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De l’enfant Roi à l’enfant Tyran

Didier Pleux, Editions Odile Jacob

mardi 9 juin 2009 par Fabrizio Sylvie

 De l’enfant Roi à l’enfant Tyran

Didier PLEUX,

Editions Odile Jacob

Voyez aussi la conférence suivante sur le même sujet

Les spécialistes de tous bords et les médias s’intéressent de plus en plus à l’omnipotence infantile. L’objectif de ce livre est justement d’aider les parents à renouer avec l’éducation qui ne saurait être ni le laisser-aller ni l’autoritarisme destructeur.

L’enfant roi nous sommes nombreux à en avoir un à la maison, il possède tous les biens matériels possibles et ne souffre d’aucunes carences affectives. L’enfant tyran, lui, manifeste une domination sur les autres et sur ses parents.

Il est à l’origine de dysfonctionnement car il a pris le pouvoir chez l’adulte. Un enfant devient tyran au travers d’attitude que l’adulte banalise. Il ne faut donc pas banaliser des comportements inappropriés car la multitude de ces mini-coup d’états fait de l’enfant un enfant tyran et non la gravité des actes.

Obéir, c’est admettre qu’il existe des interdits, un frein au vœu infantile d’avoir ce qu’il veut. Le refus d’obéir traduit une intolérance aux frustrations. Malgré les bénéfices de son pouvoir, l’enfant tyran n’est pas heureux. Il recherche l’autorité. Il provoque le stress de ses parents. Le chantage affectif est une de ses armes. Il aime culpabiliser ses parents.
Pour l’enfant tyran, l’autre est un objet au service de sa volonté de pouvoir et de plaisir. Et les parents s’enferment dans des attitudes d’évitement, « une fausse paix » par crainte de représailles. La collaboration des parents signe l’impuissance voire la souffrance et là l’enfant tyran est le maître de la famille.

La faute à qui ? Comment en est-on arrivé là ? Diverses pistes sont mises en avant par l’auteur.
L’enfant tyran, victime de la société d’aujourd’hui ? Le contexte sociologique est invoqué dans la genèse de la tyrannie. Les excès de notre société de consommation peuvent expliquer les comportements infantiles. Les injonctions culturelles du « tout pour l’enfant » après « le rien pour l’enfant » des siècles précédents ont participé à l’omnipotence infantile.

La société de consommation, responsable de la tyrannie ? L’enfant tyran consomme. Il veut du plaisir immédiat. Il s’engouffre dans le plaisir de la société de consommation.
La télévision, mère de tous les maux ? La télévision pousse à la consommation, elle a une responsabilité.

L’estime de soi ou délire de soi ? L’estime de soi, fondement de la personnalité cède le pas chez l’enfant tyran à une survalorisation, un délire de soi.
Une société qui place l’enfant au centre de la famille ? L’enfant est un prestataire de gratifications pour ses parents.

 L’enfant n’a-t-il que des droits ?

L’auteur met en avant une influence sociologiques mais il ne faut pas oublier de reprendre les hypothèses plus psychologiques pour comprendre l’impact de l’affectivité sur le parcours de l’enfant tyran. Pour Christiane Olivier (psychanalyste), les enfants d’aujourd’hui ont un Moi faible, faute d’être éduqué, et donc un Ca qui prend le dessus et qu’il faut sans cesse alimenter.
Pour Gisèle Harrus-Révidi (psychanalyste), les parents des enfants tyrans sont immatures et l’enfant doit vite quitter l’enfance pour pallier les carences parentales.

Il peut donc y avoir des causes psychologiques, des carences infantiles refoulées mais pour l’auteur s’attarder sur une hypothèse éducative est une priorité : que s’est-il passé au cours du développement psychoaffectif et social de notre enfant ?

Pour mieux comprendre cela, il propose de reprendre les différents stades de développement de l’enfant pour mieux cerner l’apparition de dysfonctionnement et proposer des réponses éducatives.

Pour lui, « qui aime bien, frustre bien ». Eduquer, c’est frustrer et aimer. L’autorité est là pour construire et l’adulte est un médiateur entre l’enfant et la réalité.
L’enfant devient tyran car il n’a pas intégré les différentes phases du développement du jugement moral.

Ce développement se fait par étape

Premier stade : le tout petit n’est mobilisé que par son moi, l’autre n’existe que pour satisfaire ses besoins. A ce stade, le jugement moral, l’obéissance ne sont liés qu’à la crainte de la sanction.

Deuxième stade : à 2 et 3 ans, il utilise l’autre pour ses besoins et a des stratégies.

Troisième stade : 9-15 ans, l’enfant agit au regard des normes de ses groupes de vie. Sa motivation est d’être accepté par l’autre.

Dernier stade : 15 ans et plus, il vit les lois comme des moyens pour réguler ses aspirations avec l’existence des autres.

L’omnipotence apparaît si le développement du jugement moral ne se construit pas. Pour l’auteur, il faut intégrer la frustration et non la douleur dans le quotidien de l’enfant pour l’habituer peu à peu à accepter le principe de réalité. Il faut réintroduire du déplaisir dans son quotidien pour qu’il accepte autrui.


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