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MYTHES, RITES, TRANSMISSION

Par Martine Haidon

lundi 26 janvier 2009

 MYTHES, RITES, TRANSMISSION :

(Martine Haidon)

  I/ INTRODUCTION :

Cet exposé est basé sur deux lectures :

- « Le Murmure des fantômes » de Boris Cyrulnik
- « La résilience familiale » de Michel Delage

Les mythes, les rites et la transmission inter- et transgénérationnelle sont au coeur du concept de la résilience familiale.

Lorsqu’un traumatisme survient dans une famille, l’ensemble familial est toujours concerné par, entre autre, une déstabilisation des relations, mais c’est justement ce milieu familial qui peut aussi jouer un rôle « thérapeutique », où des ressources peuvent être mobilisées et qui peut englober les « tuteurs de résilience ».

Plusieurs éléments importants sont à prendre en considération pour comprendre comment une famille va pouvoir se sortir ou non de cette crise liée au traumatisme, quelles étaient les caractéristiques de cette famille AVANT le traumatisme et surtout, comment elle va pouvoir enclencher le processus de résilience pour éviter la transmission trans-générationnelle du traumatisme :

- Le types de liens sécure ou insécure entre ses membres, liés à l’attachement
et aux notions d’appartenance, de contenance et de transmission.
- Ses facteurs de vulnérabilité et de protection
- Le fonctionnement de la famille
- La contenance
- L’ouverture au monde extérieur (cercles de résilience)
- La capacité adaptative

La résilience n’est pas l’absence de souffrance, elle est la capacité à évoluer favorablement malgré la souffrance et cela suppose des stratégies adaptatives et des possibilités de mentalisation.

Le piège traumatique existe lorsque le drame entraîne une fermeture par rapport au monde extérieur, mais le rapprochement à l’intérieur de la famille est, lui-même, insoutenable tant les possibilités d’échanges sont bloquées. On assiste à une rupture communicationnelle. Celle-ci n’a pas nécessairement de conséquence psychopathologique grave si elle est provisoire et qu’elle survient juste après le trauma. Une fois le contrecoup passé, il est alors possible de retrouver peu à peu un certain apaisement et de produire un travail d’élaboration autour du trauma. Cela devient pathologique lorsque la désorganisation est durable, sans élaboration possible. La détresse relationnelle de tous ramène chacun à l’insuffisance de contenance, càd de protection. Une crise est ouverte dans une famille menacée comme unité de vie et le CYCLE DE VIE FAMILIAL semble brisé, la marche du temps semble s’être arrêté.

Il existe deux types de pseudo-résolution s de crise :

1) L’activation excessive des attachements dans la famille, surtout rencontré dans
les familles « on se serre les coudes », dans lesquelles domine le MYTHE DE
L’UNITE, de la solidarité à tout prix et la SURPROTECTION.

2) L’inhibition excessive des attachements dans la famille, surtout rencontré dans
les familles « chacun se débrouille », dans lesquelles domine le MYTHE DU
SILENCE et le RITE D’ISOLEMENT et la SOUS-PROTECTION.

La notion de temps est très importante dans la résilience et il existe plusieurs temps d’évolution

 II/ RESILIENCE DANS LA FAMILLE ET FAMILLE RESILIENTE

La résilience familiale constitue un niveau de compréhension susceptible de mieux rendre compte du processus de résilience individuelle dans certaines situations. Elle aide aussi à comprendre comment ce groupe constitué qu’est la famille peut mettre en oeuvre des ressources collectives lui permettant de maintenir une vie organisée, tout en effectuant les changements nécessaires par la situation.

On peut définir la résilience familiale comme la capacité développée au sein d’une famille, elle-même éprouvée, à soutenir et aider un ou plusieurs de ses membres victimes de circonstances difficiles ou à construire une vie riche et épanouissante pour chacun de ses membres, malgré un environnement adverse auquel l’ensemble est soumis.

Le processus de résilience repose sur un travail sur le changement au sein de la famille.
Une famille est capable de mobiliser des ressources et des compétences lui permettant de conserver un fonctionnement efficace, d’intégrer l’expérience vécue et de soutenir les résiliences individuelles. Dans ce sens, il existe des possibilités résilientes dans toute famille, y compris dans des familles vulnérables.

La résilience familiale, comme l’individuelle, est un processus dynamique. Ce qui est retenu dans ce concept, c’est la balance positive résultant de la mise en jeu des contraires, càd entre les facteurs de protection et les facteurs de vulnérabilité.

Le potentiel dont on a parlé et qui existe dans toute famille, mais ce potentiel est plus ou moins mis en oeuvre selon les compétences individuelles et les interactions individu-famille-environnement, selon aussi l’évolution dans le temps.
Le franchissement des différentes étapes du cycle de vie oblige souvent à de nouvelles stratégies. Un des aspect de la résilience est la flexibilité, càd la capacité à modifier le processus en cours selon les moments évolutifs.

Une constellation de facteurs interagissent donc dans le processus de résilience, regroupés en 7 rubriques :

1) La croyance développée dans la famille

2) La possibilité d’avoir une certaine prise sur la situation

3) Les facteurs qui, tout, ont trait à la fonctionnalité familiale. Cela
comprend la capacité de changements dans les rôles dévolus à chacun, de
répartitions dans les tâches, de nouvelles attitudes collaboratives,...

4) La possibilité de retrouver une certaine sécurité globale grâce à la qualité
des relations développées au sein de la famille et avec l’extérieur.

5) « L’éthique relationnelle », càd le souci développé dans la famille de
prendre soin les uns des autres. Les qualités morales d’équité, de justice et
de loyauté développées dans la famille.

6) La dimension spirituelle développée dans la famille, qui peut faire l’objet
d’une intense activité psychique.

7) La capacité de mentalisation au sein de la famille, pour que, désormais,
soit possible un travail de représentation et que tous et chacun puissent
accéder à un sens, construire une histoire acceptable de la situation pour
repartir dans le sens de la vie.

C’est la résultante de toutes les autres dimensions et véritablement au coeur du travail de résilience. Toutes ces dimensions sont liées entre elles et interfèrent les unes avec les autres suivant un rapport de circularité.
L’espoir, la protection et la mentalisation constituent les rouages majeurs de la résilience grâce à un entourage attentif et soutenant.

Le travail de résilience est important, car il évite alors la transmission du traumatisme à la génération suivante.

 III/ RELATIONS FAMILIALES ET PROTECION :

A/ La base familiale de sécurité :

La THEORIE DE L’ATTCHEMENT, développée par John Bowlby, nous offre un bon modèle pour penser les liens intrafamiliaux. L’attachement est le lien affectif apaisant qu’un individu établit avec les personnes qui composent la famille. C’est un lien qui se construit et s’entretient dans la proximité avec les personnes qui nous entourent. Ces personnes constituent des figures d’attachement. Le lien d’attachement est un lien essentiel de la vie adulte.

Dans une famille, une combinaison complexe entre attachements individuels s’opère du point de vue relationnel. Les attachements individuels sont dits « organisé » quand ils font appel à des stratégies relationnelles de régulation des émotions et il sont dits « désorganisés » lorsque aucune stratégie de régulation émotionnelle ne parvient à se mettre en place de façon stable.

- Dans les attachements organisés :

- Les formes « sécures » : Ils sont caractérisés par des représentations de soi et de
l’autre en relation, on les nomme « modèles internes opérant » ou MIO,
satisfaisantes, apaisantes et capables de procurer une bonne estime de soi et une
bonne confiance en l’autre. La régulation émotionnelle est facilement obtenue.

- Les formes « insécures » : Les représentations de soi et de l’autre en relation ne
sont pas aussi claires et confiantes. La régulation émotionnelle est plus
problématique. Certaines personnes peuvent être débordées par leurs émotions
(attachements anxieux préoccupés). D’autres, à l’inverse, ont tendance à se
maintenir à l’écart d’émotions douloureuses qui les font trop souffrir. Ces
dernières ont peu d’accès à leur vie émotionnelle (attachements évitants ou
désengagés).

- Dans les attachements désorganisés :
Les émotions négatives ne parviennent pas à être régulées. Les stratégies
relationnelles mises en place sont inefficaces, instables ; elles oscillent entre des
besoins affectifs excessifs et le rejet.

Le résultat des différentes composantes individuelles d’attachement constitue donc une base familiale de plus ou moins grande sécurité. Quand on est suffisamment tranquille, « sécure », on n’éprouve pas de grandes difficultés à aller vers l’extérieur. On est ouvert, on a appris à être confiant à l’intérieur de la famille. On est donc confiant à l’extérieur, avec les autres, et on pense pouvoir compter su eux en cas de besoin.

La résilience suppose le maintien ou le rétablissement d’une suffisante sécurité interne à la famille. Ce sera plus facile s’il existait une base familiale sécure avant le trauma.

Dans la famille « on se serre les coudes » se sont développés des attachements « anxieux préoccupés » et, dans ces conditions, s’est constituée une base insécure qui rend nécessaires une forte cohésion familiale et une grande proximité relationnelles (c’est une « famille enchevêtrée » dans la typologie de Salvador Minuchin). A l’inverse, dans la famille « chacun se débrouille » se sont développés des « attachements évitants » et la base insécure rend nécessaire que soit maintenue une assez grande distance émotionnelle entre les partenaires (c’est une « famille désengagée » selon Minuchin). Enfin, il arrive aussi qu’on soit parfois confronté à de véritables désorganisations d’attachements qui peuvent aboutir à la destruction des liens lorsque aucune stratégie relationnelle stable ne parvient à se mettre en place (Minuchin parle de « famille caotique »).

Les principaux éléments qui permettent d’apprécier la sécurité et la protection dans la familles sont : la communication, l’expression des émotions et des sentiments, la collaboration dans la résolution des problèmes et, enfin, la plus ou moins grande ouverture sur le monde extérieur.

B/ La fonctionnalité familiale :

La fonctionnalité dans une famille concerne finalement la bonne régulation du qui fait quoi, quand, comment, pourquoi, avec qui. Il ne peut y avoir un fonctionnement familial efficient si la base familiale de sécurité est défaillante et vice versa.

Trois aspects caractérisent la fonctionnalité familiale :

-a) Le respect des grandes fonctions physiologiques nécessaires à l’hygiène mentale
de la famille.

-b) L’activité de RITUALISATION dans la famille.

-c) Les suppléances et complémentarités qui doivent s’exercer en conséquence des
changements rendus nécessaires par la situation.

-a) Les grandes fonctions « physiologiques » de la famille :

Une RYTHMICITE est nécessaire au sentiment de sécurité de tous et en
particulier des enfants, et il faut tout faire pou que les anciennes habitudes soient
reprises ou de nouvelles soient créées, après le trauma.

. Les repas réguliers, pris en commun sont une bonne façon de rassurer, de
réconforter. C’est un temps convivial, propice aux conversations et
fortement mobilisateurs des affects. Dans ce rassemblement, s’opèrent un
entretien de l’intime où les gestes et les attitudes disent plus et autre chose
que les mots.
. Le sommeil, les heures de lever, de coucher, sont d’autres temps
quotidiens forts. La fonction apaisante du coucher nécessite souvent, en
particulier chez les enfants, un cérémonial : la mère vient « border » les
couvertures, le père raconte une histoire. Le coucher est un moment
affectif fort ; il appelle le réconfort.

En général, il existe dans les familles une personne garante du respect des besoins
fondamentaux et des rythmes.

-b) Les RITUELS et l’activité de RITUALISATION au sein de la famille :

Les rituels sont un ensemble d’actes, de comportements porteurs d’un langage
spécifique et d’une dimension symbolique dont le sens codé constitue l’un des
biens du groupe familial. Il existe chez chaque membre du groupe une adhésion
mentale, la plupart du temps inconsciente, à cette activité rituelle qui nourrit
l’esprit collectif, la dimension mythique du groupe, càd ce à quoi on croit dans la
famille, les valeurs spécifiques auxquelles on se réfère, liées à l’histoire dont elles
sont le fruit.

Les FONCTIONS des rituels :

Dans une famille, les rituels sont les organisateurs des relations inerpersonnelles,
lesquelles opèrent entre la famille actuelle et la famille du passé.

CINQ fonctions leur sont reconnues :

1) Fonction de communication qui contribue fortement à la cohésion du
groupe.

2) Fonction d’autonomisation et de différenciation qui permet au groupe
familial e se percevoir original et distinct des autres.

3) Fonction performative qui permet de délimiter au sein d’une famille le
nécessaire eu contingent, le réversible et l’irréversible.

4) Fonction de protection contribuant à la sécurité de chacun en entretenant
le sentiment d’appartenance.

5) Fonction de marquage des cycles de vie et de transmission des valeurs
intergénérationnelles qui permet d’assurer une certaine continuité à
travers le temps.

Toute famille durement éprouvée est en danger de déritualisation et, donc, de perte
de cohésion, d’unité, d’identité, de continuité. Après un trauma, il est habituel de
constater une diminution de la pratique des rituels, dans un premier temps, mais il
est important qu’ensuite, cette activité puisse reprendre.
Les rituels colmatent l’angoisse, ils instaurent un ordre à la place du chaos, ils
donnent un sens à l’existence et tissent les temps individuels et collectifs. De
nouveaux rituels doivent pouvoir être créés à partir de l’expérience vécue, mais
mêlés aux anciens qui garantissent un minimum de continuité nécessaire avec
l’identité familiale.

Les GROUPES des rituels :

- Les rituels de la QUOTIDIENNETE : Ce sont ceux qui fixent le
déroulement d’un repas, qui rythment la journée avec le lever et le
coucher,...

- Les rituels PERIODIQUES : Ce sont les rituels qui scandent les dates clés
de la famille : anniversaires, fêtes de Noël,... Ces rituels périodiques
incluent ceux qui concerne le cycle de vie.

- Les rituels D’UNION : Ce sont ceux qui peuvent se mettre en place autour
du trauma et de ses conséquences, la possibilité de construire une activité
rituelle autour du trauma. (pex lors d’un décès ; le déroulement des
obsèques, la fréquentation du cimetière,... sont des temps importants en
raison des éléments groupaux d’apaisement et de solidarité).

La RITUALISATION, comme bien d’autre aspects de la résilience, confronte au
meilleur et au pire :

- Le meilleur concerne les rituels « ouvrants », souples et flexibles en
fonction des circonstances. Il sont « ouverts » sur une ritualisation
sociale plus large. Une ritualisation liée à l’histoire et à l’origine de la
famille, tout en permettant l’ouverture sur la société et l’incorporation
de nouveaux rituels liés à la spécificité de a situation actuelle.
- Le pire se rencontre lorsque les rituels familiaux enferment dans une
grande rigidité comportementale. Ces rituels « fermés », envahissants et
contraignants, ne sont que des tentatives de survie qui figent une fie
familiale menacée dans son existence. Ils sont des freins au
changement et à l’adaptabilité, notamment pour les enfants, et vont de
pair avec l’existence d’attachements insécures.

- Dans les familles « on se serre les coudes », ces rituels fermants sont sous-tendus
par le mythe dominant de l’unité familiale à tout prix. La surprotection que
procurent ces rituels touche à la préservation du passé. Il y a un blocage du
travail psychique et de toute possibilité de changement. Les attachements
familiaux sont plutôt ici de type anxieux-insécure.

- Dans les familles « chacun se débrouille », ces rituels fermants sont sous-tendus
parle mythe d la survie à tout prix, même au prix d’une coupure du passé. Ce
sont des rituels d’isolement et s’organisent ainsi des comportements d’évitement.
Paradoxalement, certains comportements à caractère rituel sont mis en place
pour traiter le passé comme s’il n’avait pas eu lieu. Ils sont activés chaque fois
que quelque chose du présent surgit comme rappel du passé. On peut les
qualifier de rituels en creux ayant pour objet de faire échapper à la répétition du
trauma. Ce que vise ici à être transmis, c’est le mythe de l’autoengendrement
« dans la vie, on se fait tout seul... on ne doit rien attendre de personne... ».

La prise en compte de l’importance de l’activité rituelle dans une famille invite à un
travail thérapeutique passant par la prescription de rituels. Celle-ci permet de
soutenir une ritualisation affaiblie dans les familles qui risquent de perdre leur
cohésion. Parfois, il s’agira d’envisager des contre-rituels susceptibles d’ouvrir des
comportements particulièrement rigides. Les séances de thérapie régulièrement
suivies constituent déjà en elles-mêmes un rituel offrant une sécurité et la
possibilité de récits autour du trauma. Elles introduisent un rituel de
communication qui peut faire l’objet de prescriptions entre les séances. Des
prescriptions utilisant des objets métaphoriques médiateurs, comme des photos,
une lettre,... Ces procédés qui doivent être adaptés à la problématique, sont
fortement libérateurs quand des enfants sont englués dans les symptômes
familiaux de la souffrance traumatique.

-c) Suppléances et complémentarités :

Il arrive que la situation impose une réorganisation complète de la vie familiale et
faille chercher des complémentarités et des suppléances dans la famille élargie,
les amis, les voisins,...L’important est que les fonctions essentielles,
habituellement dévolues à la famille, soient maintenues, même si cela oblige les
uns et les autres à endosser un nouveau rôle.

En matière de suppléance, un aspect particulier est constitué par la parentification.
On désigne par ce terme l’attribution d’un rôle parental à un ou plusieurs enfants
dans un système familial. Ce phénomène peut apparaître comme ne inversion des
rôles problématique, et dysfonctionnelle, puisqu’il signifie que l’enfant devient
parent de ses parents, càd une sorte d’adulte avant l’âge, investi de responsabilités
qui ne devraient pas être les sienne, entravé dans son développement
psychoaffectif et dans la construction de sa propre identité.
Dans certaines situations extrêmes, la prentification est l’une de ces solutions.
Quand la parentification se développe dans des contextes familiaux destructeurs,
où les relations sont marquées par d’importantes distorsions affectives, la
parentification est susceptible d’avoir de lourdes conséquences sur
l’épanouissement actuel et futur de l’enfant ; en revanche, lorsque la famille est
confrontée à de lourdes pertes, qu’un parent est gravement malade ou handicapé,
que les adultes sont débordés par les conséquences d’une situation désespérée, la
parentification est une forme de résilience qui peut sauvegarder l’unité et la
cohésion de la famille, la restauration ou le maintien d’une certaine fonctionnalité
et d’une certaine sécurité familiale.
Cependant, comme beaucoup de mécanismes résilients, la parentification est
potentiellement dangereuse, et elle n’est une solution résiliente qu’à certaines
conditions. Deux aspects sont entremêlés : matériel et instrumental (tâches
ménagères,...) et psychologique, affectif, émotionnel : l’enfant devient le confident,
le soutien moral, le partenaire affectif, l’« époux ». Les facteurs constructifs de
parentification concernent davantage les aspects matériels qu’affectifs. Une telle
parentification peut rester constructive même quand elle dur, si le parent
reconnaît les capacités de l’enfant à affronter les difficultés et demeure en
capacité d’exercer une supervision bienveillante. L’enfant agit alors par délégation.
Il ne s’empare pas d’un rôle, il demeure sous la tutelle morale des adultes qui lui
manifestent leur reconnaissance pour son engagement. De cette manière, l’enfant
parentifié aide à la résilience familiale, mais il développe ses propres capacités
résilientes grâce à la créativité et à l’habileté dont il fait preuve pour résoudre
certaines difficultés. Au fond, la parentification constructive va sans doute de
pair avec les attachements sécures développés dans la famille avant le drame et
maintenues malgré ce dernier. Elle constitue une des possibilités résilientes à
disposition des familles où règne une flexibilité. Vue ainsi, la parentification est
un processus collectif de solidarité.

C’est en tout cas un des aspects majeurs d’une intervention thérapeutique que de
pouvoir libérer l’enfant de son rôle, sans pou autant le disqualifier, mais en
reconnaissant, au contraire, tout ce qu’il a pu apporter à ceux qui étaient en
difficulté.

 D/ La reconnaissance mutuelle :

-a) Loyauté et transmission :

C’est au sein de relation inscrites dans la durée que se comprennent les notions de
justice et de légitimité. Elles se construisent peu à peu entre personnes qui vivent
ensemble. C’est l’histoire des relations dans la famille qui les façonnent au fur et à
mesure des événements vécus et traités par les une et les autres. Ainsi, le souci
qu’ont des parents de prendre soin de leurs enfants est à la mesure de la qualité
des soins qu’ils ont eux-mêmes reçus de leurs propres parents : leur action s’inscrit
dans une dette de vie. Le lien de filiation est par nature indestructible. Nous nous
inscrivons dans la chaîne des générations, enfants de nos parents et parents de nos
enfants. Des ruptures, déchirures peuvent se produire dans cette chaîne, comme
lors d’un abandon, mais s’instaurent alors des liens de filiation imaginaires,
destinés justement à maintenir une inscription dans la chaîne générationnelle. On
n’en finit jamais avec la dynamique du don e de la réception. Chaque génération
est en charge de la génération suivante, comme elle est en charge de celle qui la
précède. Ainsi opère un principe de loyauté qui, du reste, est tout à fait conforme
au contrat implicite de protection mutuelle qu’on voit à l’oeuvre au niveau de la
base familiale de sécurité et qui permet aux différents partenaires d’être solidaires
les une des autres. Toutes les situations traumatiques sollicitent très fortement ces
loyautés.

Dans les familles dominées par des styles relationnels sécures, la loyauté en
action permet de soutenir les plus démunis, de leur apporter le réconfort et les
ressources qui vont leur permette de s’en sortir.

Dans les familles où dominent les attachements insécures, la loyauté s’exprime
d’une autre manière. On s’empêche d’avancer pour rester à la hauteur de celui ou
de ceux qu sont en difficulté. Cette manière de procéder est caractéristique dans
les attachements insécures anxieux dans les familles « on se serre les coudes ».
Dans les familles « chacun se débrouille », où les styles relationnels sont plutôt de
type évitant, les victimes vont se refuser le droit de se plaindre par loyauté envers
leurs enfants qu’elles doivent préserver de leur malheur. Cela faisant, elles vont
entretenir une injustice, tant à leur niveau, qu’au niveau des enfants qu ne sont
guère reconnus dans leur capacité à donner. De telles modalité relationnelles
risquent d’avoir des conséquences importantes sur les générations futures
susceptibles de recevoir l’injustice en héritage. Dans les familles qui ont subi des
dommages extrêmes, les enfants peuvent alors avoir pou mission de transmettre
quelque chose des souffrances subies, de réparer les injustices ou encore de
parvenir à une grande réussite susceptible de rendre utile le sacrifice de a
génération précédente.

La vie d’un homme se tisse avec ce qui précède et ce qui suit. Son histoire est un
parcours, il est successivement l’enfant de ses parents, puis le parent de ses
enfants et enfin le parent de ses parents, quand ceux-ci, devenu âgés, voient leur
autonomie limitée. Ayant reçu dans le passé, l’homme donne à son tour, en retour.
Que se passe-t-il quand une personne a reçu du négatif, du traumatisme et que ses
parents ont payé un prix exorbitant pour se maintenir en vie ou qu’ils ont payé de
leur vie pour que leur enfant vive ? Ce n’est plus alors une dette de vie qui passe
entre les générations, c’est une dette de survie envers ceux qui ont péri et envers
ceux qui vont continuer à vivre. Il eut alors arriver que les survivants soient
conduits à exceller comme pour s’acquitter d’un héritage surhumain. Ils peuvent
aussi reprendre à leur compte les contentieux des générations passées et, au nom
des injustices et des blessures anciennes, écrire, témoigner,...

Les effets de la transmission intergénérationnelle montrent qussi l’existence d’un
processus de résilience en héritage, comme si le travail de résilience lui-même était
transmis aux générations d’après.

Il peut s’agire aussi d’un risque de contrainte, d’enfermement dans une loyauté trop
lourde avec une rigidité relationnelle peu ouverte sur le futur. Ce risque est surtout
important pour la génération des enfants, en raison de leur proximité ave le
traumatisme de leurs parents et du contact avec la souffrance de ces derniers.

La vraie résilience passera ici par la capacité à vivre une loyauté dégagée de la
réparation à tout prix ou de la vengeance. La résilience suppose, à l’opposé, que
ceux qui reçoivent le traumatisme en héritage puissent opérer retournement de la
vengeance. Ce retournement n’est pas l’abandon de la loyauté, mais une sorte de
sublimation de la loyauté dans la mobilisation pour défendre un monde généreux
et juste, dans le « plus jamais ça » au nom même de ceux qui ont subi le pire.

-b) Ethique relationnelle et implications thérapeutiques :

L’attitude et la position du thérapeute sont importantes et nécessitent
l’engagement. Il est nécessaire de reconnaître la souffrance du sujet. La position
habituelle de neutralité, même bienveillante, est insuffisante. Les récits que les
victimes font de leurs traumatismes peuvent alors être reçus comme vrais et
comme un appel à la reconnaissance de la souffrance éprouvée. Celle-ci est située
par le thérapeute dans sa dimension relationnelle, càd dans les conséquences
qu’elle induit chez les partenaires engagés à différents degré dans les suites de la
situation traumatique. L’engagement du thérapeute n’est pas pour autant une
attitude de compassion. Il réside dans une « écoute active » qui le conduit à rendre
explicite ce qui est implicite, non dit, non formulable dans la relation unissant les
membres de la famille. C’est par cette attitude d’écoute active qu’un thérapeute
exprime sa reconnaissance. Un thérapeute se montre soignant en donnant. Il
donne en s’avançant au-devant des autres et en adoptant une attitude
interventionniste qui favorise la relance constante des échanges et du processus
relationnel. L’objectif est pourtant de faire passer en mots le sentiment d’injustice
ressenti par les une et les autres, de verbaliser le besoin de reconnaissance. Ainsi
s’active la mise en jeu de « ressources relationnnelles », chacun prenant soin de
l’autre.
On évoque souvent les ressources, les compétences, la créativité comme des
facteurs aidant à la résilience. Les ressources dont il est question ici concernent
ce qui, dans la relation, permet de préserver ou d’amplifier la confiance entre
partenaires fin que, malgré l’épreuve traversée, les partenaires prennent loin les
uns des autres ou de ceux qui sont le plus en difficulté, qu’ils se valident
mutuellement dans leurs capacités à affronter le malheur. Ces ressources fondées
sur la confiance, le thérapeute doit les mobiliser pas les questions directes qu’il
pose. Lorsque ces entretiens ne sont pas suffisamment actifs, ils se bornent à
recevoir, à accueillir ce que chacun veut bien dire du drame, de son histoire, de sa
souffrance, alors qu’ils devraient viser à susciter l’échange, le dialogue, autour de
ce qui n’est pas formulé, mais pourtant présent dans l’engagement relationnel
entre les membres de la famille.

  C/ Protection ouverte et protection fermée :

Il existe un type de protection qui ne permet pas le changement impliqué dans la résilience. En fait, il existe 2 formes de protections :

-a) L’une bonne qui réalise une ouverture propice à l’évolution et à la créativité à
laquelle on reconnaît la résilience.

-b) L’autre, problématique, qui provoque la fermeture, enclot la souffrance et
empêche tout travail d’élaboration.

La protection n’est pas la résilience et elle n’en favorise la survenue qu’à certaines conditions, suivant les stratégies relationnelles mises en place dans les familles.

-a) Dans la protection ouverte, on peut retenir certains mécanisme de défense
comme l’humour, l’anticipation et la sublimation. Ceux-ci sont corrélés à des
attachements sécures et à de bonnes capacités empathiques.

-b) Dans la protection fermée, en revanche, ce qui est mis en place comme
mécanismes de défense, de par leur nature même, provoquent un blocage des
possibilités d’élaboration de l’expérience traumatique. Il en est ainsi de
l’intellectualisation, de la dissociation, du déni et du clivage qui permettent
d’écarter de soi les émotions négatives.

L’évitement des élaborations psychiques sont corrélées à des attachements
insécures et à des dysfonctionnalités familiales. La fermeture ici peut être celle
de tout un groupe (attachements insécures anxieux dans les familles "on se
serre les coude") ou d’un individu isolé par un environnement peu attentif
(attachements évitants dans les familles « chacun se débrouille »).

La protection, mécanismes de défense, fonctionnalité familiale vont de pair.

  IV/ DES EMOTIONS AU TRAVAIL DE MENTALISATION :

La résilience suppose un travail de mise en pensée des événements subis, des rapports continus et étroits maintenus entre les émotions, les pensées, les actions, et les croyances. On peut désigner ce travail sous le nom de mentalisation. Il s’agit d’approfondir ces possibilités de représentation, d’élaboration, de symbolisation des expériences vécues, de mises en association avec d’autres éléments de la vie psychique, du passé, de sorte qu’au bout du compte puisse s’opérer une liaison entre sensations, émotion et pensées.
La mentalisation doit permettre de créer ou de recréer un espace pour penser, un espace imaginaire qui permet de traduire dans le monde mental, la réalité brute des événements et des éprouvés. Il existe différentes étapes de ce processus qui nous permet de penser les expériences qu nous vivons et de les traduire dans les diverses manifestations du langage, dans les rêves, dans le jeu, dans la production d’oeuvres artistiques.

Le travail de mentalisation est long et difficile. Il nécessite d’être souvent remis sur le chantier à l’occasion des aléas de l’existence, de la survenue possible d’autres épreuves, d’autres traumatismes. Lorsque c’est le cas, de nouveaux aménagements psychiques, de nouvelles élaborations sont rendues nécessaires et doivent pouvoir s’intégrer aux précédentes. Il est possible qu’il faille plusieurs générations pour effectuer un tel travail.

A/ Exprimer ses émotions :

L’approche thérapeutique doit pouvoir fournir un cadre permettant une ouverture émotionnelle, càd une remise en circulation, dans le groupe, des ressentis des uns et des autres. C’est un travail où le thérapeute a pour mission de rendre possible l’entrecroisement des vécus de chacun et de tous dans la famille. Il est d’un maniement délicat car il doit proposer, sans forcer, la mobilisation d’émotions compatibles avec l’évocation de certains souvenirs. Le travail groupal doit alors souvent coexister avec un travail individuel de tel ou tel dans la famille. Il faut, en effet, une grande confiance dans le thérapeute et dans le cadre thérapeutique pour s’autoriser à laisser venir et s’exprimer les émotions. C’est par le développement de cses capacité empathiques et par son engagement personnel que le thérapeute peut contribuer à l’instauration de cette confiance.

L’émotion est au centre de la relation thérapeutique et elle va être comme pivot de cette relation. Avant de prétendre s’occuper des émotions des autres, le thérapeute doit s’occuper de siennes, càd les repérer pour éventuellement les utiliser à des fins thérapeutiques, dans ses échanges avec la famille. Le thérapeute est attentif à ses propres réactions corporelles, en même temps qu’à celles des autres. Certaines attitudes, mimiques et ce qu’il éprouve en résonance doivent l’inciter à poser des questions pour que des mots puissent être mis sur ce que chacun ressent en silence. Des jeux de rôle peuvent être ici d’un grand secours. Les thérapeutes familiaux utilisent souvent divers outils à valeur métaphorique comme médiateurs dans la relation, pour permette une figuration, une mise en image des ressentis. Ainsi peut être rendu lisible de manière immédiate ce qui ni parvient pas à être mis en mots.

B/ Partager ses émotions :

Il n’existe pas de famille invulnérable. Néanmoins, lorsque les attachements étaient antérieurement sécures, les chances sont plus grandes qu’après le passage de l’onde de choc émotionnelle se mettent en place des capacités d’autoréflexion ouvrant vers la résilience.
En revanche, le couplage d’une forte réactivation intersubjective avec des attachements insécurres ne peut pas permettre cette bonne régulation émotionnelle et limite assurément les possibilités de compréhension empathique.
Dans les cas d’attachements insécures évitants, le peu de compréhension empathique confronte les victimes à la solitude ; quant aux attachements insécures anxieux préoccupés, ils conduisent à la confusion, à l’indifférenciation et à l’interdépendance des partenaires concernés.
Au fur et à mesure que le temps passe les émotions négatives liées aux événements sont maintenues à l’écart des échanges par plusieurs mécanismes : d’évitement, de clivage, de déni, ou encore l’exclusion défensive lorsque dominent les attachements évitants. On peut aussi citer des stratégies complexes d’enfouissement, de recouvrement qui font davantage référence à des mécanismes de répression des émotions lorsque dominent les attachements anxieux préoccupés.
De toute façon, dans l’un et l’autre cas, les émotions liées aux traumatismes deviennent inapparentes, mais elles ne son pas traitées.

Sur le plan thérapeutique :

Le travail sur les émotions est au centre des approches thérapeutiques des familles meurtries. Les émotions ressenties dans une famille doivent pouvoir être exprimées et échangées pour que le travail de mentalisation, nécessaire à la résilience, soit envisageable. Toutefois, il ne s’agit pas d’une obligation, juste d’une possibilité. Chacun doit, en effet, se sentir libre de parler, mais aussi de ne pas parler tant qu’il ne le peut pas, que ce n’est pas le moment, qu’il n’est pas prêt. Chacun est également libre d’entendre la parole des autres et cela peut soutenir sa propre expression, ses propres pensées.
Ce point est extrêmement important. On ne doit jamais forcer quelqu’un à dire, on doit créer un climat où il est possible de dire.
Il est possible que, dans une famille, quelqu’un ne veuille pas, ne puisse pas participer aux entretiens familiaux : travailler avec une famille ne signifie pas travailler avec toute la famille. Une proposition est faite, elle n’est quelquefois réalisée qu’avec certaines personnes, ce qui n’exclut pas que le travail effectué avec les personnes présentes ait des conséquences sur les personnes absentes.
Le rôle des soignants est d’abord d’assurer une relation « sécure » avec les familles grâce au développement de leurs capacités empathiques. Cela signifie une certaine implication émotionnelle, ne attitude engagée. C’est en travaillant sur ses propres émotions que le thérapeute peut utiliser ce qui fait résonance en lui et restituer à la famille quelque chose de plus clair, de plus lisible, constituant ainsi une base suppléante et provisoire de sécurité. Le partage est ce qui permet en même temps la contenance.
C’est l’enjeu du temps d’évaluation thérapeutique que de définir les modalité techniques qui doivent être envisagées dans chaque situation particilière.

C/ Penser l’événement :

-a) L’activité narrative :

Il faut pouvoir retrouver du sens. Cela n’est possible que par l’organisation de récits susceptibles d’ancrer ce qui s’est produit dans l’histoire de chacun comme dans celle de la famille. Les récits des uns et des autres permettent une pensée à plusieurs qui donne à l’inhabituel une forme compréhensible, chacun se trouve rassuré et soulagé d’une part, et d’autre part peut disposer d’un matériel narratif susceptible d’alimenter ses propres représentations. En retour, les élaborations individuelles permettent à chacun d’être acteur des élaborations au sein de la famille.

Ce mouvement circulaire entre ce qui relève de chacun et ce qui relève du groupe, entre ce qui relève de l’individuel et ce qui relève de l’interpersonnel, permet la mise en forme d’une expérience vécue de différentes manières par les uns et les autres dans une continuité de sens rétablie. Cet entrecroisement permanent des récits permet le maintien ou le rétablissement d’une contenance psychique nécessaire au soutien de l’identité, aussi bien l’identité personnelle que celle du groupe. On peut comparer cette activité narrative à un travail de raccommodage.

Le danger de tout récit est d’être linéaire, de se clore sur lui-même ou de se structurer de façon rigide autour des événements traumatiques, de se « cristalliser »autour de certains symptômes. Ce risque pour l’individu, il existe aussi pour le groupe. C’est pourquoi il faut concevoir ce temps en y incluant la relation avec le thérapeute. Un thérapeute peut, en effet, grandement aider à la création de nouvelles formulations, de nouveaux récits, de nouvelles lectures des événements, de nouvelles cohérences susceptibles de relancer l’activité de pensée.

La qualité de la narrativité s’enracine profondément dans la qualité des liens d’attachement. Ce sont les attachements sécures qui permettent l’historisation des événements, la liaison des émotions et des effets d’après-coup di traumatisme. Dans une famille éprouvée, on développe plus facilement, plus rapidement des histoires claires et cohérentes des événements lorsque le climat relationnel est sécure. Surtout, ces récits sont toujours ouverts sur des révisions et de nouveaux apports. Une certaine flexibilité les caractérise.
A l’inverse, les attachements insécures vont de pair avec une défaillance narrative : ce qui domine alors, c’est la pauvreté de cette activité et surtout la rigidité, sa fermeture aux variations.

-b) La mythopoïèse :

Dans la famille, on se parle, on se communique ses sentiments, ses pensées, on échange, on se raconte des histoires autour d’événements qu’on a vécus. Ainsi s’organisent peu à peu des représentations qu’on a vécus. Le partage d’expériences cognitives, émotionnelles et affectives permet le développement d’une histoire significative qui est ce que la famille retient de ce qu’elle a vécu. Ce n’est pas la réalité objective, ce qui est retenu est toujours décalé par rapport à cette réalité. Ainsi, l’histoire vécue par une famille, comme par un individu, est toujours une création. Cette création se présente comme la vérité familiale, mais elle correspond à un travail de transformation de la réalité.

Si le mythe est cette réalité familiale partagée à plusieurs, à laquelle chacun adhère plus ou moins à son insu, la mythopoïèse est cette activité de création, de transformation qui permet de produire du sens pour le groupe, de donner un sens à la vie et aux événements qui soit acceptable par la famille compte tenu de ses valeurs, de ses croyance et de ses règles habituelles de fonctionnement. En somme, cette réalité construite affine et conforte l’image que la famille se fait d’elle-même, par exemple : « Dans notre famille, nous ns nous laison pas faire ; nous n’avons pas l’habitude de subir les coups du destin »,...

Dans toutes les familles, chacun est amené à adhérer explicitement ou implicitement à cette vérité familiale construite et alimentée par les différents événements vécus. C’est d’ailleurs parce que nous sommes partie prenante du mythe familial qu nous nous sentons liés les uns aux autres, qu e nous éprouvons un sentiment d’appartenance à l’ensemble groupal. Nous faisons partie de la lignée. Toute famille possède son ou ses propres mythes. Elle maintient de cette manière sa propre cohésion. Il y a des mythes fondés sur la transparence, des mythes orientés par l’idée d’un destin familial à accomplir, d’une idéologie à servir, des mythes édifiés sur la négation des échanges.

Un mythe est toujours maintenu au prix d’une activité implicite de tri. Certains souvenirs sont conservés parce qu’ils vont bien avec le mythe déjà existant ou qu’ils le renforcent. D’autres souvenirs, au contraire, sont écartés, masqués : on évite alors de parler de certaines choses qui ne vont pas bien avec le mythe en vigueur. Si le mythe s’alimente des récits de chacun, il oriente donc aussi la narration de chacun pour qu’elle demeure acceptable.
Ainsi de manière occulte, implicite, il sert de grille de lecture du monde.
Les rituels agissent comme des garants de cette lecture ; ils en sont l’expression comportementale, en même temps qu’ils contribuent à l’alimenter.

Que se passe-t-il lorsqu’un traumatisme survient ? Non seulement il attaque les mythes existants au point de bouleverser l’image que la famille se faisait d’elle-même, ses représentations du monde, ses croyances, ses idéaux, mais il rend de nouvelles constructions particulièrement difficiles. Dans les familles meurtries, on est ainsi obligé de procéder à des révisions déchirantes. Le maintien de la cohésion du groupe impose alors de nouvelles constructions, de nouvelles références, de nouveaux assemblages d’idées, tandis que le besoin de continuité rend nécessaire les connexions avec le passé, l’ancrage dans les racines profondes de la famille. Une adaptation complète à la réalité nouvelle introduite par le trauma entraînerait un renoncement dommageable aux ancrages du passé. A l’inverse, l’impossibilité de travailler et de transformer le mythe du passé aboutirait à une déformation problématique de la réalité, seule manière de permettre aux éléments actuels de demeurer compatibles avec ceux du passé.

Le mythe familial doit pouvoir accepter jusque dans certaines limites les écarts individuels qu mythe, car ce sont précisément ces écarts qui enrichissent par les ouvertures qu’ils proposent, par les innovations qu’ils entraînent : c’est donc eux qui soutiennent le travail groupal de résilience. A l’inverse, l’absence de tolérance aux écarts individuels signifie une possible distorsion des récits individuels en vue de rester conformes au mythe familial impoé. Autrement dit, c’est la flexibilité qui doit caractériser l’activité mythique dans l’optique de la résilience. Cette flexibilité est associée à des rituels ouverts et à des styles relationnels sécures. Le couplage avec les attachements est donc, une nouvelle fois, essentiel.
Lorsque les attachements deviennent insécures sous le poids du trauma, à plus forte raison s’ils l’étaient déjà avant, l’activité mythopoïétique risque d’être en panne, et les familles de rester prisonnières du trauma : on ne parvient pas alors à effectuer le travail de transformation de cette réalité qui écrase les capacité fantasmatiques des uns et des autres ; on reste vide dans les processus de pensée, collé à l’opératoire et figés au temps du trauma. La fonction de mémoire est mise en défaut, sans que l’oubli permette de se reconstruire ; l’activité de ritualisation est également en panne. Confrontées une telle impuissance, certaines familles réussissent à mettre en place un « mythe de survie », càd une histoire rigide qui n’accepte pas les variations et les changements d’éclairages. C’est l’interdit qui règne ici, l’interdit de sentir, comme l’interdit de penser.

Le « mythe de survie » le plus habituel est celui de l’unité familiale à tout prix au détriment d’un véritable travail de représentation et de mentalisation, autant individuel que groupal. Un tel mythe peut se rencontrer dans 2 configurations relationnelles opposées : la proximité excessive et le trop-plein émotionnel quand dominent les attachements anxieux préoccupés, ou bien la distance relationnelle et la froideur quand dominent les attachements évitants. Autrement dit, on est confronté à un défaut de contenance.
C’est dommageable pour les adultes, mais plus encore pour les enfants qui risquent d’éprouver des difficultés de différenciation, soit en raison d’un surcontenance dans laquelle ils subissent une sorte d’étouffement affectif, soir en raison d’uns sous-contenance lorsqu’ils sont livrés à leurs seules ressources et que les apports affectifs sont insuffisants ou superficiels. Ces enfants vont alors avoir du mal à grandir, car ils restent prisonniers du mythe unitaire. Le plus souvent, des rituels « fermés » contraignants renforcent ces configurations et freinent les possibilités d’adaptation et de changement.

Comme d’autres dimensions en jeu dans le travail de résilience, un mythe familial offre le meilleur ou le pire :

- Le meilleur survient quand une famille réussit à construire du sens, à élaborer une histoire dominée par la mise en place de ressources, de compétences, d’innovations chez les uns et les autres. Une telle familles parvient alors à se doter de mythes garants d’un sentiment d’appartenance, mais suffisamment flexibles pour tolérer les changements imposés par les circonstances ou les apports individuels et suffisamment ouverts pour supporter les projections vers l’avenir et les projets.

- Le pire, en revanche, est à craindre quand le mythe n’est qu’une construction au service de la survie du groupe et que sa rigidité ne permet ni changement ni les variations individuelles induites par le cycle de vie. Les aides thérapeutiques sont alors nécessaires.

C’est dans un second temps qu’un travail d’historisation, de mise en sens, de mentalisation peut s’engager. Parfois, en revanche, c’est ’emblée à ce niveau que s’engage le processus thérapeutique, et on travaille sur les contenus et sur l’activité narrative elle-même. On procède alors avec les familles à des déconstructions/reconstructions de récits qui permettent des lectures alternatives de la réalité, l’enrichissement par de nouveaux points de vue et le dégagement d’une histoire cristallisée autour de certaines souffrances ou symptômes.

Les échanges autour de ces questions permettent le lien. Dans un travail impliquant plusieurs personnes, il ne faut jamais perdre de vue que l’essentiel concerne les liens, leur restauration, leur retissage. Dans l’approche « constructiviste », on pourra aussi viser à relancer le travail de mythification en offrant un « recadrement » de la situation, de sorte que la reprise du cycle de vie redevienne possible.

D/ La double transmission :

L’une des fonctions traditionnelles de la famille concerne la transmission à travers les générations. Quand il s’agit d’un trauma, de quoi s’agit-il exactement ? Le traumatisme ou la résilience se transmettraient-ils ? Il n’y a pas de transmission de la résilience, y compris de la résilience familiale, mais la résilience transmet quelque chose, car elle a des effets majeurs sur les relations et sur les récits que se font et font aux autres les personnes blessées. Evoquer une résilience familiale suppose un processus psychique qui n’est pas obligatoirement clos avec les générations contemporaines des événements traumatiques. Ce processus est susceptible de se poursuivre à travers les générations.

Pour comprendre ce qui est en jeu, deux axes principaux sont à considérer : d’une part, l’axe qui concerne les modes de communication, le style d’échanges, la qualité relationnelle, càd la capacité des parents meurtris à transmettre à leurs enfants des attachements suffisamment sécures ; d’autre part, l’axe qui concerne les récits, les histoires qui circulent ou ne circulent pas à travers les générations au sujet d’événements qui se sont produits et de leurs conséquences, les croyances qui les accompagnent, les valeurs qui les orientent : il est alors question des mythes familiaux.

-a) La transmission des attachements et des blessures de l’attachement :

Des parents qui ont établi des styles relationnels sécures peuvent transmettre à leur descendance des attachements insécures et, donc, vulnérabilisants lorsque le traumatisme a bouleversé leurs représentations du monde, la confiance dans les autres et en eux-même. Les blessures d’attachement signifient que le trauma désorganise les stratégies d’attachement entre l’enfant et l’adulte. Les enfants entre 2 et 4 ans sont particulièrement sensibles à cette blessure. Elle peut pex avoir perdu toute confiance dans ses capacités maternelles et elle transmet à l’enfant son insécurité. Confrontés à cette situation, certains enfants vont développer un attachement désorganisé lorsqu’ils sont en relation avec des parents qui leur sont émotionnellement inaccessibles. Ce qui est pourvoyeur de pathologies et de troubles de personnalité.
D’autres enfants développent une aptitude particulière à ressentir ce qu’éprouve leur parent car, de cette manière, ils anticipent l’émergence du souvenir traumatique et cherchent à s’en prémunir. Ce sont des enfants hypervigilants, hypersensibles aux émotions de l’autre. Ils sont hyperempathiques. C’est peut-être ainsi que, très précocement, ils apprennent à se parentifier, en développant très tôt leur aptitude à comprendre le monde psychologique de leur parent. Ces enfants sont anormalement adultisés, ils deviennent en apparence exagérément mûrs, alors qu’ils souffrent de détresse affective et d’un défaut de mentalisation.
D’autres enfants encore, à l’inverse des précédents, s’écartent et se mettent à distance de ce parent qui les effraie. Ils pratiquent l’« exclusion défensive », càd qu’ils écartent de leur représentation ce qui les gêne, les met en difficulté. Ils apprennent à devenir peu sensibles, à se protéger des émotions. Ils utilisent des comportements d’évitement.

Il est important que les parents blessé et assaillis par des émotions et des pensées négatives puissent compter sur un environnement protecteur, un tiers réconfortant, sur un climat général de bientraitance, pour transmettre à leurs enfants un attachement sécure. Les familles qui s’en sortent mal sont bien souvent les familles repliées sur elles-même et qui ne comptent que sur leurs seules ressources. Dans ces conditions, les enfants risquent de souffrir de manque affectif voire de maltraitance.

Des programmes thérapeutiques se sont développés sur le travail des attachements qui sont essentiels. Le travail vise également à développer et à sécuriser suffisamment les interactions précoces et développer les compétences narratives des adultes, car on sait que ces compétences narratives sont liées à la qualité des attachements.

-b) La transmission mythique :

Les mythes familiaux sont importants, tout comme la fonction mythopoïétique développée à partir des récits des événements, grands et petits, qui marquent la famille. Ces mythes ont plusieurs fonctions :
- La transmission
- La cohésion du groupe
- La signification donnée à la réalité
- L’adaptation
-La transformation.
Il est nécessaire d’une contenance assurée par le groupe familial pour permettre à chacun de se reconstruire après le traumatisme et de s’engager dans un travail de résilience. Cette contenance doit se concevoir dans l’ici et maintenant, mais aussi à travers le temps, dans la durée et la transmission.
La contenance généalogique permet à chacun d’être à sa place dans l’histoire familiale et de s’approprier sa propre histoire au sein de l’histoire commune.
Le mythe est toujours intimement lié à la transmission. Il ne part jamais de rien. Ses racines se prolongent toujours dans les héritages du passé et son contenu se déploie vers le futur pour être transmis aux générations d’après, celles qui vont assurer tout à la fois le changement et la permanence de la lignée familiale.

Quand on évoque les phénomènes de transmission, on a tendance à distinguer ce qui relève de l’intergénérationnel et qui concerne les générations en contact, et ce qui relève du transgénérationnel et qui traverse les générations à distance, càd non directement en contact les unes avec les autres.

Considérons la transmission selon qu’elle est inter ou transgénérationnelle :

- La transmission intergénérationnelle : Dans celle-ci, la fonction mythopoïétique parvient à se déployer. Un travail de transformation à partir de l’expérience vécue permet de lier les événements traumatiques et leurs conséquences à l’histoire familiale, tout en organisant les changements qui rendent possibles l’investissement du futur. Un espace d’imaginaire et de représentations permet au groupe de tamponner le poids de la réalité externe adverse. De sorte que, dans un contexte de suffisante sécurité, chacun est à même de puiser dans la matrice intersubjective les matériaux susceptibles d’alimenter son individualité.
Les enfants notamment, vont pouvoir aller puiser dans les récits qu’ils entendent et s’appuyer sur les mythes familiaux garants de leurs appartenances, pour s’autoriser des variations et des constructions personnelles susceptibles d’être positives.

- La transmission transgénérationnelle : En revanche, dans celle-ci, l’activité mythopoïétique est défaillante. La transmission va ainsi concerner une réalité qui ne peut pas faire l’objet d’un travail de transformation suffisant. Ce qui est transmis concerne alors le traumatisme et ses conséquences, à travers plusieurs générations.

# Quand le climat relationnel familial est saturé par le poids de la souffrance, les parents transmettent à leurs enfants le poids d’une réalité dont ils ne parviennent pas à se dégager eux-même. Outre la difficulté de se dégager des "mythes de survie’, il est possible que les enfants reçoivent par délégation la lourde charge de réparer les dommages subis et qu’ils reprennent à leur compte les souffrances de leurs parents.
Héritiers d’un mythe qui les aliène, les enfant risquent de vivre toute tentative de dégagement comme un conflit de loyauté. C’est également dans de telles situations que se développent parfois la parentification destructrice lorsque l’enfant, au nom de la survie familiale, est surchargé de responsabilités, et que ses besoins ne sont pas reconnus par des parents englués dans un deuil qui ne finit pas, ou animé de demandes régressives de consolation et d’amour.

# A l’inverse, il est des familles qui transmettent le malheur en creux, où on s’efforce de ne parler de rien, de masquer la souffrance, de la travestir. Cela correspond à un style relationnel distant développé dans la famille, ou bien apparaît nécessaire à la préservation du mythe familial en vigueur, ou encore concerne des émotions peu avouables comme la honte et l’humiliation. On ne dit pas la honte à l’enfant, mais il en sera du même coup porteur. Ce qu’on veut cacher à l’enfant, on le lui montre d’une autre manière, par certains silences, une discrète allusion, un regard, un ensemble comportemental univoque ou énigmatique. C’est ainsi que les SECRETS s’organisent dans la famille, à partir d’un phénomène d’encryptage. L’imaginaire de l’enfant est sollicité par ces comportements. Parfois, son activité créatrice va faire qu’il va s’inventer une histoire extraordinaire, merveilleuse, héroïque, mais, souvent, l’enfant a tendance à imaginer le pire. Habituellement, les secrets sont« poreux », de sorte que demeure visible d’une certaine manière une zone d’ombre, dont on ne peut pas parler, mais qu’on ne peut pas oublier non plus.
La problématique des SECRETS DE FAMILLE est complexe. Tous les secrets ne sont pas liés à des traumatismes et tous ne sont pas bon à dire. C’est lorsque les secrets traversent les frontières et deviennent proprement transgénérationnels qu’ils sont dommageables. Un secret qui reste parfaitement étanche peut être nécessaire à certaines protections, équilibres. Ce qui constitue un problème, c’est le secret repérable.

Rien n’est déterminé dans les transmissions inter- ou transgénérationnelles, en fonction des styles relationnels présents dans chaque famille. En fait, ce ne sont que des tendances.
Chaque enfant, dans une situation donnée et dans un style relationnel donné, dispose de caractéristiques et d’aptitudes personnelles susceptibles de le conduire préférentiellement vers un type de développement, vers telle ou telle stratégie comportementale. un enfant n’est pas un partenaire passif, il est un acteur.

Cependant, on peut comprendre parfois que la résilience prenne de curieux chemins à travers les générations. Un travail de résilience bloqué dans une génération peut être relancé par la génération suivante, comme si, à distance, et avec ses propres ressources, cette génération était capable d’un travail qui n’avait pas été possible avant.

Le travail thérapeutique autour de la transmission est évidemment de la première importance. Une nouvelle fois, les « objets médiateurs » sont susceptibles d’aider à ce travail. En particulier, l’inscription dans l’ordre des générations à travers le « génogramme » a ici tout sa valeur.
Le travail autour de la transmission n’est pas toujours, ou seulement, l’exploration d’un passé « pesant » dont le présent réaliserait la répétition. Il contient aussi des éléments positifs et permet de découvrir les chemins par lesquels, dans le passé, on s’en est sorti dans la famille, les étapes par lesquelles tel ou tel a pu passer pour surmonter l’épreuve et poursuivre son existence.

-c) La transmission aux enfants :

Ce qui leur est transmis dépend de plusieurs éléments :
- La manière dont la ou les personnes blessées parlent de ce qui est arrivé, font le
récit des événements qui caractérisent la vie de la famille.
- Le mythe organisateur des discours et la manière dont ce mythe familial est lui-
même contextualisé dans la culture ambiante d’une communauté, d’un quartier,
d’un village.
- Ce que fait l’enfant de ce qui lui est transmis.

E/ La créativité familiale :

Il faut que s’ajoute aux élaborations et symbolisations des possibilités créatrices particulières. La résilience tient sans doute non pas simplement à un traitement, à une suture de la déchirure traumatique, mais aussi à la production d’autre chose qui ne serait pas advenu s’il ne s’était pas produit un drame. On perçoit bien de telles possibilités dans la capacité d’anticipation, càd dans une conduite d’appropriation de son existence pour chacun et pour tous. Cette appropriation sait désormais prendre appui sur un passé dont elle se dégage pour s’orienter, se propulser même vers un futur riche de promesses et de nouvelles possibilités d’action

La mentalisation est en somme plus poussée qu’à l’ordinaire, car sans doute a-t-il fallu à la personne résiliente déployer des capacités inhabituelles pour penser la situation traumatique et reprendre le contrôle de sa vie. Il en reste une aptitude, un goût et une nécessité de surinvestir les processus de pensée. Certain évoquent la sublimation pour qualifier des appétences à la théorisation et à l’abstraction. Boris Cyrulnik, lui, évoque une théorie de vie qui permettrait au résilient d’associer le rêve et l’intellectualisation. Il semble que cette disposition psychique est permis par la rencontre avec un environnement tuteur.

Il faut redire l’importance de la créativité dans la famille à travers les capacité narratives des uns et des autres, à travers des possibilités de mise en forme des émotions grâce à l’utilisation d’objets médiateurs, à travers la possibilité à « jouer » dont la famille est susceptible de faire preuve. En fait, toutes ces possibilités témoignent de flexibilité psychiques, cognitives et relationnelles susceptibles d’alimenter un plaisir retrouvé à vivre et à être ensemble. De cette manière, sont constitués des points d’appui permettant à chacun de reprendre le chemin de sa vie, tandis que le trauma devient un événement du passé. De cette manière, est nourrie une activité de mentalisation qui permet à s’engager dans le processus résilient.

Il faut aussi compter sur la force de vie que représentent les enfants, sur l’énergie qu’ils sont susceptibles d’insuffler à la famille. Si les parents ont pu réaliser un travail psychique d’élaboration, s’ils ont pu retrouver un projet de vie après le drame qu’ils on vécu, s’ils ont pu développer des attachements sécures avec leurs enfants, alors il est possible que ces enfants constituent des forces de changement et de créativité supplémentaires qui orientent l’ensemble familial vers la résilience.


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