objets ou événements peuvent jouer un rôle au même titre que des personnes. Il est tentant, ici, d’introduire le concept d’objet flottant (Caillé, 2005, etc.), mais je m’abstiendrai de développer cette idée ici.

2) la quête s’organise autour de l’établissement et de l’acceptation d’un contrat, d’un mandement (Greimas, 1966, 195-196). Il y a un mot anglais que je trouve très parlant à cet égard : bound. Comme bind, il signifie un lien et une contrainte (il s’agit même d’un peu plus que d’une contrainte, puisqu’il peut désigner les fers de l’esclavage), mais surtout, il peut s’agir d’un contrat. Le contrat lie, et s’il est léonin, il peut organiser un véritable esclavage.
C’est ici qu’intervient une notion juridique qui pourrait avoir une importance capitale en matière de défense des victimes de sectes, le concept de vice de consentement. Perrone, connu pour ses travaux sur la maltraitance et l’abus sexuel, insiste beaucoup sur le fait que l’emprise de l’abuseur repose sur un pacte qu’il a passé avec la victime (2000, 127). Pacte que cette dernière hésite à trahir.

 3. Le modèle actantiel

Le travail de Greimas a consisté essentiellement à repérer les unités élémentaires du discours, et à les classer de façon à constituer des catégories générales, toujours sous forme de paires opposées. La distinction que fait la psychanalyse freudienne entre le discours manifeste et le discours latent ne lui paraissait pas scientifiquement recevable (1986, 98). Ne l’était, à ses yeux, que ce qui, du discours, rend compte de phénomènes observables, à savoir les actions. Il a fallu attendre 1991 (un an avant sa mort) pour qu’il envisage d’aborder une autre dimension du discours, à savoir les passions, et encore, en tant que moteurs d’actions. Au plus haut niveau de généralisation, Greimas retient un nombre limité de concepts cruciaux.

Un premier axe utile à mon propos oppose les actants aux prédicats. Les actants désignent, comme je l’ai déjà évoqué, les rôles fondamentaux et abstraits en tant qu’ils sont susceptibles d’être le point d’origine d’une action. Les prédicats constituent le deuxième terme de l’action, déterminant le premier. De ce point de vue, il me semble qu’ils sont susceptibles d’être le point d’arrivée de l’action. Il ne faut cependant pas confondre l’opposition actants versus prédicats avec l’opposition sujet versus objet. Dans le premier cas, il est question d’action, et dans le second de désir. Il existe au moins six actants, présentés eux aussi par paires opposées : le sujet et l’objet qui constituent l’axe du pouvoir ; le destinateur et le destinataire qui constituent l’axe du savoir ; l’adjuvant et l’opposant qui constituent l’axe du vouloir. Les prédicats, quant à eux, se divisent en fonctions et qualifications. J’ai déjà évoqué cette dernière opposition, je n’y reviendrai pas.

Récapitulons : le sujet, en tant qu’actant, est en deçà du sujet psychanalytique. Néanmoins, nous en savons déjà assez long pour comprendre en quoi l’incarnation impersonnelle d’une fonction ne peut expliquer l’emprise du groupe sur l’individu, ni l’emprise d’un individu sur un autre dans le groupe. Par ailleurs, j’ai posé l’hypothèse (fortement étayée par la clinique très spécifique expérimentée à SOS-Sectes) que le sujet-adepte y engageait son identité, alors que le « gourou » (dont il nous reste à déterminer quel actant il incarne) y engage sa personnalité plus ou moins pathologique suivant la nature de l’emprise. Nous allons maintenant examiner l’ensemble des six actants proposés par Greimas, sachant d’ores et déjà que les différents acteurs amenés à incarner ces actants y engageront tous quelque chose d’eux-mêmes, au minimum leur désir et/ ou leur identité. Ils présenteront en tout cas les qualifications nécessaires à cette incarnation. J’aimerais insister sur un point : au même titre que l’adepte de secte engage sa responsabilité dans une rencontre traumatique par vice de consentement, les autres acteurs d’un système d’emprise (normale et pathologique) engagent la leur dans l’incarnation de tel ou tel actant en toute inconscience des enjeux réels de la quête. On n’est pas obligé de l’entendre au sens psychanalytique : j’ai parlé d’inconscience, pas d’inconscient. Voici comment Greimas schématise le modèle actantiel :

A partir d’ici, par souci de clarté, j’illustrerai mon propos de deux cas cliniques, que j’ai retenu parmi beaucoup d’autres du fait qu’ils ont, en contexte étudiant, passé le Rorschach et le TAT quelques années avant leur entrée en secte, et que je dispose de leurs protocoles... Cette particularité me permet d’évacuer d’amblée certaines hypothèses qui ne se vérifient pas dans le cadre de la consultation à SOS-Sectes, mais qui dominent pourtant parmi les intervenants en santé mentale... Je rebaptise les deux ex-adeptes dont il va être question Steve et Alexia.

Deux cas cliniques

De Steve et d’Alexia, on peut pareillement dire qu’ils ont une personnalité névrotique normale. Steve présentait une dimension plus rigide qu’Alexia, et il n’est sans doute pas anodin qu’il soit rentré dans une secte religieuse dont les principaux rituels ont une allure relativement obsessionnelle. Alexia présentait une dimension plus labile, et est entrée dans une secte également religieuse, mais dont la particularité est de beaucoup tabler sur des phénomènes groupaux relevant de l’hystérie collective...

Steve a repassé un Rorschach et un TAT après sa sortie de secte, dans le cadre de notre recherche sur le profil individuel de 25 ex-adeptes de sectes (Maes, 2001) et nous avons pu constater un changement entre les deux protocoles, qui évoque un stress post-traumatique ; pour Alexia, nous ne disposons pas d’un protocole postérieur à l’appartenance sectaire, mais il nous semble qu’elle a dû connaître un épisode dépressif dans les mois qui ont précédé sa sortie, dont elle s’est bien remise, au point qu’elle allait de toute évidence beaucoup mieux que Steve... Je n’en dirai pas plus long sur la dimension individuelle intrapsychique de ces deux cas cliniques, mais j’aimerais souligner qu’elle correspond au plus grand nombre. J’ai récemment pu établir que la dimension de répétition individuelle psychofamiliale est inversement proportionnelle à la taille du groupe sectaire (Maes, 2009). Elle est donc maximale dans les couples, ce que j’appelle parfois les « sectes à deux », minimale dans les grands groupes à alibi religieux. Dans ces derniers, on peut pleinement parler de rencontre traumatique.

L’axe du pouvoir

A priori, l’adepte occupe la position de sujet, et le gourou celle d’objet. Il faut entendre par là que l’adepte choisit vraiment d’adhérer à la secte, et qu’il le fait pour exercer son pouvoir, pour s’engager dans une quête, la poursuite d’un idéal incarné par le gourou.

D’un point de vue lacanien, on pourrait soutenir que le gourou chosifie les adeptes, et que dès lors, la quête qu’il leur propose est un faux-semblant qui organise un véritable vice de consentement. Un tel point de vue est utile pour établir le statut de victime par lequel on va tâcher de déculpabiliser l’ex-adepte ou le co-adepte venu nous consulter. Nous ne pourrions faire l’économie de cette phase de déculpabilisation, car c’est un étayage indispensable à la suite du travail thérapeutique. Mais on ne pourrait en rester là. L’ex-adepte doit retrouver le pouvoir qu’il a perdu ou croit avoir perdu. Idem pour le co-adepte, qui est d’abord co-victime. Soyons clair : au delà du symptôme et de la souffrance, ce qui pose vraiment problème, c’est la perversion de l’allégation.
Aussi bien pour Steve que pour Alexia, la secte répond à une véritable attente : dans le cas de Steve, je dirais un supplément d’âme, dans une vie à laquelle rien ne manque pour être heureux, en dehors d’une transcendance ; dans le cas d’Alexia, un retour vers les origines du christianisme, et l’impression de mener une vie moins égoïste (elle se sentait parfois coupable d’aller bien, d’avoir un mari aimant, un métier gratifiant, un certain confort matériel).
Steve n’a pas eu l’occasion de faire des études, mais dans l’entreprise où il est entré au grade le plus bas, il a peu à peu gravi les échelons : il en éprouve une légitime fierté, mais garde un regret de ne pas avoir fait d’études. Les études bibliques proposées par la secte ne sont sans doute pas pour rien dans son embrigadement. Dans son cas, l’objet de la quête est moins un quelconque gourou (très loin de l’adepte de base dans ce type de grand groupe) que la Bible, le livre le plus vendu au monde. Dans la secte d’Alexia, ce n’est pas non plus le gourou qui constitue l’objet de la quête, pour les mêmes raisons : c’est carrément le Christ (il faut devenir comme lui). Or, de façon assez troublante, cette secte – et ce n’est pas la seule à faire cela – fait circuler une description médicale de ce qu’a pu être la crucifixion du Christ. La notion de sacrifice est sans équivoque possible à l’avant-plan.

L’axe du savoir

Selon Courtès (1991), le schéma narratif canonique pose que le destinateur-manipulateur exerce une manipulation sur le destinataire-sujet, et le destinateur-judicateur, une sanction, positive ou négative en fonction de questions telles que : L’action est-elle réalisée et bien réalisée ? Le destinataire-sujet présumé est-il le bon ou y a-t-il imposture ou méprise ?

Le problème dans une secte, c’est que :

1) l’imposture n’est pas le fait du sujet-adepte, mais celui du destinataire-gourou. Le savoir du gourou est au mieux un syncrétisme, au pire un fantasme pervers, et dès lors, la quête est vouée à l’échec ;

2) le gourou tient également le rôle du destinateur-judicateur, et au lieu de reconnaître son imposture, il va immanquablement faire tomber sur le destinateur-adepte une sanction négative.

Dans le groupe auquel appartient Steve, il est interdit d’exprimer le moindre doute « spirituel » (entendez par là : le moindre découragement). Si vous le faites, on vous explique que vous êtes en grave danger « spirituel », et pour vous en sauver, on vous propose de prester des heures d’activité prosélyte, plus ou moins nombreuses suivant la gravité du danger.

L’adepte n’est pas le seul destinataire du gourou. Ou plutôt : la relation gourou-adepte n’est pas la seule du système d’emprise à se placer sur l’axe du savoir. En effet, l’adepte entretient avec le gourou une relation mimétique (souvenez-vous : le gourou est l’objet de l’adepte). Ce qui l’amène à devenir, à son tour, destinateur. Et très précisément : destinateur-manipulateur (la sanction reste le privilège du gourou). Ses destinataires sont prioritairement les proches non adeptes, qu’il faut sauver. On dit souvent que les sectes brisent les familles : c’est exact, à condition de ne pas entendre par là que les ruptures sont programmées par le gourou. La réalité est plus complexe : le destinateur-adepte ne comprend pas que la plupart de ses proches soient si peu sensibles à la beauté de sa quête. Il insiste, s’entête, devient agressif. Parfois, le ton monte, le conflit s’envenime, jusqu’à dégénérer en guerre : c’est alors que survient, trop souvent, la rupture. Que le destinateur-gourou ne manque pas d’interpréter comme une sanction du réel : cette rupture est une preuve incontournable de l’échec du sujet-adepte, et sa juste punition. En général, le gourou ne doit même pas se donner cette peine, car le conditionnement de l’adepte lui indique comment interpréter les faits.

Quand le mari d’Alexia demande le divorce alors que leur mariage avait été sans grand conflit pendant presque dix ans, Alexia éprouve un mélange de culpabilité et de honte : de culpabilité parce qu’on ne lui a pas caché qu’elle avait manqué d’humilité dans ses rapports avec son mari, et de honte parce que dans cette « Eglise », on ne divorce pas. Elle reste seule avec sa détresse, et pleure en cachette en se sentant coupable de pleurer : ne vit-elle pas une merveilleuse aventure spirituelle ?

L’axe du vouloir

Il est entendu que le héros, en acceptant l’appel de l’aventure, est prêt à faire des sacrifices, que son initiation passe par une soumission. Relative dans un premier temps. Il se prépare à l’affrontement de l’épreuve, et il sait que cet affrontement va lui laisser une marque. Cette marque sera le signe de sa nouvelle identité, ira de pair avec sa reconnaissance par la communauté. Qu’on pense, ici, du côté des rites de passage, aux tatouages, scarifications, circoncisions et autres atteintes corporelles traditionnelles.

Néanmoins, le plus dur ne relève pas de l’aléa ou de l’obstacle, de l’apprentissage ou de l’initiation, des privations ou des ordalies. L’épreuve centrale tourne autour de la révélation du traître (Greimas, 1966, 199-202, ou encore 1970, 260-270). J’aimerais attirer l’attention sur un élément de la théorie de Greimas qui pourrait se noyer dans l’ensemble alors qu’en fait, il est capital : pour lui, la révélation du traître et la révélation du héros sont indissociables... Parce que la déception vécue par le héros en découvrant le vrai visage de celui qui se disait son allié, voire son ami (en tout cas, le traître est toujours un proche), cette déception est généralement le vrai déclencheur de la soumission du héros à la quête (ibidem, 200). J’affirme que ceci est vrai dans les sectes, mais surtout vrai dans n’importe quel système d’emprise. C’est ce que Freud, me semble-t-il, mettait sous le concept de narcissisme des petites différences (1929). Et c’est ainsi que l’étude du phénomène sectaire m’a amené à formuler que si la désignation du bouc émissaire attaque le plus à l’extérieur de ceux qui sont à l’intérieur, et la désignation de l’ennemi, les plus à l’intérieur de ceux qui sont à l’extérieur. Pour une secte chrétienne, l’ennemi ce n’est pas l’Islam ni même l’athéisme, l’ennemi c’est le catholicisme. Pour l’adepte de cette secte, l’ennemi sera un proche, de préférence un très proche qui s’oppose à sa quête, et ce faisant, de son point de vue, le trahit. Nous tenons ici une des figures du co-sectarisme, sans doute la principale.

Pour Steve, l’adjuvant (pour rappel, l’actant positif supposé l’aider dans sa quête) est un collègue de travail, dans un contexte où il se pose des questions sur le sens de la vie et la transcendance, s’intéresse à la philosophie et aux religions, est tenté de lire la Bible mais se demande par quel bout la prendre.
Les opposants, il les rencontre très rapidement : tous ses amis lui disent que ce groupe est une secte, refusent d’entendre que les gens qu’il rencontre dans ce groupe sont très sympathiques, bref les anciens amis se montrent intolérants, voire agressifs vis-à-vis des nouveaux qui la jouent magnanime.
Pour Alexia, l’adjuvant est une charmante jeune maman rencontrée à un arrêt de tram, qui lui dit fréquenter une église protestante. Il se fait qu’Alexia est de plus en plus insatisfaite du catholicisme dans lequel elle a été éduquée. Très rapidement, elle est prise en main par une directrice (autre adjuvant) qui restera une amie bien au-delà de l’embrigadement (en fait, elle quittera la secte avant Alexia, ce qui contribuera au déclic de sortie de cette dernière).
Dans son esprit, elle va se rendre digne de son mari qu’elle admire beaucoup, vis-à-vis de qui elle se sent un peu inférieure. Hélas, c’est lui qui s’avère le principal opposant : il exprime qu’il se sent cocufié par tout un groupe, mais elle ne comprend pas. Un jour, il se rend compte que la directrice d’Alexia se mêle de leur vie sexuelle... Ce jour-là, il la frappe. Ne se reconnaît pas dans cet acte. C’est le début du désastre (Badiou, 2003, 107-115). Au plus ça dégénère, au plus elle se réfugie dans ses convictions, et au plus son mari se sent trompé. Poussé par sa directrice, elle se montre de plus en plus soumise à son mari, lui pardonne de l’avoir frappée et lui dit, fait tout ce qu’elle peut pour le séduire, y compris des gestes sexuels qu’elle n’avait jamais eu. Mais son mari n’est pas dupe de la manipulation, d’autant que la seule chose qu’elle ne fait pas, c’est renier sa loyauté, sa fidélité au groupe. Il finit par demander le divorce.

 Essai de conclusion - L’axe du devoir

A ces trois axes, le pouvoir, le savoir et le vouloir, il manque une dimension, que Greimas n’identifie que très tardivement (1991), et qu’il qualifie le pâtir. Celui-ci soutient la passion et les passions, sans lesquelles la quête n’aurait tout simplement pas lieu. La perception, et plus particulièrement sa dimension émotionnelle, s’opposent à l’action, dans un mouvement dont Labarrière dit qu’il est plus réflexif que contradictoire. Il reprend à ce sujet le vieil adage grec qui dit que le chemin d’Athènes à Sparte n’est pas le chemin de Sparte à Athènes, et relève qu’il faut pourtant emprunter la même voie (Hénault, 1994, 213). On l’aura compris, cet axe est à un autre niveau logique que les trois autres, qui concernent tous trois l’action.

En ce qui concerne ce registre de l’action, je pense qu’il lui manque un axe encore, que je définirais comme celui du devoir, opposant le prescripteur et l’interdicteur (Rastier, in Greimas, 1970, 140-142). On pourrait également, ici, évoquer l’opposition du bien et du mal, sauf que ces notions pourraient également recouper l’axe du vouloir, l’adjuvant et l’opposant. D’un autre côté, j’y mets quelque chose d’assez proche de ce que Badiou met dans l’éthique des vérités (2003, 60-79). Je ne vais pas développer, mon objectif n’étant pas de refaire le monde de la sémiotique, mais de clôturer mon développement en expliquant ce qui permet aux adeptes d’une emprise pathologique d’échapper à celle-ci. Or, d’après les récits récoltés à SOS-Sectes, le déclic de la sortie est systématiquement un événement présentant simultanément une dimension éthique et une tonalité fortement émotionnelle.

Le cas de Steve est intéressant à décrire : il n’avait gardé qu’un seul ami non adepte, datant de l’enfance. Un été, il part en vacances avec cet ami, leurs femmes et leurs enfants, dans un gîte loué en commun. Son ami s’était toujours soigneusement abstenu de critiquer la secte, sachant que Steve s’était disputé avec plusieurs de leurs amis communs. Pendant ces vacances-là, par contre, il prend Steve à part pour pointer quelques incidents relevant de l’infraction aux règles de la vie en communauté. Il n’est pas en colère, mais demande à ce que Steve et sa femme fassent un effort. Steve se met à sangloter, et lui avoue qu’il est devenu une loque, qu’il faut qu’il quitte ce groupe avant qu’il soit trop tard…

Le cas d’Alexia est également très significatif : on lui a reproché de s’absenter trop souvent pour assister sa mère en soins palliatifs...
Notre modèle d’intervention auprès des proches d’adeptes de sectes (couples, petits groupes ou grands groupes) découle directement de telles observations : nous leur proposons de raconter ce qui s’est passé, et nous essayons, en soutenant ce récit par des questions orientées, de repérer les actants non adeptes de cette histoire. Dans la mesure où ils appartiennent au système d’emprise incriminé, nous partons du point de vue qu’eux seuls sont capables de dénouer ce qui a été noué par le gourou. Comment ? En troquant leur rôle d’opposant (ou, plus rarement, d’adjuvant) contre un rôle de sujet (il me semble que c’est comme cela qu’on pourrait résumer le rôle de l’ami de Steve).

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Jean-Claude Maes c/o SOS-Sectes
85 rue Marconi, à B-1190 Bruxelles
Tél. : 00.322.345.96.32
Fax : 00.322.343.70.88
Courriel : sos-sectes@skynet.be
Site : http://www.sos-sectes.org

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