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La transmission dans la famille

jeudi 29 janvier 2009 par Wathelet Marie

La transmission dans la famille :
Secrets, fictions et idéaux
Sous la direction de Chantal RODET

Introduction :

Cet ouvrage est la synthèse d’un colloque sur le thème : « la transmission dans la famille : secrets, fictions et idéaux.
Il souhaite rassembler des porte-parole de grandes institutions pour examiner en quoi les bouleversements des sociétés européennes contemporaines interrogent et modifient les principes organisateurs de la famille, et plus précisément ceux qui gouvernent la transmission entre générations.
Ce livre regroupe l’éclairage de plusieurs disciplines : biologistes, historiens, juristes, pédagogues, philosophes, psychanalystes, psychologues, sociologues, théologiens, thérapeutes, etc. issus de différents pays d’Europe.

Dans le cadre de notre réflexion en thérapie familiale, certains points abordés dans cet ouvrage nous apportent un éclairage particulier quant à la façon d’aborder l’image que nous construisons de la famille que nous rencontrons. D’autres parties nous apportent des exemples cliniques de transmissions au sein de la famille. D’autres encore nous permettent d’appréhender la façon dont cette transmission peut avoir lieu.
Cet ouvrage nous apporte différents éclairages des mythes et des rites des familles que nous rencontrons.

Le paradigme de la transmission :

DE GENERATION EN GENERATION. LES TRANSMISSIONS FAMILIALES EN EUROPE DU 16è AU 20è SIECLE. Pr. P. Servais.
L’objectif principal de la transmission est d’assurer la survie, la survie d’un patrimoine mais aussi d’une famille. Or les contextes se modifient au fil des générations, des époques (ex : le rôle du père, la place de l’enfant au centre de la famille). La fonction de la transmission se modifie, donc elle aussi : tant dans ses contenus (quoi), que ses modalités (comment) que dans ses finalités (pourquoi).

Les montages juridiques :

LA TRANSMISSION DANS L’ADOPTION INTERNATIONALE : ASPECTS PSYCHOLOGIQUES, SOCIAUX ET JURIDIQUES. S. Adroher-Biosca & A. Beràstegui Viejo.
L’adoption internationale : des personnes résidant dans des pays riches adoptent des mineurs résidant dans des pays du Tiers monde ou en voie de développement.
La construction de l’identité de l’enfant adoptif international est souvent semée d’embûches. Ces difficultés doivent être éclairées par de nombreux facteurs. Les problèmes proviendraient pas de l’adoption mais plutôt de l’abandon précoce qui leur confère un premier regard déprécié sur eux. Il est donc difficile d’agir de façon directe.

L’image même de l’adoption est en perpétuel changement : protection de l’enfant (années ’70), sujet tabou, coupure nécessaire avec les origines de l’enfant, etc.
Les nouvelles conceptions visent l’intérêt de l’enfant et permettent un développement salutaire de celui-ci : accès aux informations concernant son passé, transmettre une certaine continuité (ex : conservation du prénom), etc.
Aujourd’hui l’importance de lever le secret de l’adoption semble être admis. Le maintien du secret transmet la sensation à l’enfant d’être porteur de quelque chose de terrible. Aucune construction de l’identité n’est possible sur un fantôme.
La mère adoptive ne peut nier le fait de ne pas être la mère biologique de cet enfant puisqu’il est confronté à des situations auxquels celle ci n’est pas confrontée (ex : l’intégration en tant que fils, en tant que personne d’origine étrangère, etc.).
Le désir de l’adoption doit être exprimé, l’acceptation de cet enfant quelle que soit son histoire et ses différences aussi. Le regard des parents sur l’enfant détermine la façon qu’aura celui ci de se regarder et de s’apprécier.
Les systèmes juridiques ne s’accordent pas tous dans cette voie en Europe et dans les pays d’origines des enfants. Cependant, une évolution dans cette voie est de plus en plus présente. La difficulté principale est de trouver un compromis entre les lois sur l’adoption du pays d’origine de l’enfant et celles de son pays d’accueil.

Malgré les différences ethniques entre les parents et les enfants, la construction de l’identité dépend plus de la satisfaction familiale que de la divergence ethnique.

LE DROIT DE LA FAMILLE ENTRE INNOVATION ET CONTINUITE, B. Barthelet.
A travers la loi du 8 janvier 1993 imposant le principe d’autorité parentale conjointe, le contrôle social ne sont-ils pas déplacés ? Auparavant ce contrôle avait lieu au travers du mariage, aujourd’hui, il s’effectue à travers les liens parentaux. Ce déplacement semble vouloir conserver la place de la famille en tant que réalité institutionnelle malgré la grande diminution du nombre de mariages.

Les modifications législatives entraînent une libéralisation et une contractualisation du couple à travers les différentes formes d’arrangements possibles entre deux partenaires.
A travers divers loi (ex : conservation de l’autorité parentale conjointe, le nom de famille du père transmis à l’enfant du couple marié, etc.), l’état conserve son emprise sur la famille via la relation aux enfants. On reste parents pour toute sa vie. Le père et la mère deviennent juridiquement interchangeables. « C’est donc à travers l’enfant que le droit continue à encadrer les familles et à exercer sur elle leur contrôle leur rappelant ainsi que la famille n’est pas seulement une affaire privée mais aussi sociale et juridique. »

LES MONTAGES JURIDIQUES. LA TANSMISSION DES BIENS. J. Hausser
La transmission des biens va plus loin qu’un simple dont dans ses aspects juridiques, législatifs, etc. Transmettre c’est aussi définir sa famille subjectivement et objectivement. C’est reconnaître l’autre et renforcer la nature du lien de dépendance à l’autre et son patrimoine.
La désignation des élus de la transmission permet de désigner la famille que l’on retient.

LE PARADIGME PERDU : LA PLACE DU PERE. M-T. Meulders-Klein
Plusieurs disciplines tentent d’analyser la place du père aujourd’hui. Les psychologues, sociologues et ethnologues partagent leur analyse quant à la différenciation des rôles parentaux dans la société occidentale actuelle. Malgré la supériorité toujours présente en politique et en économie de l’homme, la place du père dans ses attaches familiales se retrouve meurtri voire évincé ou détruit. La société actuelle se faisant le théâtre d’une grande confusion des rôles parentaux ne permet plus la reconnaissance de l’importance symbolique du père à la fois comme « institution » et comme « fonction ». A l’interface du psychologique et du social, surgissent diverses interrogations comme la définition du père ? Qui est le père ? Et sur quoi se fonde cette paternité ? Le psychologue ne peut que signaler le coté inquiétant de cette nouvelle configuration sociale en rappelant l’indispensable fonction symbolique et socialisatrice du père mais aussi l’importance d’asseoir celle-ci sur des bases claires et stables au niveau sociétal et législatif.
Comme signalé plus au haut au niveau législatif les deux parents sont de plus en plus indifférenciés !

Relativité des normes et héritages culturels :

TRANSMISSION ET INTERPRETATION, G. Eid
L’hypothèse de départ est l’existence d’un lien entre le statut techno-économique d’une société et le type de famille et de parentalité qui y fonctionnent. Les relations parents enfants seraient donc régies par le système pro industriel actuel. L’arrivée dans le couple, l’éducation et la transmission n’en sont que plus autoritaires, strictes, régulées.
L’individu au-delà de la communauté va progressivement occuper le centre de la scène, sera acteur de son histoire (travail surplombe le patrimoine). La famille patriarcale devient conjugale. La parenté devient plus généreuse par cela. L’enfant n’est plus exclu des statuts des adultes.
L’ère de la promotion des choix individuels passant par une transmission morale et traditionnelle est à l’ordre du jour. Faire des choix et les assumer devient vital dans la construction de soi et de son identité. La transmission pure et dure devient un accompagnement de son enfant.

LA REPRODUCTION INTERGENERATIONNELLE DES STYLES EDUCATIFS DE LA FAMILLE, W. Lahaye.

Présentation d’une étude longitudinale portant sur la transmission des styles éducatifs d’une génération à la suivante. Etude menée de 1973 à aujourd’hui, sur deux générations de parents.
Huit comportements identifiés : organisation, imposition, développement, personnalisation, renforcement +, renforcement-, affectivité+, affectivité-.
Cinq sur 8 sont identifiés comme stables d’une génération à l’autre : imposition, développement, renforcement +, renforcement-, affectivité+.
Sept sujets sur 10 confirment la reproduction transgénérationnelle.
Les familles qui reproduisent et les autres se différencient selon « l’indice global de désavantage relatif » (Pourtois). Les familles provenant d’un milieu inférieur ou supérieur ont presque toutes tendance à reproduire le style éducatif, contrairement aux familles issues d’un milieu moyen.

FAMILLE ET SYSTEME DE VALEURS DANS UNE PERSPECTIVE INTERCULTURELLE, M. Perrez.

Les familles actuelles s’expriment à travers une asymétrie de pouvoir peu marquée entre les différents membres de la famille. La masculinité ne joue plus un rôle majeur par rapport à la famille traditionnelle.
La structure de la société aujourd’hui permet l’individualisme. Il existe un éloignement de la communauté vers la société (les individus y sont moins dépendants les uns des autres).
3 grandes conséquences :

  • Séparation de la sexualité et de la reproduction.
  • Séparation entre l’amour et le mariage.
  • Séparation entre le mariage et le fait d’être parent.
    Ces évolutions amènent l’indifférenciation des rôles sexuels et par là de nombreux conflits entre le père et la mère. Les stéréotypes pourtant profondément ancrés sont bousculés. L’égalité entre l’homme et la femme ne permet plus la différenciation. La collaboration entre deux partenaires est remplacée par la réalisation personnelle, par là la disparition du mariage.
    Une forte corrélation est constatée entre le développement économique et l’individualisme.

LES CONFERENCES DE L’ONU SUR LA FEMME : GENRES ET GENERATIONS DE 1975 A 1995, M. Vinci.
Le message principal de cet article met en lumière la disparition de la famille comme agent de transmission et d’éducation. Elle démontre également l’évolution du rôle de la femme- mère en tant que femme-travailleuse et copartageant les responsabilités familiales du père.

L’ARTICULATION DES COORDONNEES SPATIO-TEMPORELLES DANS LA RECHERCHE GENEALOGIQUE : UNE REVUE DES RECHERCHES ANTHROPOLOGIQUESS EN ITALIE SUR LA MEMOIRE GENEALOGIQUE, M. Marucci Ciliberto.

L’auteur s’interroge sur ce que peut apporter la connaissance de ses propres ancêtres au sens de l’identité personnelle. Comment cela peut-il l’enrichir ?
La conclusion qu’elle apporte est qu’après cette période de rupture avec la culture et parfois le lieu d’origine, qu’après les efforts qui ont été nécessaires afin de s’adapter à notre nouvelle culture, à un niveau individuel, certains peuvent ressentir la nécessité de relier et de connaître leurs origines. La reconstruction de l’appartenance familiale et du passé devient fondamentale dans la construction de l’identité personnelle.

TEMPS, MEMOIRE ET TRANSMISSION, A. Muxel

La transmission comme la mémoire résulte toujours d’une réappropriation, d’une création nouvelle, ainsi que d’une réinvention conduisant ainsi à des déplacements ou à des inversions de sens, d’espaces ou de temporalités.

LA TRANSMISSION GENALOGIQUE, C. Rodet.

Le généalogiste tente d’articuler destin individuel et familial. L’histoire retient que valeurs héritées et individuelles ne se contredisent pas.
Les personnes issues de l’élite ont une tendance marquée à se tourner plus que les autres vers la généalogie. Ces personnes tournées principalement vers des valeurs individualistes ont cette tendance à mettre en lumière le sentiment d’appartenance de cohésion à leur groupe.

Destin individuel et héritages familiaux :

LA TRANSMISSION INTERGENERATIONNELLE ET LES TROUBLES DE LA PERSONNALITE : QUELS LIENS ? , V. Cigoli
Le lien entre la famille et les troubles de la personnalité n’est pas déterministe mais plutôt déterminant. Il ne peut être qualifié de déterministe car les facteurs culturels l’influencent également. Les modèles d’identification se situent au-delà de la famille. Cependant la transmission est déterminante car elle fonctionne comme matrice dans la construction de soi. Il ne suffit cependant pas d’une histoire familiale critique pour que le contexte agisse comme matrice de transmission de troubles de personnalité. Il est nécessaire, qu’il y ait un emboîtement du couple parental particulier afin de sublimer les effets de cette transmission.

DE LA VIOLENCE AGIE… A LA VIOLENCE DITE… LE CAS D’ABDEL, E. M’bumba.
Présentation du travail de prévention spécialisée à travers l’exposé d’une vignette clinique. La première étape est la rencontre, dans la rue. L’éducateur part à la recherche d’éléments dans les histoires parentales : paternelles et maternelles. Les histoires familiales sont des histoires de violence. La vie de la famille d’Abdel ainsi que de ses frères et sœurs est aussi pleine de violence. Le lien peut être mis en lumière entre le passage à l’acte d’Abdel et son histoire familiale : la loi, le poids de la dette familiale, etc.
Le fait d’établir aux yeux d’Abdel un lien entre son passage à l’acte et son histoire lui permet de mieux maîtriser ce qu’il se passe en lui et qui le fait agir. Il peut aujourd’hui anticiper le passage à l’acte.

LA TRANSMISSION DES FANTASMES DANS LA FAMILLE, F. Payen
La confusion peut exister entre sa propre histoire et les fantasmes partagés par la famille. Cette confusion peut resurgir dans la vie de l’enfant à un moment donné et être porteur de symptômes psychiatriques.
C’est à travers la recherche de sens que l’on peut tenter de contrer cette réminiscence.

LA FILIATION EMPOISONNEE PAR UN SECRET DE FAMILLE, S. Tisseron.
Ce qui importe dans la transmission, ce n’est pas la manière objective dont celle ci a lieu mais les processus de son appropriation. Le secret est révélateur du dysfonctionnement de la transmission. Le secret signifie que quelque chose d’important n’est pas dit et qu’il est interdit de s’en rendre compte. Le porteur du secret lui-même peut être partagé entre l’envie de partager son secret et la nécessité de protection de celui-ci et cela de façon consciente ou non. Sous l’effet d’un effet pressenti, la personnalité de l’enfant doit se couper en deux afin de ne pas confronter son parent à des indices douloureux de ces secrets, mais en faisant comme s’il n’existait pas. Les suintements du secret représentent ce qu’un observateur peut voir de ce clivage.
Au sein de la seconde génération, le secret devient innommable et c’est alors que l’on peut rencontrer les troubles légers liées à l’existence de celui-ci. Il semblerait qu’au fil des générations, les conséquences de l’existence de ce secret soit de plus en plus importantes.
En thérapie, il faut permettre à l’enfant de retrouver ses expériences précoces d’angoisse liées au suintement du secret du parent. Le secret de celui-ci, n’est pas le même que celui de l’enfant, il en est de même pour le clivage qui en résulte. Il est parfois utile de chercher à connaître le secret.


Couple et transmission :

LA QUALITE CONJUGALE : RELATIONS DES COUPLES SATISFAITS ET DES COUPLES INSATISFAITS, A. Bertoni.
Le concept de qualité conjugale peut être rapproché de celui de satisfaction conjugale.
Cette étude porte sur la comparaison du fonctionnement de couples satisfaits, insatisfaits et en thérapie.
Il semble que les conjoints aient généralement la perception de la qualité de leur relation.
La durée du mariage ainsi que le nombre d’enfants semble avoir un impact négatif sur la satisfaction du couple.
La satisfaction et insatisfaction s’étendent généralement à la famille et même aux relations sociales.

L’IMPACT DES TRACAS QUOTIDIENS ET DE LEUR GESTION SUR LA VIE DE COUPLE, G. Bodenmann.
Il semble que le niveau de stress général soit négativement corrélé avec la satisfaction conjugale. Le stress quotidien semble être celui qui a le plus d’impact négatif sur ce sentiment de satisfaction.
Les effets directs de ce stress : diminution du temps passé ensemble, la diminution des occasions d’échange.
Les effets indirects sont : la diminution de la libido, la détérioration de la santé ainsi que de la qualité de la communication.
Les personnes ayant une gestion incompétente du stress peuvent se montrer particulièrement négatif et disqualifiant envers leur partenaire.
Un des éléments permettant de diminuer l’impact des tracas journaliers sur le couple est la gestion dyadique du stress.
Selon les auteurs la présence de tracas quotidiens mal gérés permettrait de prévoir des séparations après 5 années.

TRAVAIL PSYCHIQUE DU COUPLE ET ELABORATION DE LA TRANSMISSION, M. Duprés La Tour.
L’auteur tente de comprendre ce qu’il advient de l’histoire de chacun dans la construction de l’histoire du couple, ce qui, dans les histoires individuelles a fait écho chez l’autre afin que les deux partenaires se choisissent.
Le couple traverse deux crises. Lors de celle ci ou il se consolide ou il se sépare.

  • La crise de la désillusion : les conjoint doit alors faire le deuil du partenaire idéal. Elle permet l’intégration des données nouvelles de la personnalité de chacun.
  • La crise structurelle : il est alors reproché au conjoint ce pourquoi inconsciemment l’autre l’a choisi.
    Nous n’en finissons donc jamais de transformer et de transmettre ce que l’on nous a appris.

SEPARATION CONJUGALE ET TRANSMISSION INTERGENERATIONNELLE : UNE EVALUATION EMPIRIQUE DE L’EFFICACITE DE LA MEDIATION FAMILIALE, C. Marzotto et G. Tamanza.
Cette étude cherche à comprendre et à évaluer la qualité du processus de médiation familiale. La médiation permet de laisser à chacun la possibilité de transmettre au-delà des conflits parentaux sa part d’histoire.
La médiation prend la place d’un rite de transmission, de reconnaissance du conflit conjugal existant. Ce rite de passage permet la reconnaissance, l’identification et la possibilité de découvrir le sens pour soi, les enfants et les grands-parents. Cela permet de garantir la possibilité, aux générations suivantes, d’accès à leurs racines du coté de l’un et l’autre parent. Cela leur permettra de se positionner dans le génogramme familiale comme bien accroché aux deux branches.

LA GUERRE DES HISTOIRES, L. Perrone
Chacun construit sa réalité et relate sa vérité. A travers les générations, certains informations sont oubliées à travers la construction de ces réalités. Le thérapeute à son tour devient coauteur dans l’émergence d’un nouveau récit ouvrant ainsi la porte à de nouvelles possibilités. Le chemin vers la solution est alors établi.

Défis et ressources dans la transmission entre les générations

COMMENT S’ETABLISSENT DES RELATIONS ADULTES ENTRE PARENTS ET JEUNES PENDANT LES ETUDES SUPERIEURS ? , V. Cicchelli.
Les étudiants sont écartelés entre prolonger l’adolescence et entrer dans l’âge adulte. Ces deux aspirations sont contradictoires. Il faut alors négocier un nouveau terrain d’entente, un nouveau territoire, de nouvelles règles avec les parents. De manière générale, un certain apaisement dans les relations apparaît. Peut-être est-ce parce qu’enfants et parents sont engagés dans un compromis : les parents subsidient les études et les enfants assurent la réussite sociale de la famille. Une autre explication serait un rapprochement des valeurs de chacune des générations.
Les jeunes qui estiment être traités en adulte jouissent d’une plus grande liberté, d’un plus grand respect de leur territoire et inversement. Ce sentiment est lié à une absence de contrôle parentale mais aussi à l’acceptation que celui ci existe.

LA PROTECTION DES LIENS INTERGENERATIONNELS DANS LE PLACEMENT FAMILIAL, O. Greco.
Comment l’enfant et sa nouvelle famille peuvent-ils se constituer en famille ? Comment conserver également une représentation familiale du milieu duquel l’enfant a été enlevé ?
Il existe trois types de famille d’accueil dans leur attitude envers la famille d’origine :

  • solidaire : il parle d’eux en termes réalistes mais positifs
  • hostile : il parle d’eux de façon dévalorisantes et désobligeantes
  • distante : la famille d’origine est exclue du discours.
    Il existe trois fonctions à la parentalité :
  • procréation : transmission de caractères similaires ; réparation du soi du parent.
  • Parentalité comme « soin » : possibilité d’apporter à l’enfant les soins nécessaires à son développement : source de l’affection et de la loi.
  • Médiatrice d’appartenance : associer l’enfant à l’identité familiale, à son histoire, aux valeurs de la famille.
    La position idéale se situe dans les familles pouvant se montrer solidaires, pouvant apporter ainsi une dimension de soin et permettant à l’enfant de se lier à cette famille. Mais lui permettant de continuer à se sentir comme fils dans sa famille d’origine où il reçoit l’appartenance biologique par la procréation ainsi que le sentiment d’appartenance historico-symbolique.

PROTEGER LA TRANSMISSION DANS LA FAMILLE : LE CAS DU PLACEMENT FAMILIAL, R. Iafrate.
L’expérience du placement peut laisser penser qu’il interrompt la transmission. Au contraire, il permet de protéger cette transmission dans des situations où le lien était mis en danger. La qualité de la communication est un des prédicateurs du bien être de l’enfant. Son désir d’inclusion n’a quant à lui aucune influence. Le plus important semble toujours être le respect de la famille naturelle et de ses origines par la famille d’accueil.

La transmission des idéaux :

LES RITES EN FAMILLE ET LEUR TRANSMISSION, D. Borobio.
Les moyens de transmission sont multiples à l’intérieur de la famille ainsi qu’à l’extérieur.
L’auteur s’attarde sur la transmission des valeurs humaines et religieuses qui se modifient au fil des générations.
Malgré l’intervention du milieu comme transmetteur de valeurs, la famille reste le catalyseur de référence des valeurs notamment religieuses.
La transmission se réalise tout au long de la vie, quotidiennement, à travers la parole mais aussi les gestes, les attitudes, les actes, etc.
L’auteur définit le rituel et ses caractéristiques mais aussi sa fonction dans la transmission familiale.
Différents type de rites sont abordés ainsi que leur valeur de transmission :

  • Les rites familiaux quotidiens : transmettent les valeurs de l’ordre et l’organisation de la vie, le sens du devoir, l’attitude devant les biens matériels, etc.
  • Les rites familiaux extraordinaires : rite de passage qui permet la récapitulation de l’histoire personnelle afin de donner un sens à la vie, à unir passé, présent et futur. Les rites d’initiation qui permettent à travers trois phases l’intégration des membres de la communauté. Les rites de crises qui tentent de réduire l’angoisse d’exorciser les forces obscures dans des situations d’impuissance humaine et technique. Les rites saisonniers qui assure la continuité familiale face à la discontinuité du calendrier. Les rites de célébrations familiales qui agissent comme un mortier qui relie les membres de la famille, assure ainsi cohésion et solidarité. Les rites professionnels qui se modifient de plus en plus avec le changement sociétal du rapport au travail.
  • Les rites religieux : eux aussi se transforment dans la société actuelle.
    Tous ces rites cherchent toujours à mettre de l’ordre dans la vie familiale.

PROCESSUS DE TRANSMISSION DES VALEURS DANS LA DYNAMIQUE DE LA TRANSMISSION INTERGENERATIONNELLE, V. Cigoli, C. Gozzoli, G. Tamanza.

L’objectif est la construction d’un modèle d’interprétation validé empiriquement. Les auteurs se basent sur deux hypothèses :

  • Il existe des processus productifs de transmissions qui lient les générations entre elles au sein des familles.
  • En fonction des phases de vie traversées par les familles, les caractéristiques peuvent être différentes dans le processus de transmission des valeurs.
    Trois éléments sont mis en valeur au niveau du processus de transmission :
  • La valeur est le résultat d’un échange entre les générations.
  • La valeur se situe dans une dialectique entre besoin, désir et idéal.
  • La valeur est ce qui unit et lie le groupe familial.
    Les cadres des relations de transmission des valeurs se jouent entre les partenaires, envers les enfants et envers les générations précédentes.
    Cinq types de transmission sont ressortis de cette étude allant d’une transmission de valeurs riche et cohérente dans l’espace et le temps et par laquelle la famille d’origine de ces valeurs est parfaitement identifiée vers une transmission critique.
    L’identification de l’origine des valeurs est donc un critère influençant la qualité de cette transmission. L’identification semble plus facile lorsque les enfants sont adolescents et plus floue lorsque les enfants sont petits et que le couple est formé depuis moins longtemps.

LA FORMATION DES PARENTS DANS LE CADRE DE LA PREVENTION DE LA DEPENDANCE AUX DROGUES.

A l’adolescence, l’usage des drogues est de plus en plus marqué dans certains pays comme l’Espagne. Cette consommation a une notion de loisir. Selon les professionnels, la prévention doit avoir lieu sur trois niveaux :

  • primaire : avant que cela ne se produise
  • secondaire : après la première consommation mais avant qu’il ne soit trop tard
  • tertiaire : avant que cela ne se reproduise.
    On propose aux parents de jouer un rôle de prévention en diminuant les facteurs de risque et en augmentant les facteurs de protection.
    L’intervention par les professionnels auprès des jeunes ne peut passer qu’à travers une rencontre des parents, car on ne peut comprendre un jeune et le fonctionnement de sa famille sans connaître le contexte social et culturel qui l’entoure.

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