Espace d’échanges du site IDRES sur la systémique

Empathie

dimanche 17 octobre 2010 par Morelli Maria , Maquoi elisabeth

C’est la capacité à entrer dans le monde de l’autre, de comprendre comment il vit les choses. Le courant des thérapies humanistes, Carl Rogers, en particulier, l’a mis au centre de la relation d’aide. L’empathie n’est pas considérée comme thérapeutique en soi mais elle aide à instaurer une considération réciproque.

L’empathie avait déjà été conceptualisée par le courant psychanalytique. Ainsi, pour Freud, c’est une disposition personnelle qui permet de concevoir une subjectivité étrangère à la nôtre. C’est un mouvement perpétuel, une oscillation entre la différence et la similitude. Cette oscillation permet de mesurer ce qui nous fait autre, tout en étant capable de nous identifier à notre interlocuteur.

Cela consiste à percevoir, à saisir, à comprendre le monde de l’autre tel que celui-ci le vit, le ressent, ses souffrances ou ses bonheurs, en se plaçant le plus près possible de son système. L’empathie suppose une mise entre parenthèses de notre propre cadre de référence sans porter de jugement sur la vision de l’autre, sans fusionner avec lui.

L’empathie n’est pas de la sympathie où l’on participe au vécu de l’autre, où il y a un engagement affectif (souffrir ou se réjouir avec lui). Le thérapeute devra parfois réfréner ses sentiments spontanés à l’égard d’un membre déterminé, qu’ils s’agisse de sentiments trop positifs (compassion à l’égard d’une victime, par exemple) ou de sentiments trop négatifs (dégoût à l’égard d’un agresseur, par exemple). Sans cette réserve, le thérapeute risque de ne pas pouvoir garder sa position de neutralité, c’est-à-dire d’égale curiosité à propos de tous les points de vue. Le sens des comportements par rapport aux finalités du système risque également de lui échapper.
La relation d’aide implique à la fois proximité et distance, ouverture à l’autre et capacité de confrontation : d’une part, être proche et chaleureux, mettre l’autre en confiance, l’aider à se dire ; et d’autre part, savoir prendre du recul, ne pas se confondre avec la personne et ne pas se laisser envahir par ses sentiments. Le thérapeute n’est donc pas tenu à « un regard positif inconditionnel » (Rogers).

Du point de vue des approches systémiques, il faut être empathique avec chacun des membres du système et avec le système en tant que tel. C’est un élément de l’alliance thérapeutique. Il est important de faire circuler l’empathie afin que chaque membre de la famille puisse se comprendre. L’empathie renvoie ainsi à la capacité de sentir l’ambiance, c’est-à-dire l’atmosphère qui imprègne le système (culpabilité, stress…).

On peut aussi faire un lien avec le concept de multipartialité d’ Ivan Boszormenyi-Nagy, qui est la position que prend le thérapeute d’ouvrir un espace de parole dans la famille. Le thérapeute est en relation avec l’un. Il essaie de voir le monde à travers ses lunettes et faire que les autres puissent aussi se décentrer et être empathique avec lui. On amplifie son point de vue pour que les autres puissent l’entendre.

Elsa Godart « L’empathie, un juste milieu entre la clinique et l’éthique du quotidien »,Dossier Soins Psychiatrie n°264-sept/oct 2009.


enregistrer pdf
Accueil | Contact | Plan du site | | Statistiques du site | Visiteurs : 1213 / 897937

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site SAVOIR THÉORIQUE  Suivre la vie du site Échanges à partir d’articles , bibliothèque, dictionnaire (...)  Suivre la vie du site Bibliothèque, Dictionnaire interactif et concepts (...)  Suivre la vie du site Dictionnaire interactif de quelques termes de la (...)  Suivre la vie du site E   ?

Site réalisé avec SPIP 3.1.1 + AHUNTSIC

Creative Commons License